Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a fait le bilan de sa politique pendant cent jours, au cours d’une conférence de presse, tenue le dimanche 3 avril 2016 à Bobo-Dioulasso. Le président compte travailler à respecter ses engagements et mériter la confiance des populations.
Le mercredi 6 avril 2016. Cela va faire cent jours que Roch Marc Christian Kaboré est président du Burkina Faso, à l’issue d’une élection présidentielle organisée le 29 novembre 2015. Avant de s’envoler pour la  France du 5 au 7 avril, le président a donc  fait  le bilan  de ses cent jours de gouvernance dimanche 3 avril 2016, devant un parterre de journalistes à Bobo-Dioulasso. Actualité nationale, sous-régionale et internationale sont les axes autour desquels les journalistes ont posé des questions. Sur le plan national, les hommes de médias sont revenus sur la sécurité, surtout après une attaque terroriste et dans un contexte où les populations veulent se protéger elles-mêmes à travers les structures d’autodéfense « Kolgwéogo ».
Le président Kaboré a, ce faisant, indiqué qu’un dispositif sécuritaire est mis en place depuis l’attaque terroriste. Parmi ce dispositif, il y a la création de l’Agence nationale de renseignement et le déploiement des forces de défense et de sécurité sur le terrain. Roch Marc Christian Kaboré a saisi cette occasion pour appeler les citoyens à un changement de comportement et à travailler de concert avec les forces de défense et de sécurité. Dans la même veine, le président a fait comprendre que les structures d’autodéfense peuvent y contribuer. Cependant, elles ne peuvent ni juger, ni prélever des taxes. « Nous sommes dans une république. Nous n’allons pas laisser ces dérives qui vont à l’encontre des droits de l’homme », a insisté le président Roch Marc Christian Kaboré.
 Les journalistes, toujours pour les questions nationales, se sont intéressés à la gestion de la Transition, notamment l’audit, l’état du trésor public,  le cas du général de division Yacouba Isaac Zida, l’authentification des écoutes téléphoniques entre le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro et le général Djibrill Bassolé, et le mandat d’arrêt contre M. Soro, lancé par la justice militaire. Pour les questions relevant de la justice, le président a précisé qu’il y a séparation de pouvoir. Par conséquent, il revient à la justice militaire de travailler sur cette question. Néanmoins, il a rappelé la volonté de passer par voie diplomatique pour lever les brouilles entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Le président Kaboré a même confié aux journalistes, qu’il n’a pas été consulté par la justice militaire dans le cadre du mandat d’arrêt contre M. Soro.
Sur l’affaire Zida, le président Kaboré a indiqué qu’il n’appartient pas à son gouvernement de remettre en cause son grade de général de division. Cependant, c’est avec surprise qu’il a vu la nomination de Zida comme ambassadeur  aux Etats-Unis d’Amérique dans le journal officiel. Chose qui n’a pas été faite ni pendant la Transition, ni par lui non plus. « Un ambassadeur se nomme en Conseil de ministre », a déclaré le président Kaboré, qui a par ailleurs fait savoir que le général Zida, actuellement hors du Burkina Faso, n’a d’autre choix que de rentrer au pays.  « Le général Zida a demandé une permission qui a expiré le 19 mars dernier. Il n’a pas de choix que de rentrer. Nous n’avons pas besoin de lui faire une injonction », a-t-il clarifié.
Les surprises, il y en a eu un peu beaucoup pendant ces cent jours. Parce qu’après la nomination de Zida au poste d’ambassadeur, le lancement du mandat d’arrêt contre M. Soro, le président dit avoir été surpris d’apprendre l’arrivée du groupement d’intervention de la gendarmerie nationale de France (GIGN) au Burkina Faso. « Nous avons appris l’information sur France inter. Nous ne sommes pas concernés. Nous n’avons pas été saisi et nous avons dit notre mécontentement à l’ambassadeur de France », a déclaré Roch Marc Christian Kaboré, qui somme toute, a promis de respecter ses engagements s’il veut un second mandat.
Rabalyan Paul OUEDRAOGO

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