St sylvestre à Ouagadougou: 48 accidents de la circulation enregistrés

Dans la nuit du 31 décembre 2018 au 1er janvier 2019, une équipe de Sidwaya était aux côtés des hommes de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP), pour vivre avec les différents secours portés aux victimes d’accidents de la circulation et autres. Reportage.

Il est 19h 5 mn en cette soirée du lundi 31 décembre 2018 au poste de commandement de la 1re compagnie de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP), qui jouxte la mairie de Ouagadougou. Après quelques formalités d’usage, le chef du centre des opérations, capitaine Didier Bazongo, nous conduit au Bureau de Ccoordination des opérations et des transmissions (BCOT). A l’intérieur de la salle, quatre agents sont postés devant des ordinateurs, des casques d’écoute vissés aux oreilles. Ils répondent incessamment aux appels de secours, de part et d’autre, de la ville de Ouagadougou et ses environs. Le sergent-chef, Issouf Dagano, explique dans les moindres détails le travail que lui et ses collègues font.

Lorsque les demandes d’urgence sont enregistrées, l’on passe à la redistribution des secours en fonction de la localisation des victimes. Les équipements du BCOT permettent de suivre les différents appels, de donner des messages de sensibilisation aux appelants et de «blacklister», les perturbateurs indélicats. Un écran placardé au mur permet également de suivre l’ensemble des interventions, l’historique des appels, d’évaluer le nombre de secours portés et le temps des appels. Grâce à ce nouveau dispositif moderne, les soldats du feu arrivent à amoindrir l’affluence des appels fantaisistes. Des institutions comme la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest et la Société nationale burkinabè des hydrocarbures (SONABHY) y disposent de lignes directes pour plus d’efficacité dans l’intervention en cas de danger. Le grand marché de Ouagadougou est la liste des prochains bénéficiaires de ce «privilège». Après ce briefing, nous attendons d’embarquer avec une équipe de secours une fois l’alerte donnée. Grâce au Dispositif prévisionnel de secours (DPS) mis en place dans la capitale, en cette période de fêtes de fin d’année, les équipes positionnées dans les parties excentrées de la ville prennent en charge les cas d’accidents. Ce qui fait qu’au PC de la 1re compagnie, les sorties des ambulances se font attendre. Nous regagnons le mess des officiers où nous guettons le message de nouvel an du Président qui tarde à passer sur les antennes de la télévision nationale.

Encouragements du ministre de la Sécurité

Il est 21h 39 mn, lorsque le ministre de la Sécurité, Clément P. Sawadogo, fait son entrée à la caserne. Il passe en revue la troupe en compagnie du commandant de la BNSP, le colonel Ernest Kisbédo. Aux hommes de tenue, le ministre formule ses encouragements et leur souhaite bonne et heureuse année 2019. 22h 54, aucun signe de secours ne se manifeste toujours au PC de la 1re compagnie. C’est le début de la tournée de l’état-major de la BNSP dans les différents centres de secours. Nous embarquons avec le colonel Kisbeédo et ses proches collaborateurs en direction du centre de secours de la 8e compagnie de la BNSP de Sig-Noghin au Nord de Ouagadougou. 23h 7 mn, le cortège fait son entrée dans l’enceinte de la caserne. Les éléments qui assurent le service sont rassemblés. Le colonel passe en revue les effectifs et livre son message d’encouragement à ses hommes. L’esprit de famille, sacrée dans la grande muette, est vivifié à l’occasion. «Nous sommes ensemble. Soyez fiers de porter secours aux victimes. Le travail ne tue pas. Restez bien concentrés», leur lance-t-il, dans une atmosphère empreinte de convivialité. Il les invite à avoir une pensée pieuse pour leurs frères d’armes tombés et pour ceux qui luttent sur le terrain. Les hommes lui traduisent leur gratitude pour cette visite qui les conforte dans leur engagement au service de la nation. Une collation est partagée dans la sobriété avec la troupe.

«Bonjour 2019» !

Il est 0h 00. C’est le 1er janvier ! Bonjour 2019 ! La joie de passer à la nouvelle année éclate dans le quartier. Les pétards résonnent un peu partout dans les alentours. Le ciel est par moments zébré d’éclairs des feux d’artifice. Un concert de klaxons envahit les rues. Des cris d’euphorie se font entendre. C’est le temps des accolades et des vœux à l’orée de la nouvelle année. « Je vous souhaite une année de santé, de partage, de paix et de sécurité pour notre pays », formule le colonel Kisbédo à l’endroit de ses hommes. Entre temps, aux environs de 0h 10, une ambulance intègre la caserne après avoir porté assistance à des victimes d’un accident de la circulation. Avant de prendre congé d’eux, il leur laisse un dernier conseil : « Vous avez le droit de maintenir le nom de ce corps qui doit se distinguer par la discipline, le travail et le sacrifice ». Il est 1h 11, lorsque la hiérarchie de la BNSP se signale au PC de la 8e compagnie situé à quelques pas de l’échangeur de l’Ouest. Les vœux de nouvel an et les exhortations à bien accomplir les missions sont réitérés aux éléments rassemblés. A peine installés pour lever les verres, l’alerte est donnée. Un accident vient de se produire au pied de l’échangeur. Les secours se rendent sur place et évacuent le blessé en direction du CMA de Pissy. A 1h 57, le cap est mis sur le centre de secours de la 1re compagnie de Bogodogo dans le quartier Kalgondin de Ouagadougou. Le commandant de la BNSP accomplit le même rituel que dans les lieux précédemment visités.

