Mutilations génitales féminines

Le bureau exécutif du comité interafricain sur les pratiques traditionnelles ayant effet sur la santé des femmes et des enfants, se réunit en séance de travail, les 24 et 25 octobre 2018 à Ouagadougou, afin de faire le diagnostic des acquis depuis 2016 et envisager les perspectives pour une meilleure protection du genre.

Les Mutilations génitales féminines (MGF) ont la peau très dure, mais les actrices de la lutte anti MGF ne démordent pas. Le mercredi 24 octobre 2018, les membres du bureau exécutif du Comité interafricain (CI-AF) sur les MGF ont ouvert à Ouagadougou, une session de capitalisation des acquis engrangés depuis 2016. Une rencontre qui devrait permettre de déceler des imperfections, faire le point des activités et proposer des recommandations pour ratisser large. En termes de bilan, l’épouse du chef de l’Etat, Sika Kaboré, ambassadrice de bonne volonté, a indiqué que des efforts sont faits certes, mais le bout du tunnel est encore loin. «Notre rencontre se tient dans un contexte marqué par une persistance de la pratique des MGF dans plusieurs pays-membres de l’organisation», a fait savoir Mme Kaboré.

Elle a expliqué en outre, que selon des enquêtes multisectorielles, les prévalences en matière des MGF sont encore élevées chez les femmes de 15 à 49 ans. Ainsi, dans les pays comme la Guinée, le taux de prévalence est estimé à 95,6%, contre 89% au Mali, 88,3% en Sierra Léone et 67,3% au Burkina Faso. Des chiffres, qui font dire aux «combattantes» que l’objectif poursuivi qui est «la tolérance zéro» est encore loin d’être atteint. Cependant, les actrices se réjouissent tout de même de la baisse sensible du taux de prévalence chez les plus jeunes, à savoir, les enfants de 0 à 14 ans dans bien de pays. A ce niveau, les données des enquêtes révèlent que la prévalence dans cette tranche est de 13,3% au Burkina Faso. La première Dame du Faso a dit compter sur l’engagement du CI-AF et le soutien d’institutions nationales, internationales et intergouvernementales dans la lutte contre les MGF afin d’éliminer toutes sortes de pratiques traditionnelles néfastes véhiculées comme normes sociales dans la société. «Nous devons poursuivre contre vents et marées, le chemin que notre organisation a tracé depuis sa naissance», a galvanisé l’ambassadrice de bonne volonté.

La faible mobilisation des ressources financières est préjudiciable, selon elle, à la survie de l’organisation du fait de l’irrégularité que cela crée dans les tenues des rencontres statutaires. Toutefois, l’épouse de Roch Kaboré a invité le bureau exécutif à formuler au cours de ses travaux, des propositions pertinentes, stratégiques et constructives au sortir de sa conférence afin de permettre au comité d’être plus performante. Pour la présidente du comité interafricain, Mariam Lamizana, la concertation permet a priori de mutualiser les expériences et de renforcer les capacités pour mieux conduire les opérations de sensibilisation sur le terrain. A en croire Mme Lamizana, les actions menées par la structure en 2016 et 2017 seront passées à la loupe afin de mieux envisager les perspectives. Elle a encouragé l’engagement de chacune des participantes et les a invités à demeurer motivées dans l’atteinte des objectifs du comité. A ce jour, le CI-AF compte 29 pays africains via ses comités nationaux et 17 autres pays sympathisants en dehors de l’Afrique.

Wanlé Gérard COULIBALY

Mohamed OUEDRAOGO (Stagiaire)

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