La Représentation nationale a adopté le 18 décembre, la loi de Finances, exercice 2019 de l’Etat. Le budget de l’Etat, sensiblement différent de celui adopté en Conseil des ministres le 19 septembre 2018 se chiffre à 2 213 milliards de francs CFA en dépenses et 1 954 milliards de francs CFA en recettes.

Le gouvernement table sur une prévision de croissance de 6% en hausse tendancielle depuis 2016, mais timide du fait du règlement des questions sécuritaires. Les prévisions de 2019 ne sont pas seulement «transparentes, responsables et axées sur les couches les plus vulnérables», comme l’a souligné la ministre en charge des finances, Hadizatou Rosine Coulibaly lors de la conférence de presse explicative des grandes lignes du budget. La loi de finances 2019 connaît surtout une orientation sécuritaire avec des efforts exceptionnels consentis dans les domaines de la défense et de la sécurité, dans un contexte national marqué par une guerre asymétrique imposée par la nébuleuse terroriste.

En effet, les secteurs de la défense et de la sécurité connaissent une dotation conséquente. Ainsi, les allocations au ministère de la Défense nationale et des anciens combattants passent de 169 936 320 000 F CFA en 2018 à 209 726 310 000 F CFA en 2019, soit une hausse de 23,41%. Celles du département de la sécurité sont passées de 71 644 839 000 FCFA en 2018 à 99 577 834 000 FCFA, soit une hausse de 38,99%. C’est sans nul doute un budget de combat que l’exécutif a élaboré pour 2019 et qui, du reste, est en phase avec la loi de programmation militaire 2018-2022 d’un montant de 725 milliards de F CFA. Elle vise notamment à faciliter la réforme de l’armée, à adapter les moyens aux nouvelles exigences sécuritaires.

Les forces morales faisant la différence sur le terrain, il paraît tout aussi important qu’au-delà des efforts d’adéquation «mission-moyen», «besoins-ressources», ces hommes et femmes qui font preuve d’un sens du devoir, une détermination incroyable à l’Est, au Nord… bénéficient d’une attention à la hauteur des sacrifices personnels consentis au quotidien pour protéger les Burkinabè. Nonobstant l’impératif sécuritaire, comme l’a relevé la ministre des Finances, les secteurs sociaux et de soutien à la création de richesses n’ont pas été oubliés. Bien au contraire, les investissements ont été maintenus et se sont accrus. Malgré les vicissitudes du moment, la valorisation du capital humain chère au président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, se poursuivra en 2019. Les secteurs de l’éducation et de la santé s’en tirent à bon compte avec respectivement 33 et 14% de plus de ressources qu’en 2018 pour répondre, en partie, à la forte demande sociale.

L’emblématique mesure de gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de 0 à 5 ans, les programmes d’amélioration des infrastructures routières et de voiries, d’approvisionnement en eau potable, la productivité agricole seront conséquemment dotés l’année prochaine dans le but de toucher le plus grand nombre de concitoyens.

L’ensemble de ces engagements seront couvertes presqu’entièrement par la mobilisation des ressources internes, conformément au Plan national de développement économique et social (PNDES) et à la circulaire budgétaire 2019 : maîtrise des dépenses de fonctionnement, rationalisation de certaines rémunérations, relèvement du taux de pression fiscale, amélioration du recouvrement de l’impôt foncier et local…. L’essentielle est que ces réformes nous engagent véritablement dans la croissance économique et la prospérité.

Par Mahamadi TIEGNA

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