Le récent sondage effectué par le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) a donné une moyenne peu honorable au Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, crédité, faut-il le rappeler, de la note de 4,91 sur 10. Si l’on en croit donc ces chiffres, en trois ans d’exercice du pouvoir d’Etat, la cote de popularité du chef de d’Etat s’est effritée au point que, si l’on organisait un scrutin en ce mois de décembre, un deuxième tour apparaîtrait comme plausible avec, au bout, une incertitude sur le nom du potentiel gagnant.

Il n’en fallait pas plus pour que les différentes audiences politiques s’en saisissent, chacun pour étayer ses convictions préétablies sur la conduite des affaires de l’Etat. Quoiqu’on fasse des sondages, il convient de saluer le travail du CGD qui a su préserver sa crédibilité auprès de l’opinion publique dans sa quête d’une gouvernance plus démocratique.

Notamment par l’implémentation de repères et d’outils quantitatifs d’appréciation de l’action publique à l’image des sondages d’opinion. Les hypothèses émises par cette enquête d’opinion publiée le 8 décembre 2018 ont, cependant, été malmenées et battues en brèche dès le lendemain, au regard du récent parcours en triomphe vainqueur effectué par le président du Faso pour rallier la ville de Manga où devait se tenir la célébration de la fête de l’indépendance du Burkina.

A toutes les escales effectuées par le chef de l’Etat, à Koubri, Kombissiri et Toécé, ce sont des populations en liesse qui ont accueilli le cortège présidentiel. Bain de foule, cadeaux au symbolisme profond, actes de sympathie et d’encouragements n’ont pas manqué à l’endroit du locataire de Kosyam qui, du coup, a dû être conforté dans ses certitudes et dans sa volonté de faire du Burkina Faso, un pays qui compte davantage parmi ses pairs dans un bref avenir. La preuve, s’il en était encore besoin, qu’entre les réalités du terrain et les savantes démonstrations des cabinets et salons ouagalais, il y a souvent loin, de la coupe aux lèvres.

Bien sûr, certains esprits chagrins pourront disserter sur des mobilisations « forcées », mais, ce serait faire injure à un peuple qui a démontré qu’il savait ce qu’il voulait dès l’aube des indépendances et dans un passé récent. Il y a donc du « bon » dans cette gouvernance Roch, même si beaucoup reste à faire sur le chantier de la construction nationale. C’est dire que les efforts devront être intensifiés pour, comme nous l’écrivions récemment, consolider nos acquis politiques et économiques et poursuivre la marche en avant. En tous les cas, le « pays réel  » est en phase avec ses dirigeants. Et c’est important pour permettre à la nation de progresser en attendant le « vrai sondage » en 2020.

Par Mahamadi TIEGNA

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