La FIMO se veut un cadre d’expression et de rencontre multisectorielle

Du 27 octobre au 5 novembre 2017, se tiendra, sur le site du SIAO, la 4e édition de la Foire internationale multisectorielle de Ouagadougou (FIMO), qui se veut un  tremplin pour promouvoir le commerce extérieur burkinabè. En prélude à l’évènement, le directeur général de l’Agence pour la promotion des exportations du Burkina, Issa Benjamin Baguian, a déballé le programme et les attentes de cette foire.
Sidwaya (S.) : En organisant la FIMO à travers l’APEX, quels sont les objectifs que poursuit le Burkina Faso?
Issa Benjamin Baguian (I.B.B.) : Le Burkina Faso s’est assigné plusieurs objectifs en créant la FIMO. Dans un premier temps, il veut offrir aux exportateurs une tribune qui puisse leur permettre de nouer des partenariats et de faire connaître le potentiel exportable du pays. Dans un second temps, à l’image du SIAO qui est exclusivement orienté vers le secteur de l’artisanat, le pays entend faire de la FIMO une manifestation d’envergure de promotion de l’ensemble des produits locaux en vue de conquérir le marché international. Pour la quatrième édition, l’objectif majeur est de promouvoir et de développer les échanges commerciaux entre les pays participants en leur offrant un cadre d’expression et de rencontres multisectorielles.
S. : Quelles sont les activités au programme de cette 4e édition qui débute aujourd’hui?
I.B.B. : Nous aurons au programme, un panel sur le développement du commerce Sud-Sud pour planter le décor, des animations culturelles et des rencontres B to B. La manifestation va aussi se dérouler sous forme d’exposition/vente de produits agricoles et agro-industriels, d’équipements industriels pour la transformation de produits de la pêche, de l’élevage et de l’artisanat. En marge de l’évènement, se tiendra un salon de l’emballage pour permettre aux acteurs de s’approprier les techniques d’une bonne conservation des produits. Pour ce faire, nous avons invité une quarantaine d’entreprises productrices d’emballages en provenance de l’Europe, de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique, pour permettre à nos exportateurs d’avoir la possibilité de s’approvisionner en emballages de qualité auprès d’elles. Le Burkina Faso a pris la décision d’interdire les sachets plastiques, ce qui est une bonne chose. Je suis convaincu que cette 4e FIMO permettra de trouver une alternative plus sûre pour permettre à nos entreprises d’avoir des emballages adéquats.
S. : Le manque d’emballages adéquats justement joue sur la qualité des produits d’exportation. Que propose l’APEX pour résoudre cette équation et permettre aux produits nationaux d’être compétitifs sur le marché international ?
I.B.B. : Au-delà de son objectif d’instrument protecteur, l’emballage peut être aussi un élément attractif pour le consommateur. La stratégie de l’APEX consiste à identifier les besoins par secteur et à trouver des acteurs capables de fournir des solutions idoines. Nous envisageons étudier les possibilités, soit d’attirer des investisseurs qui viendront produire des emballages au Burkina, soit de trouver des moyens de nous approvisionner en emballages de qualité et à moindre coût. Je suis convaincu que les conclusions des différents ateliers et panels au cours de la FIMO permettront d’avoir une orientation précise et fructueuse sur cette question.
S. : Vous ambitionnez de faire de la FIMO un rendez-vous d’envergure. Combien de pays sont attendus à la 4e édition?
I.B.B : Nous aurons environ 16 pays participants à cette édition avec le Togo comme pays invité d’honneur. Nous constatons que d’une édition à l’autre, le nombre de pays participants va crescendo. Cela va de l’intérêt que l’on accorde aujourd’hui à cette manifestation économique.
S. : Pourquoi avez-vous choisi le Togo comme pays invité d’honneur ?
I.B.B. : Le Togo est l’un des pays avec lesquels le Burkina entretient des relations portuaires. A chaque fois que nous organisons la manifestation, nous choisissons le pays invité d’honneur sur la base des opportunités éventuelles qu’il peut offrir à nos opérateurs économiques. Par exemple, nous avons constaté qu’il y a un certain nombre de produits burkinabè très prisés au Togo. C’est l’exemple du beurre de karité. En plus, il y a une forte communauté burkinabè au Togo, et aussi des facilités offertes par le port de Lomé. Enfin, nous avons beaucoup de structures économiques représentées au Togo, en l’occurrence la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina, le Conseil burkinabè des chargeurs…
S. : Quelle sera la particularité de cette 4e édition de la FIMO?
Pour moi cette édition sera spéciale. D’abord, elle sera le point de convergence de nombreuses entreprises venues d’ici et d’ailleurs. Ensuite, à la faveur de l’évènement, nous aurons le salon de l’emballage dont l’objectif est de mettre en contact les exportateurs et les professionnels de l’emballage. Pour une première fois, l’APEX a anticipé sur les problèmes liés à l’accès aux stands de telle sorte que chaque entreprise participante soit satisfaite.
