Extrémisme violent au Sahel : La « plume » pour contrer le phénomène

Le bureau régional de l’UNESCO pour l’Afrique de l’Ouest organise en partenariat avec le ministère de la Communication et des Relations avec le Parlement, un atelier de formation au profit d’une vingtaine de journalistes burkinabè et nigériens sur la couverture médiatique en situation d’extrémisme violent, du 4 au 6 décembre 2018 à Ouagadougou.

La communication en rapport avec l’extrémisme violent est délicate, en ce que la frontière entre les besoins d’informations du public et la propagande autour d’actions terroristes n’est pas toujours visible. D’où l’initiative du bureau régional de l’UNESCO pour l’Afrique de l’Ouest visant à renforcer les capacités des médias pour la lutte contre l’extrémisme violent dans la région du Sahel. Ainsi, en collaboration avec le ministère en charge de la communication, et la commission nationale pour l’UNESCO, le bureau organise, du 4 au 6 décembre 2018 à Ouagadougou, un atelier d’échanges d’informations et de partage d’expériences au profit d’une vingtaine de journalistes burkinabè et nigériens sur le traitement de l’information en lien avec l’extrémisme violent.

La SG du ministère en charge de la communication, Hortense Zida : « autant, il faut reconnaître aux médias leur fort potentiel dans la lutte contre le terrorisme, autant faut-il relever leur vulnérabilité face à des acteurs désireux de les utiliser ».

Trois thématiques traitant des questions d’éthique et d’indépendance des médias dans la collecte et le traitement de l’information, l’utilisation des médias sociaux et les risques sécuritaires en matière de couverture médiatique dans les zones en situation de conflits sont à l’ordre du jour. Des communications seront assurées par des experts sénégalais et burkinabè, dont Dr Cyriaque Paré, spécialiste du web journalisme. A l’occasion de la cérémonie d’ouverture, la représentante du bureau régional de l’UNESCO, Théodora Thaliane, analysant la pertinence de la thématique a fait remarquer qu’il s’agit d’une question transversale touchant plusieurs pays du Sahel, d’où l’ouverture de l’atelier à des participants venus du Niger et du Burkina Faso. Abondant dans le même sens, la secrétaire générale du ministère en charge de la communication, Hortense Zida, a indiqué que la lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme nécessite l’action conjuguée de toutes les parties prenantes. Elle a aussi noté le fort potentiel des médias sur ce front ainsi que leur vulnérabilité face à des acteurs désireux de les réduire au silence ou de les utiliser à leur profit. Mme Zida a aussi noté la pertinence de cette activité en évoquant le dilemme de son département de garantir les conditions de professionnalisme des journalistes en situation d’extrémisme violent sans heurter leur susceptibilité ou remettre en cause leur indépendance. « La meilleure stratégie est la formation…Car, mal maîtrisés par les Etats et les citoyens, les moyens et outils de communication et d’information peuvent servir les intérêts des groupes terroristes », a-t-elle soutenu. C’est pourquoi, la secrétaire générale a remercié l’UNESCO pour son initiative et invité les participants à mettre à profit les rudiments qui seront acquis dans le cadre de leur profession. Dans ses actions de lutte contre l’extrémisme violent, l’UNESCO a également édité un manuel à l’intention des journalistes, intitulé : « Les médias face au terrorisme ».

 Fabé Mamadou OUATTARA

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