Résister aux obstacles

La «résilience» est en psychologie, la capacité à vivre, à réussir, à rebondir, à vaincre les traumatismes ou à se développer en dépit de l’adversité. Cette notion peut renvoyer à une autre réalité plus imagée : résister aux pressions et reprendre sa structure initiale après avoir été déformé. C’est ni plus ni moins ce qui est demandé aux Burkinabè en ce 58e anniversaire de l’accession du pays à la souveraineté nationale et internationale.

Une bien curieuse posture pour un événement d’ordinaire plutôt festif. Mais le contexte national marqué par des attaques quasi-quotidiennes ne leur laisse pas d’autres choix que de faire appel au résilient qui sommeille en eux. Les Hommes intègres ont-ils vraiment le choix quand on sait que les forces du mal, comme si elles tenaient à marquer la fête de leur triste et lugubre empreinte, ont fait deux victimes à la veille du 11-Décembre. Deux victimes de trop, en date, de cette barbarie innommable.

Les ennemis du peuple ont ôté la vie, comme s’ils pouvaient la donner, à deux vaillants policiers de la commune de Kiembara (province du Sourou) en mission de sécurisation, à quelques encablures de la frontière nord-ouest du pays avec le Mali. Malgré ces multiples agressions, le pays tient debout et entend poursuivre sa marche radieuse vers le développement.

C’est fort de cette résistance digne de la révolte bwa en 1916, mais avant, des Toussian, Marka et Sana, contre les excès et les abus de l’entreprise coloniale, que le Burkina tout entier s’est arraché à ce climat de terreur pour procéder à une analyse sereine et profonde de sa destinée. Ce, à travers un thème ô combien interpellateur : «Bonne gouvernance et équité sociale pour une nation forte et prospère».

Comme un pied de nez, à tous les prophètes du chaos, le Burkina Faso avance, imperturbable, vers une amélioration continue de la gouvernance. Bien mieux qu’un concept, la thématique de la “Bonne gouvernance” est d’actualité, eu égard aux défis de gouvernance et d’équité que notre pays doit nécessairement relever pour s’inscrire durablement dans l’objectif de transformation structurelle de l’économie.

La notion de bonne gouvernance est indissociable d’une gestion saine et participative des affaires publiques concourant au renforcement de l’Etat de droit. Elle exige cependant quelques prérequis, à savoir, entre autres, la primauté du droit, le respect des engagements sous-régionaux et internationaux, la transparence, la participation, la responsabilité, l’équité, la lutte contre la corruption, l’efficacité et l’efficience.

Cette réflexion est, du reste, en phase avec la vision du programme présidentiel décliné dans le premier axe du Plan national de développement économique et social (PNDES) : la promotion de la bonne gouvernance politique, administrative, économique et locale, ainsi que le renforcement de la décentralisation. Le thème du 11-Décembre 2018 est, d’un côté, une invite à chaque citoyen et à l’ensemble de la nation à œuvrer au quotidien à l’ancrage de la bonne gouvernance par des actes et des gestes exemplaires.

De l’autre, l’équité sociale implique, de la part des gouvernants, une politique de redistribution des richesses visant la satisfaction des besoins essentiels, l’amélioration de la qualité de vie des communautés les plus vulnérables principalement. La combinaison harmonieuse de la bonne gouvernance et de l’équité sociale sont les ferments d’une nation forte et transparente bâtie sur le dialogue social, les valeurs traditionnelles et religieuses… C’est la quintessence du message du chef de l’Etat à ses concitoyens à l’occasion de la traditionnelle adresse à la Nation ce soir, à la veille du 11-Décembre 2018 depuis Manga, la cité de l’épervier.

Par Mahamadi TIEGNA

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