S. : Qu’est-ce qui a prévalu au choix du thème : «Développement du commerce Sud-Sud, facteur d’intégration économique et source d’emploi pour la jeunesse » ?
I.B.B. : Aujourd’hui, en matière de commerce, la collaboration entre les pays de la sous-région est devenue une nécessité. De ce fait, chaque pays perçoit clairement l’intérêt à partager ses expériences avec les autres, à intensifier les échanges commerciaux et à réfléchir ensemble à des stratégies plus efficaces pouvant accélérer l’intégration économique dans la sous-région. C’est toute la motivation du choix de la thématique du développement du commerce Sud-Sud.
S. : Selon les acteurs du commerce, les tracasseries routières demeurent le véritable problème à l’intégration économique dans la sous-région. Cette problématique sera-t-elle abordée à l’occasion de la FIMO 2017?
I.B.B : C’est une préoccupation essentielle qui sera, évidemment, au centre des débats. Mais il faut que les décideurs politiques prennent la question à bras-le-corps. Car, il est illusoire de parler de la libre circulation des personnes et des biens alors que sur le terrain, on constate qu’il y a obstruction à cette politique.
S. : Le Burkina Faso exporte, en grande partie, ses produits à l’état brut, donc sans aucune valeur ajoutée. Quelle est sa part dans le commerce mondial?
I.B.B : La part de l’Afrique dans le commerce international est estimée à moins de 2%. Celle du Burkina Faso est encore plus infime, surtout que notre balance commerciale est déficitaire.
S. : La faible compétitivité des produits burkinabè explique, en partie, cette part infime dans le commerce international. Quelles en sont les raisons ?
I.B.B : La compétitivité de nos produits relève de plusieurs facteurs. Depuis la production jusqu’à la commercialisation, il y a encore du chemin. D’abord, la recherche scientifique doit, au préalable, mettre au point des semences certifiées. Ensuite, il faut trouver des producteurs semenciers qui vont les pérenniser. Après cela, il appartient au ministère en charge de l’agriculture, de vulgariser ces semences tout en s’assurant du respect des itinéraires techniques par les producteurs. Enfin, à l’issue des récoltes, il faut procéder à un entreposage adéquat. En conclusion, la recherche de la compétitivité passe par un engagement collectif des acteurs, depuis la base jusqu’au sommet.
S : Que fait l’APEX pour promouvoir la compétitivité des produits locaux dans un contexte marqué par une concurrence de plus en plus rude sur le marché international?
I.B.B : La conquête du marché international est une priorité pour l’APEX. Mais il y a des préalables pour espérer atteindre cet objectif. D’abord, nous devons identifier notre potentiel exportable. Après cette étape, nous devons également identifier les acteurs capables de représenter le Burkina Faso sur le marché international que nous devons accompagner à travers la formation à la gestion de l’entreprise, à l’adaptation du produit, à l’obtention de la qualité, aux pratiques et techniques de ce commerce international. Une fois qu’ils se sont approprié ces outils, nous devons enfin travailler à identifier nos concurrents. C’est en réponse à toutes ces problématiques que l’APEX a entrepris en 2011 d’élaborer une stratégie nationale des exportations. Ce document a d’ailleurs été relu et sera soumis à l’appréciation du gouvernement pour validation. Par ailleurs, l’APEX ambitionne de mettre en place, des vitrines d’exportation dans les pays où nous avons des avantages comparatifs. La première vitrine sera ouverte en Chine-Taïwan en 2018. L’APEX-Burkina fait également des études de prospection pour identifier les besoins du marché extérieur. En résumé, la promotion de nos produits requiert beaucoup d’efforts de collaboration et de compétences. Et c’est aussi une question de volonté politique et je pense que nos autorités en sont conscientes et s’y sont engagées.
S. : Avez-vous un message à adresser aux populations ?
Nous souhaitons que la population de Ouagadougou ne se fasse pas conter l’évènement. Nous l’invitons donc à effectuer massivement le déplacement du SIAO pour, d’une part, accueillir chaleureusement nos amis venus de l’extérieur et, d’autre part, toucher du doigt le potentiel exportable des différents pays attendus.
Entretien réalisé par Joanny SOW

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