Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a rencontré le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), le jeudi 29 novembre 2018 à Ouagadougou. Troisième rencontre statutaire du genre, les échanges ont permis au chef de l’Etat,  garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire, de prendre connaissance des performances de la justice pendant l’année écoulée, en plus des difficultés des acteurs.

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré (milieu) dit avoir félicité les magistrats pour l’ensemble du travail abattu.

Il n’est certes plus membre du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), mais selon la Constitution, le chef de l’Etat burkinabè, garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire, doit rencontrer le CSM chaque année dans le mois de novembre. Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a donc sacrifié à cette « tradition », le jeudi 29 novembre 2018 à Kosyam.  Au menu des échanges à huis clos, à entendre la présidente du CSM, Thérèse Traoré, le conseil a fait le bilan annuel de ses activités, juridiction par juridiction, avant de présenter un rapport sur le thème : « La justice burkinabè face aux défis sécuritaires actuels ». A entendre Mme Traoré, le bilan du fonctionnement de la justice a porté sur son accessibilité, le taux de saisine des juridictions, le travail fait par les juridictions. « Le constat fait état d’une augmentation à tous les niveaux et dans l’ensemble, et le travail fait par les juridictions en 2017 est supérieur à celui de 2016 dans toutes les juridictions, à l’exception des juridictions administratives qui, en 2016, avaient des contentieux liés aux élections municipales de la même année », a-t-elle soutenu. Le président du Faso s’est réjoui de cette amélioration, même si « nous devons considérer que compte tenu du nombre de magistrats, il y a toujours des dossiers plus importants que leur effectif ». Roch Marc Christian Kaboré dit donc avoir noté des insuffisances du personnel, des infrastructures et du budget et la question de la formation continue des magistrats. A cela, il y a ajouté des questions « internes », notamment celles de contrôle des juridictions. « Les leçons ont été bien tirées. Il appartient au gouvernement et  au CSM de prendre des dispositions pour que tout soit bien mis en œuvre », a-t-il estimé.

Des pôles spécialisés contre le terrorisme

 

Comme chaque mois de novembre, depuis maintenant trois ans, les juridictions ont échangé à huis clos sur les difficultés qui entravent leur bonne marche.

En relation avec le thème central de la rencontre, le chef de l’Etat a rappelé que la justice doit jouer un rôle important dans le cadre  de la lutte contre le terrorisme. Le cadre institutionnel existe, de même que l’armada juridique, a dit le président Kaboré. « Nos textes sont conformes et nous avons mis en place des pôles spécialisés de lutte contre le terrorisme qui sont bien implantés avec un personnel bien formé. Mais là également, il y a la nécessité de renforcer les effectifs de ces pôles et décharger les magistrats de ces pôles qui traitent également d’autres dossiers importants », a-t-il fait savoir. Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, a renchéri le garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire, les juridictions spécialisées font également face au manque de matériel, de moyens financiers, d’infrastructures et de questions de mise en place de structures de police et de gendarmerie pour sécuriser les acteurs de la justice. Le chef de l’Etat a ainsi évoqué la situation actuelle de Djibo où les magistrats ont été obligés de fermer le palais de justice « en attendant que la situation soit réglée ». En somme, a dit Roch Marc Christian Kaboré, chacun en ce qui le concerne, doit prendre les mesures qui s’imposent pour permettre à la justice de faire son travail.

Jean-Marie TOE

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