Crises des systèmes éducatifs dans l’UEMOA

La clôture des travaux de la Ve assemblée générale de l’Association des Médiateurs des pays membres de l’espace UEMOA (AMP-UEMOA) est intervenue, le mercredi 3 octobre 2018, à Ouagadougou. Des recommandations ont été formulées en vue de mettre fin aux crises des systèmes éducatifs.
Après trois jours de réflexion sur le thème «Crises et dysfonctionnements des systèmes éducatifs dans l’espace UEMOA : quel rôle des Médiateurs institutionnels pour une solution durable ?», les rideaux sont tombés sur la Ve assemblée générale de l’association des Médiateurs des pays membres de l’espace UEMOA. Les travaux des experts ont permis aux Médiateurs de déterminer une quarantaine de causes des crises dans les systèmes éducatifs et de proposer des solutions. Ils ont préconisé de veiller à une meilleure planification et anticipation dans le management des systèmes éducatifs et de mettre en place, un organe de veille et de réflexion sur les problèmes de suivi des politiques éducatives.
Les Médiateurs ont suggéré également une adaptation des  enseignements et formations par rapport aux besoins réels et l’instauration de la concertation et du dialogue à travers la mise en place d’une structure dédiée à la médiation. L’assainissement des campus par le respect du caractère laïc des universités publiques, la conformité aux règles de la morale et du civisme et  le renforcement des appuis aux systèmes scolaires  comme les cantines, les bourses et transports sont autant de solutions formulées par les Médiateurs. Ils ont aussi émis le vœu pour le renforcement du mécanisme de financement et d’autonomie de gestion des structures en les dotant de ressources conséquentes et la décongestion des infrastructures par la création de pôles d’enseignement dans les régions des pays.
 Les conclusions de l’AG  ont préconisé d’allier sur le plan juridique et pratique le droit de grève et la nécessité de continuité du service public. En plus, les Médiateurs ont recommandé la mise en place d’un mécanisme national dans chaque pays membre de l’UEMOA dédié à recueillir des données sur la violence en milieu scolaire et universitaire, analyser et proposer des stratégies et actions susceptibles de prévenir et de juguler les crises. Ils ont plaidé pour  l’application  de la directive de l’UEMOA relative à l’harmonisation des frais d’inscription dans les universités publiques de l’espace.

Me Ali Sirfi Maïga à la tête de l’AMP-UEMOA

La Ve AG de l’AMP-UEMOA a été également  l’occasion de renouvellement des instances de l’organisation. Ainsi, le Médiateur du Sénégal, Me Alioune Badara Cissé, a passé la main à son homologue nigérien, Me Ali Sirfi Maiga, à la tête de l’AMP-UEMOA pour un mandat de deux ans. La vice-présidence est revenue au Médiateur du Bénin, Joseph Gnonlonfoun.  Le médiateur du Faso, Saran Séré Sérémé, a été élu secrétaire générale de l’AMP-UEMOA. Le tout- nouveau président de l’AMP-UEMOA a indiqué que la rencontre de Ouagadougou a eu le mérite de relever une communauté de causes des crises dans les systèmes éducatifs des  pays membres.
« Nous avons eu l’opportunité de nous interroger sur comment ramener la confiance dans nos systèmes éducatifs qui sont en train d’aller en perdition », a-t-il souligné. L’autre défi que Me Maiga entend prendre en compte dans son mandat est celui de la crise migratoire qui, a-t-il dit, est en train de faire «perdre son âme à l’Afrique». «L’Europe est en train de s’abriter derrière des murs et des barbelés. Nous, Médiateurs, avons le devoir d’exercer une pression pour que les gouvernements respectifs prennent leurs responsabilités face à cette crise migratoire  et les conventions internationales qu’ils ont ratifiées», a martelé le Médiateur du Niger.
En dehors de la question migratoire, il a laissé entendre que les préoccupations environnementales et la violation des droits des enfants figureront dans l’agenda de l’AMP-UEMOA. Le Médiateur du Burkina Faso, Saran Séré Sérémé, a soutenu que le thème de leur Ve AG a suscité un intérêt manifeste chez tous les participants. Pour elle, les Médiateurs ont promis peser de leur poids pour que les recommandations soient appliquées dans de meilleurs délais. Une motion de soutien au gouvernement et au peuple burkinabè  dans la lutte contre le terrorisme a été prise par l’AMP-UEMOA.
Karim BADOLO
Delphine SIDBEGA (Stagiaire)

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