L’opposition politique a animé le mardi 4 décembre 2018, son hebdomadaire conférence de presse au siège du Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP). Le rapport de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et la lutte contre la corruption (ASCE-LC), la marche-meeting de la Coalition nationale de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés (CCVC) étaient entre autres points au menu des échanges. 

L’opposition s’indigne des pratiques de corruption au sein de l’administration publique burkinabè, révélées, selon elle, par le dernier rapport de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de la lutte contre la corruption (ASCE-LC) sur la gestion 2017 de certaines institutions.   Selon le CFOP, représenté par le 4e vice-président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Amadou Diemdioda Dicko et le président du Parti national des démocrates sociaux (PNDS), Yumanli Lompo, le rapport fait état « de dégradation des indicateurs en termes d’irrégularités commises dans la gestion qui corrobore la perception d’une augmentation de la corruption » au Burkina Faso entre 2016 et 2017.

Ces derniers ont pointé un doigt accusateur sur la loi sur les Partenariats-publics-privés (PPP) qui, de leur avis, est à l’origine de cette augmentation des pratiques courantes de corruption au sein de l’administration. « La corruption a atteint un stade critique avec le vote de la loi sur les PPP. Ce qui permet au pouvoir en place de distribuer des marchés à hauteur de milliards de francs CFA, tout en léguant de grosses dettes aux futures générations », a déclaré Yumanli Lompo.

Déplorant le manque de mesures dissuasives, les conférenciers du CFOP disent partager la position du contrôleur général d’Etat, Luc Marius Ibriga qu’ils ont cité en ces termes : « cette situation est préoccupante car le laisser-aller dans l’inobservance des règles de gestion donne l’impression au sein des services publics que les actes de corruption ne sont pas des opérations à risques du fait du manque de sanctions dissuasives et de l’impunité ambiante ».

S’agissant de la marche contre la vie chère le 29 novembre 2018, l’opposition a félicité la Coalition nationale de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés (CCVC) et réaffirmé sa disponibilité à soutenir de telles manifestations. La situation sécuritaire a été une fois de plus abordée au cours de la rencontre avec les journalistes, notamment les attaques perpétrées le 30 novembre 2018 contre un convoi qui se rendait sur un site minier dans la région de l’Est, faisant cinq morts dont quatre gendarmes, selon eux. A ce sujet, ils ont salué l’Etat d’urgence décrété par le Niger dans la zone frontalière avec le Burkina Faso, avant d’inviter les autorités burkinabè à se pencher également sur des mesures similaires. Voulez-vous que le gouvernement burkinabè décrète aussi un Etat d’urgence comme l’a fait le voisin nigérien ? Réagissant à cette interrogation des journalistes, Diemdioda Dicko s’est voulu prudent : « C’est une question d’analyse militaire et il revient à la hiérarchie militaire de se prononcer en fonction de la réalité sur le terrain. Mais, il ne faut pas que les terroristes et les bandits armés repoussés du Niger trouvent refuge sur le sol burkinabè  ».

Beyon Romain NEBIE

nbeyonromain@yahoo.fr

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