La guerre des frères

Au son de la meule qui grinçait, une machette répétait à perpète le chant des morts.

Sur le visage en sueur des redoutables notables, l’ombre de la haine luisait sans remord

Cette fois, le calumet n’était pas allumé, seules les braises de la forge étaient ardentes .

Les marteaux s’acharnaient à réduire les métaux en couteaux sur les enclumes battantes

C’était la veille de la guerre, la guerre des pères inassouvis, la guerre des frères insoumis

L’heure de la revanche, le temps de la vengeance, la fin de l’indulgence et du compromis

C’était la victoire du mal sur le bien, la gloire de l’épée sur les déboires du cœur qui saigne

Le pardon sera réduit en charbon, la pitié sera châtiée dans le sang de l’amitié qui châtaigne

Les frères du même antre brandiront le poing sur les cendres des liens séculaires des pères

Les larmes des enfants innocents inonderont le charme d’antan des visages austères

Le bétail subira la bataille, les flammes ravageront les victuailles pour la fin des ripailles

La faim se battra avec la soif dans la douleur des blessures profondes qui assaillent

La guerre de demain est en chemin, les armes de la paix sont dans nos mains en vain

La haine du prochain est le pire des venins, l’amour des humains est un refrain divin

Demain, il faudra tout abandonner et se pardonner sans marmonner ni bourdonner

Demain, il faudra enterrer les armes de guerre et laisser germer la paix des cœurs peinés

Parce que qui veut la paix, évite la guerre ! Soyons tolérants.

Clément ZONGO

clmentzongo@yahoo.fr


NB : En vérité, cette chronique est le premier texte d’un recueil de vingt poèmes pour adultes intitulé «Les larmes de la terre» et proposé à la SNC 2016. Il a été classé 5e mais son plus grand mérite aujourd’hui est d’interpeller, de prévenir, de mettre en garde. Tant pis s’il choque ; peu importe qu’il plaise ou déplaise ; il n’y a pas de demi vérité !

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