Dossier Thomas Sankara : Alain Bonkian s’en va avec sa part de vérité

La grande famille de l’armée burkinabè est en deuil. Le colonel major Alain Laurent Bonkian, ancien responsable des centres de formation des armées et  commandant de la deuxième région militaire de Bobo-Dioulasso a rendu l’âme dans la nuit du mardi 25 décembre 2018 des suites de maladie au Centre hospitalier universitaire de Tingandogo, à Ouagadougou.

La grande faucheuse a encore frappé dans les rangs des forces armées nationale. Le colonel-major, Alain Laurent Bonkian, l’un des premiers officiers de l’armée voltaïque, ex-commandant de la deuxième région militaire de Bobo-Dioulasso et conseiller particulier du chef d’Etat-major général des armées a passé l’arme à gauche,  dans la nuit du  mardi 25 décembre dernier.

Proche collaborateur de l’ex-président du Faso, Blaise Compaoré, le défunt  a gravi continuellement les échelons, et a reçu plusieurs décorations militaires pour ses services.  L’officier supérieur, que les FAN et la nation entière pleurent, était récemment inculpé dans l’affaire Thomas Sankara à travers son rôle présumé dans l’expédition punitive sur le camp de Koudougou, deux jours après l’assassinat du père de la révolution burkinabè, le capitaine président Thomas Sankara.

On parle encore de  la fosse commune de Latou dans la cité de Maurice Yaméogo, lorsque le 27 octobre 1987, le Front Populaire a fait pleuvoir du plomb sur les éléments du Bataillon d’intervention aéroporté (BIA) au motif que leur chef, Boukary Kaboré dit « le lion »  était entré en dissidence contre le nouveau pouvoir putschiste.

Avec une exceptionnelle brutalité, les hommes du BIA furent soumis à une atrocité immonde. Comme le colonel Bonkian lui-même aimait à le dire :

« l’armée n’est pas l’armoire ».

Et à cette mission, dont il était un des meneurs, le mot de passe à l’époque, selon des sources militaires, était : « et si on supprimait Koudougou de la carte ? », et la personne à qui la question était adressée devait répondre par : « Le Faso devrait exister ».

Ceci pour faire la part des choses entre les soldats du commando venu de Ouagadougou et ceux de la caserne de Koudougou, en l’occurrence du BIA. L’ « homme aux  verres noirs », comme l’appelait la troupe, est mort à près de soixante ans, laissant derrière lui une femme et cinq enfants. Le cérémonial militaire avant enterrement est prévu  dans la matinée de ce jeudi 27 décembre, suivi de l’inhumation au cimetière municipal de Gounghin à Ouagadougou.

La rédaction

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