L’association pour la promotion du patriotisme et le civisme par le sport a formé, du 3 au 6 août 2017, à Goupana, village situé à près de 25 km au nord de Ouagadougou dans la commune rurale de Pabré, 44 animateurs de football venus de 22 villages. L’objectif étant de préparer le bon joueur et le bon citoyen.
C’est dans le souci de soutenir et d’accompagner certains entraîneurs en herbe (sans diplôme) qui regroupent des enfants pour des séances d’animation, que l’APPCS a organisé pendant quatre jours à Goupana, un atelier de formation en langue nationale mooré. Ce séminaire, qui a porté sur la méthode d’entraînement, a consisté en la prise en main d’une équipe, sa préparation, le remplissage du calendrier des séances d’entraînements, la gestion de l’équipe, la technique offensive à travers des codes développés pour permettre à ces derniers de faire leur programmation bien que ne sachant pas lire et écrire en français, selon le coordonnateur de l’association Idrissa Congo, entraîneur de l’AS Police. L’APPCS a traduit des codes en mooré pour expliquer certaines expressions non codifiés comme l’amorti de la poitrine. Cet atelier a lié football et patriotisme. Pour Rasmané Congo, prenant l’exemple de la « passe » qui veut dire donner, aider, car « sans aide, il n’y a pas de football ». Le ballon symbolise le bien public et celui qui le reçoit suite à une « passe » est responsabilisé. Il est attendu par le public comme le peuple à l’égard des dirigeants du pays, selon Idrissa Congo. « Quand tu es député, ministre, c’est une responsabilité que tu portes, car tout le monde te regarde. Quand tu as le ballon sur le terrain, tu as une responsabilité », ajoute coach Congo.
En cela, l’arbitre devient le juge à qui l’on doit respect et qui doit à son tour trancher en suivant les règles. Un match de football entre les stagiaires et les conseillers de la ville de Ouagadougou, en guise d’exercice d’application, a permis de revisiter les connaissances apprises. Laurence Ilboudo/Marshall, la marraine, pense que « le football est un vecteur de cohésion sociale » et pourrait permettre d’enseigner aux enfants ce qu’est le civisme et le vivre-ensemble. « Ils prennent conscience de leur rôle et de leur place dans la société. Cela montre que nous avons fait un travail formidable : la prise de conscience des citoyens », poursuit-elle. Elle a souhaité que pareille initiative soit étendue à d’autres localités et que les enseignements puissent se faire en d’autres langues que le mooré. Le doyen des stagiaires, Halidou Sawadogo, relève que cette formation leur permet d’avoir désormais une méthode de travail. Il a appelé les autorités et les parrains à leur donner un cadre d’expression afin de pouvoir mettre en œuvre les acquis et créer une équipe communale à Pabré. Chaque encadreur a eu deux ballons pour débuter le travail et le premier à mettre une équipe en place bénéficiera d’un accompagnement. C’est le ministre de la Fonction publique, Clément Pengdwendé Sawadogo, qui a coparrainé l’activité.
Adama SALAMBERE

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