Un enfant entre la vie et la mort

Il est 2h 38 quand nous montons à bord d’une ambulance en direction de Ouaga 2000, sur la route pour secourir des accidentés. 2h 47mn, la voiture freine sur les lieux du drame. Un couple à moto est fauché par un conducteur de tricycle visiblement éméché. L’homme et la femme sont littéralement étalés à même le sol. Le cas de l’épouse est assez grave. Elle est grièvement blessée au visage et sa jambe droite a subi une fracture. Leur enfant, âgé de quelques mois, «en état de mort apparente» (terme technique employé par les sapeurs-pompiers) est emmitouflé dans un drap ensanglanté et poussiéreux. L’homme qui semble moins blessé est accompagné dans l’ambulance.

La femme est prise en charge par l’équipe de secours. Elle est sur une civière pour rejoindre son mari. Le monsieur qui tenait l’enfant y prend place aussi. En route pour l’hôpital, la dame souffre atrocement de douleur à la jambe. Dans un état pitoyable, elle a le réflexe de prendre les nouvelles de son bébé. On lui dit qu’il est endormi. 3h 31, l’ambulance fait escale devant les urgences traumatologiques du Centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo (CHU-YO). L’enfant est d’emblée confiée aux agents de santé. A 3h 58, le véhicule de secours dépose l’équipe de reportage au PC de la 1re compagnie. Quelques instants après, la délégation du colonel Ernest Kisbédo regagne son point de départ. La boucle est bouclée avec la présentation des vœux de nouvel an. Encouragements et souhaits pour de belles surprises en 2019 sont dits aux hommes. De son côté, le chef des opérations, capitaine Didier Bazongo, prépare les statistiques des interventions de la nuit du 31 décembre 2018.

48 accidents de la circulation à Ouagadougou

5 h 15, la hiérarchie se réunit pour le compte-rendu partiel. Le directeur des opérations, le commandant, Daba Naon, fait le point au colonel Kisbédo en présence des journalistes. Au total, l’ensemble des neuf compagnies de la BNSP sur le territoire national comptabilise 109 interventions parmi lesquelles 77 cas d’accidents de la circulation. Ouagadougou, à elle seule, totalise 67 interventions avec 48 accidents de la circulation. L’on ne dénombre pas un cas de décès. Comparés aux chiffres de 2017 (107 interventions, 61 accidents de la circulation et un décès), il y a une légère hausse en 2018. Le directeur des opérations, le commandant Naon évoque, entre autres, l’opérationnalisation de la neuvième compagnie basée à Koupèla dans la région du Centre-Est, pour expliquer cette hausse.

«A cela nous pouvons ajouter la modernisation du traitement de notre centre d’alerte qui permet de filtrer davantage les appels de secours. De par le passé, nous ne faisions pas
forcément la distinction entre ceux qui appelaient réellement pour des besoins de secours et les fantaisistes malveillants. L’appui du gouvernement en équipements aide aussi les sapeurs-pompiers à honorer les interventions», détaille-t-il. L’extension de la ville de Ouagadougou et l’augmentation expliquent par ailleurs la hausse des interventions.

Karim BADOLO

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Le dispositif de secours présenté par le commandant Daba Naon

« Nous avons mis en place un dispositif prévisionnel de secours à l’occasion des fêtes de fin d’année pour les actions liées à la protection des personnes et à la sauvegarde des biens. Ouagadougou a été divisée en parties (Est et Ouest). L’Est a été le secteur d’intervention de la 1re compagnie d’intervention et de secours et l’Ouest celui de la 8e compagnie. A ce dispositif classique qui comprend deux casernes de chaque côté, nous avons disposé des moyens dans des points chauds de la ville afin de pouvoir rapprocher les secours des populations. C’est ainsi que dans les endroits comme l’hôpital Schiphra, Kossodo, le rond-point de la Patte-d’oie et la pédiatrie Charles-de-Gaulle, nous avons pré positionné un moyen de secours (une ambulance et une moto de premier secours). Le maillage de la ville en termes de capacité à répondre promptement aux demandes de secours était l’objectif visé à travers ce dispositif. Avec la répartition des centres hospitaliers comme le CMA Paul VI, le CHU-YO, la pédiatrie Charles -de-Gaulle ou l’hôpital de Tengandogo, nous avons la possibilité de raccourcir les distances et d’intervenir le plus rapidement possible au profit des populations. Ce dispositif a été répercuté aussi à Bobo-Dioulasso. »

Propos recueillis par K.B

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