Pour l’effectivité du concours de la magistrature pour le compte de 2018, Abdoul Momini Nassouri (micro) et ses camarades ont confié aux journalistes qu’ils vont mener des « actions fortes » dans les jours à venir.

Le comité des jeunes unis contre la fraude dans les concours et pour l’accès à l’emploi a animé une conférence de presse, le jeudi 10 février 2019 à Ouagadougou, pour dénoncer l’ « irrégularité » commise par le ministère en charge de la fonction publique en ouvrant le concours de la magistrature, session 2018, aux candidats titulaires de Licence LMD. Cela contrairement à la loi portant statut de la magistrature qui fixe la maîtrise en droit comme niveau d’études pour prendre part au concours.

Les 4000 candidats au concours directs de la magistrature session 2018 sont toujours dans l’impasse, malgré la décision du Conseil d’Etat du 28 décembre 2018 réaffirmant, conformément à la loi, que la maîtrise est le diplôme d’accès audit corps. Réunis au sein du comité des jeunes unis contre la fraude dans les concours et pour l’accès à l’emploi, les candidats ont animé une conférence de presse, le jeudi 10 février 2019 à Ouagadougou.

Face aux hommes des médias, ils ont dénoncé le fait que le concours de la magistrature session 2018 ait été ouvert aux candidats titulaires de la Licence LMD en violation de la loi portant statut du corps de la magistrature qui fait état de la maîtrise. En effet, leur porte-parole, Abdoul Momini Nassouri a rappelé qu’en mai 2018, quand le communiqué d’ouverture dudit concours est tombé, l’intersyndical de la magistrature a signifié au ministre de la Fonction publique que son acte était irrégulier.

« Malgré cet écrit, le ministre a insisté et a programmé le concours qui devrait se tenir les 5 et 6 septembre 2018 », a soutenu, un autre membre de la coalition, Vyé Elisée Dembélé avant de poursuivre : « A la programmation des concours, les magistrats ont fait un recours en annulation du communiqué dudit concours devant les juridictions administratives. Ce qui s’est soldé par l’arrêt du Conseil d’Etat en date du 28 décembre 2018 ».

Que reprochez-vous au gouvernement ? « Notre comité, regroupant l’ensemble des candidats dénonce l’attitude du gouvernement, notamment du ministère de la Fonction publique qui n’a pas pris toutes les dispositions nécessaires pour éviter cette situation », a répondu le porte-parole, Nassouri.

Pire, Vyé Elisée Dembélé a confié que le 15 octobre 2018, le ministre en charge de l’enseignement supérieur a, par arrêté n°2018-529 / PRES / PM/MESRSI, établi une équivalence de compétences entre les titulaires de la licence LMD et ceux de la maîtrise. « Le jour du procès, le 26 décembre dernier, nous nous attendions à voir ce document versé dans les dossiers.

Mais nous avons été surpris que le gouvernement qui n’a pas pu apporter la preuve de l’équivalence entre les deux diplômes s’est contenté d’évoquer plutôt la violation du principe d’égalité entre candidats », a-t-il déploré. Il a, en outre, indiqué qu’un problème d’équivalence des diplômes est du ressort du CAMES.

C’est pourquoi, M. Nassouri et ses camarades ont dit être convaincus que le gouvernement aurait pu procéder à la modification de la loi dès les premières interpellations des syndicats de la magistrature. En attendant, les candidats au concours de la magistrature session 2018 veulent composer et exigent du gouvernement la « clarification » des textes concernant les diplômes du système LMD, l’organisation du concours de la session 2018 avec la participation des candidats titulaires de la licence LMD, l’augmentation du nombre de postes à pourvoir pour les concours de la Fonction publique, session 2019 et la « transparence » dans la publication des résultats.

Mariam OUEDRAOGO

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