Drame de Yirgou : Des mesures au profit des déplacés

Le Conseil des ministres du 9 janvier 2019 a porté en grande partie sur la gestion du drame de Yirgou, en témoigne les mesures prises au profit des déplacés. Le ministre du commerce, Harouna Kaboré a donné davantage d’éclaircissements sur la baisse des prix du carburant. 

Passé le drame de Yirgou, le gouvernement panse les plaies. Dans ce village de la commune de Barsalgho dans le Sanmatenga, région du Centre-Nord, ce sont environ 49 personnes qui ont perdu la vie  (bilan provisoire) suite aux tueries perpétrées le 1er janvier 2019 et jours suivants. Pour le moment ce sont à peu près 6 103 personnes qui ont été recensées comme étant des déplacées, nécessitant des prises en charge par les services de l’action sociale.

La gestion de cette situation a été un point central du Conseil des ministres du 9 janvier 2019, à l’issue duquel le gouvernement a fait le point des décisions prises. Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Siméon Sawadogo, a informé de la mise en place d’un comité de crise au niveau régional pour gérer la situation. Ce comité, présidé par le gouverneur du Centre-Nord et comprenant les responsables administratifs, militaires et sécuritaires a, selon le ministre, fait des efforts de sécurisation et diligenté des actions de solidarité.

Les journalistes ont interrogé Siméon Sawadogo sur la nature de la crise (affrontement communautaire ou massacre ethnique) et si la machine judiciaire est effectivement enclenchée. Il a dit ne pas vouloir entrer dans des considérations sémantiques. « Il y a eu attaque terroriste. Il y a eu une mauvaise compréhension des populations qui vivaient ensemble, il y a eu des morts de part et d’autre et il y a eu certainement des communautés qui peuvent avoir été stigmatisées », a déclaré le ministre de l’Administration territoriale.

Il a soutenu que le procureur du Faso a été saisi et que des Officiers de police judiciaire (OPJ) sont présentement en train de mener des enquêtes, assurant que les responsables seront convoqués devant la justice et répondront de leurs forfaits. Le ministre de la Sécurité, Clément Sawadogo, a pour sa part indiqué que plusieurs centaines forces de l’ordre ont été déployées sur le terrain. « A ce jour, nous pouvons dire que la situation est assainie. Mais nous maintenons notre dispositif aussi longtemps que nécessaire pour parer à un quelconque reflux », a-t-il indiqué.

Le gouvernement a prévu quatre grands centres de prise en charge des personnes déplacées dans les communes de Barsalgho, Kelbo, Arbinda et Djibo, selon le ministre de la Femme, de la solidarité nationale et de la Famille, Marie Laurence Marchal. Seulement, c’est à Barsalgho qu’un camp d’accueil est prévu, les déplacés étant logés auprès de familles hôtes dans les trois autres centres. Ils y recevront des vivres et des soutiens pécuniaires par rapport aux besoins recensés.

Le gouvernement dans son rôle

Dans le camp à Barsalgho des dispositifs ont été institués pour parer au plus urgent sur les plans alimentaire, sanitaire et de l’assainissement avec le convoiement de citernes d’eau potable, l’aménagement de forages et de toilettes fixes, l’enregistrement des déplacés et le déploiement de psychologues.

A en croire le ministre Ilboudo, tous les blessés bénéficieront d’une prise en charge totale et leurs familles, à Kaya, recevront chacune un pécule de 15 000 F CFA. Les trois malades déférés à Ouagadougou auront droit eux aussi à la prise en charge de leurs frais de santé par le fonds national de solidarité et leurs familles recevront  50 000 F CFA au titre de leurs besoins divers.

Le Conseil des ministres ayant instruit son département pour coordonner le secours à apporter aux victimes, la ministre a invité les bonnes volontés et les institutions internationales à structurer leurs aides à partir du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR). Elle a aussi précisé que ces récents mouvements viennent s’ajouter à près de 47 000 autres personnes qui avaient quitté les régions du Nord et du Sahel pour cause de terrorisme.

Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, a donné des précisions sur la baisse des prix des hydrocarbures (super, gasoil et pétrole lampant) décidée la veille. « Le gouvernement avait pris la décision d’instituer, à travers un décret, une péréquation des prix en fonction de celui du baril de pétrole.

Depuis cette période, la tendance baissière des prix à l’international a permis de faire profiter cette baisse aux populations du Burkina Faso à hauteur de 20 F pour le super, 30 F pour le gasoil et 83 F pour le pétrole lampant », a-t-il expliqué. Il a assuré que si l’évolution se poursuit de cette manière, les populations pourront toujours sentir la tendance baissière. « Nous avons pris aussi la décision de garantir qu’au cours d’une année civile, il ne soit pas possible d’effectuer une hausse de plus 100 F CFA.

Nous allons activer automatiquement le mécanisme de subvention pour protéger les populations », a-t-il ajouté. Selon M. Kaboré, le mécanisme prévoit une révision des prix tous les trois mois, toutefois, toute tendance baissière autour de 50 FCFA observée pendant un mois, sera automatiquement répercutée à la pompe sans attendre l’échéance des trois mois. Les journalistes lui ont demandé si cette baisse était une réponse du gouvernement aux sollicitations du monde syndical.

Le ministre Kaboré a préféré parler de responsabilité gouvernementale. « La responsabilité d’un gouvernement consiste à écouter les populations et à y apporter des solutions. Notre gouvernement est dans cette dynamique et à chaque fois que nous avons des réponses idoines à des questions qui sont soulevées, nous le ferons dans les limites des possibilités des ressources financières du pays », a-t-il répondu.

Fabé Mamadou OUATTARA

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