Procès du putsch : rendez-vous le 29 juin prochain

Le tribunal a rejeté, ce jeudi 14 juin 2018, la requête de récusation de certains magistrats, et a reporté, à nouveau, le début de l’interrogatoire des accusés au 29 juin prochain.  
L’audience de ce jeudi 14 juin a connu un grand retard, de près d’une heure, mais elle a aussi été des plus brèves. Dès l’entame le président Seydou Ouédraogo a livré le verdict du tribunal sur les différentes demandes de renvoi de la défense. Toutes ont été rejetées. En effet, les avocats de la défense avaient plaidé pour un report de plusieurs semaines pour permettre aux nouveaux avocats de prendre connaissance du dossier et favoriser la commission d’office de nouveaux conseils pour la défense des accusés (Me Mamadou Traoré et Relwendé Compaoré) sans avocats.  Alors « l’interrogatoire des accusés doit se poursuivre », a estimé le tribunal.
Me Solange Zeba, avocat de Moussa Nébié alias Rambo a informé le tribunal qu’elle a introduit une requête aux fins de récusation du président de la chambre de 1re instance,  Seydou Ouédraogo et le juge conseiller Emmanuel Konéné auprès de la Chambre criminelle de la Cour de cassation, le 11 juin dernier. A cause de « l’inertie » du Secrétariat général de cette haute instance, elle l’a notifiée par voix d’huissier au président Ouédraogo. Me Zeba a exigé du tribunal qu’il sursoie et tire toutes les conséquences de droit de cette requête.
Pour le parquet militaire, l’avocate n’a pas respecté la procédure en la matière. « C’est le secrétariat général de la chambre criminelle qui devait notifier la requête. Pour nous, c’est juste une information. La conséquence juridique est de continuer cette audience », a indiqué le procureur militaire.
La partie civile a dit également constater la volonté de la défense de « tout faire pour perturber » le cours du procès. « Ça devient déprimant (…) C’est une question sans intérêt qui frise la provocation, un non-sens juridique », a lâché Me Farama.
Pour la défense, la prudence exige que le tribunal attende la décision de la Chambre criminelle, parce que c’est sa « légitimité, régularité et compétence » qui sont remises en cause. « Vous ne pouvez pas nous juger, étant donné que nous ne vous reconnaissons pas », a argué Me Solange Zéba.
Apres une suspension de près d’une heure, le tribunal a rejeté la demande à sursis de Me Zéba, en attendant la notification du secrétariat général  de la Cour de Cassation. Il a aussi renvoyé l’audience au vendredi 29 juin prochain pour, a-t-il dit, « une bonne administration du procès ».
A.K. et D. S.

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