Le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat est en pleine préparation du 1er Salon international du coton et du textile (SICOT) qui se tiendra du 27 au 29 septembre 2018, à Koudougou. A quelques jours de la tenue de cet évènement, nous avons rencontré le Secrétaire général dudit département, Boubacar Traoré, pour nous situer sur le point des préparatifs et les objectifs de ce salon. 
Sidwaya (S.) : Le Salon international du coton et du textile se tiendra du 27 au 29 septembre 2018. A quelques jours de ce grand rendez-vous, pouvez-vous nous faire le point de l’organisation ?
Boubacar Traoré (B.T.) : Le SICOT est une initiative portée par le gouvernement burkinabè avec des partenaires comme le Catholic Relief Service (CRS). C’est le premier salon international dédié à la transformation intégrée du coton africain. Il réunira environ 1000 participants venant de 25 pays d’Afrique et du reste du monde, dont des producteurs, des chercheurs, des transformateurs et des équipementiers. En termes d’organisation, il faut dire que depuis plus d’un an, une équipe technique travaille à la tenue de cet événement. Les sites devant abriter les différentes manifestations ont été identifiés. Une importante campagne de communication a été menée aussi bien en Afrique que hors du continent. Nos partenaires intervenant dans la filière coton ont été mobilisés. Les dispositions pratiques sont prises pour l’accueil des participants et la tenue de l’événement comme il se doit. Actuellement, nous sommes en train d’enregistrer les dernières inscriptions ainsi que les dernières confirmations des panélistes. Les différentes commissions sont à pied d’œuvre pour finaliser les dernières activités afin de faire de cet événement une réussite.
S. : La thématique de cette première édition portera sur la transformation intégrée du coton. Quels sont les objectifs poursuivis à travers un tel thème ?
B.T. : Il faut rappeler que le Burkina Faso produit en moyenne 600 000 tonnes de coton graine par an, soit 250 000 tonnes de cotons fibres, et moins de 2% de cette production est transformé localement. C’est pourquoi le gouvernement fait de la transformation du coton une priorité. Ce n’est que par la transformation que nous pourrons mieux valoriser notre coton et donner plus de revenus et d’emplois à nos populations. Le choix du thème de cette première édition du SICOT n’est donc pas fortuit. Je rappelle que pour accompagner cette dynamique de transformation, le gouvernement a adopté en juillet dernier, le Plan d’industrialisation accéléré (PIA). Il a pour objectif de créer des PME/PMI de transformation de nos matières premières agricoles, dont le coton. A travers le thème du SICOT, il s’agira pour les spécialistes et les acteurs des différents maillons de la chaîne de valeur du coton que nous allons réunir, de réfléchir aux préoccupations liées à la transformation, échanger sur les expériences des pays qui ont acquis une certaine longueur d’avance et de susciter des projets de transformation dans notre pays.
S. : Qu’est-ce qui justifie le choix de l’Allemagne comme pays invité d’honneur ?
B.T. : Comme tout événement du genre, il faut toujours commencer avec un partenaire. Et l’Allemagne en est un. Elle accompagne le Burkina Faso dans sa politique de valorisation du coton. En outre, on trouve dans ce pays, de grands équipementiers dans le domaine de la transformation du coton. Pour une première édition, c’est un choix raisonné.
S. : Quelles sont les différentes activités prévues au cours de ces 72h du coton ?
B.T. : Le Salon va se dérouler autour d’une série d’activités dont les plus emblématiques seront des rencontres professionnelles et des expositions. Pour les rencontres professionnelles, nous avons prévu une conférence plénière sur le thème central, une dizaine de tables rondes ou panels pour aborder les grandes préoccupations autour de la transformation du coton, des séances de « B2B » et « B2G ». Outre ces rencontres, nous avons prévu des expositions sur deux sites. Le premier site d’exposition concernera entre autres les professionnels de la filière, les équipementiers et les structures de financement. Le deuxième site est dédié aux accessoires et autres produits dérivés de la transformation du coton. Avant le Salon, la ville de Koudougou abritera les travaux de la première assemblée générale de la coalition coton bio équitable, organisée par Ecos Fibl. Et en marge des activités professionnelles, il est prévu des animations culturelles pendant ces 72 heures.
S. : Ce genre de cadre offre des opportunités certaines aux investisseurs et acteurs du secteur. Pour le SICOT, quelles sont les opportunités pour nos producteurs ou industriels ?
B.T. : On peut s’attendre, avec les conclusions des panels qui vont réunir les spécialistes du coton, à des réponses à certaines préoccupations se rapportant à la transformation du coton. Ce sera aussi l’occasion de rencontrer de nouveaux partenaires, de développer des affaires. Notre objectif dans ce salon, c’est d’arriver à susciter l’engouement pour la transformation, à aller vers des projets et à ouvrir des débouchés à nos transformateurs.
S. : Est-ce que toutes les dispositions sécuritaires sont prises pour assurer le bon déroulement du Salon ?
B.T. : Vous pouvez être rassuré que toutes les dispositions sont prises dans ce sens. Nous avons une commission spécialement dédiée aux questions de sécurité. Elle est a pied d’œuvre et tout est mis en œuvre pour que les participants passent d’agréables moments pendant le Salon.
S. : Qu’en est-il de l’hébergement et la restauration de tous les festivaliers ?
B.T . : Koudougou est une ville qui a un parc hôtelier assez étoffé. Nous avons travaillé à mobiliser tout ce qu’il y a comme possibilité et je puis rassurer les participants que les conditions sont réunies pour qu’ils se sentent à l’aise du point de vue de l’hébergement et de la restauration. La mobilisation des acteurs économiques et culturels de la ville est telle que les participants ne s’ennuieront pas. Je pense que c’est l’occasion de faire le déplacement à ce Salon qui est une première dédiée à la transformation d’un des produits- phares de notre économie.
S. : Certains producteurs crient à la mévente, d’autres critiquent ou boudent l’option du Burkina Faso de revenir au coton conventionnel. Peut-on s’attendre à ce que le SICOT soit une tribune pour apporter des précisions ou des suggestions sur ce sujet ?
B.T. : Nous avons une dizaine de panels au cours desquels des spécialistes du coton interviendront et partageront leurs connaissances et expériences avec les acteurs. Toutes les questions seront abordées sans tabou. Ce sera l’occasion de s’interroger sur les préoccupations que vous évoquez et qui trouveront des solutions à l’issue du Salon.
Interview réalisée 
par Gaspard BAYALA
gaspardbayala87@gmail.com

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