Extradition de François Compaoré : «C’est un ouf de soulagement », Robert Zongo

A la suite de l’avis favorable de la justice française sur l’extradition de François Compaoré, Sidwaya a rencontré, le jeudi 6 décembre 2018 à Koudougou, Robert Zongo, frère cadet du journaliste assassiné, Norbert Zongo. 

C’est « avec beaucoup de satisfaction », que la famille de Norbert Zongo a appris l’extradition de François Compaoré décidée par la justice française.   Pour  Robert Zongo, frère cadet du journaliste assassiné en 1998, c’est un ouf de soulagement, une victoire d’étape dans le dossier quand on connaît la longueur de la  procédure judiciaire. « Ça nous fait vingt ans jour pour jour que l’assassinat de Norbert a eu lieu sur la route de Sapouy. Et pour ce qui vient d’être fait, il faut saluer le peuple burkinabè dans toute sa diversité. La famille est un peu soulagée, car nous savons que quel que soit alpha, François Compaoré devrait  venir répondre. Nous pensons que nul ne peut se soustraire à la justice de son pays. Si j’étais son conseiller je l’aurais invité à  venir répondre à la justice de son pays depuis bien longtemps »,  a affirmé Robert Zongo.

Il pense que du côté de la famille Compaoré, des « calculs sont faits, de sorte que le dossier traîne jusqu’en 2020 avec l’espoir qu’ils reviennent  au pouvoir et l’éteindre définitivement ».  Pour lui, cela relève de l’utopie de leur part, car François Compaoré gagnerait à venir se faire entendre par le juge, qui décidera.

A écouter Robert Zongo, sa famille veut juste savoir ce qui est arrivé le 13 décembre 1998 à leur aîné, Norbert. Le journaliste d’investigation étant le premier fils de son  père, a-t-il signifié, cela signifie beaucoup de choses dans la tradition. « C’est pourquoi, notre préoccupation majeure est de savoir ce qui s’est réellement passé ce jour-là, afin de pouvoir entamer le deuil de Norbert Zongo. Que ce soit coutumièrement ou religieusement, nous n’avons rien fait pour éteindre le deuil depuis sa disparition, parce qu’il nous faut savoir d’abord les circonstances de sa mort avant de pouvoir célébrer ses funérailles », a renchéri Robert Zongo.

A son avis, la famille ne peut rien contre François Compaoré, encore moins lui demander de ressusciter Norbert. « Nous ne voulons que la justice », s’est-il exclamé. Il regrette surtout que leur mère, décédée, ne soit plus de ce monde pour voir l’évolution du dossier. « Le jour de l’assassinat de Norbert, il a appelé la maman au téléphone et ils ont conversé pendant plus d’une heure de temps.  C’est ce qui fait que la maman aurait voulu connaître la vérité sur la mort de son enfant avant de mourir, mais Dieu en a décidé autrement. Dans tous les cas, là où elle est, elle suit les choses, parce que c’est elle seule, qui pouvait pardonner, si François était coupable », a conclu Robert Zongo.

François KABORE

 

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