Amélioration de la gestion du fret : Vers la mise en place d’une faitière des transporteurs

Le comité national de réflexion sur la problématique de la gestion du fret au Burkina Faso a remis le rapport final de ses travaux au ministre des Transports, de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière, Vincent Dabilgou le mardi 15 janvier 2019 à Ouagadougou.

Mis en place le 19 octobre 2018, en vue de trouver des solutions aux multiples crises enregistrées dans le secteur des transports ces dernières années, le comité national de réflexion sur la problématique de la gestion du fret au Burkina Faso a livré ses conclusions le mardi 15 janvier 2019 à Ouagadougou.

Le rapport des travaux qui a été remis au ministre des Transports de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière, Vincent Dabilgou est articulé autour de trois thèmes. Concernant le premier volet qui a porté sur la gestion du fret, le président du comité, Issiaka Sigué a relevé qu’après avoir passé en revue la gestion du fret sur l’ensemble des quatre corridors routiers du pays, il ressort que l’offre de transport est largement supérieure à la demande.

Ce qui est, à l’écouter, la première distorsion à une répartition qui satisfasse tout le monde. S’agissant des procédures, M. Sigué a informé que c’est celle appliquée sur le corridor Ouagadougou-Téma (au Ghana) qui a été plébiscitée par le comité composé de représentants de tous les acteurs du secteur des transports. « Sur le corridor ghanéen, la déclaration du fret est faite par les transitaires au niveau du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC) qui la vise. Il met ensuite l’Organisation des transporteurs routiers du Faso (OTRAF) et l’Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB) en lien et délivre un bon de chargement. Après quoi, la clé de répartition un tiers, deux tiers est utilisée.

Cela est encadré par un texte contrairement aux autres corridors», a-t-il expliqué. Toutefois, il y a un bémol. En effet, M. Sigué a fait savoir que des transporteurs ne se reconnaissent pas dans l’OTRAF qui n’est pas « suffisamment inclusive » à leurs yeux. La solution trouvée à ce problème est la mise en place d’une faitière des transporteurs d’ici le 31 mars 2019. «  Ainsi nous allons dupliquer le modèle de la gestion du fret sur le corridor ghanéen avec la faitière comme interlocuteur du CBC », a-t-il annoncé.

Plus de blocage des routes lors des grèves

En ce qui concerne le deuxième thème qui a porté sur l’amélioration des conditions de travail des chauffeurs routiers, le rapport recommande la tenue urgente d’une rencontre regroupant des représentants des ministères en charge de la Sécurité, de la Sécurité sociale et des acteurs du transport pour une évaluation de l’immatriculation des chauffeurs routiers aux fins de sa pleine opérationnalisation et entière en janvier 2019.

Quant au troisième point qui a analysé la pratique du blocage systématique des corridors en cas de grève, le comité a prôné le respect strict de la règlementation sur les libertés publiques. « Il s’agit de la saisine préalable de l’administration des préoccupations, l’engagement de négociations et éventuellement la grève. Dans cette dernière option, il faut veiller à ne pas entraver la libre circulation des personnes et des biens », a souligné Issiaka Sigué. Le ministre Dabilgou s’est réjoui de ces conclusions et de la participation de tous les acteurs du transport du Burkina Faso au comité de réflexion.

« Le transport est essentiel pour notre économie. De ce fait, Il faut absolument instaurer une gouvernance du fret où tous les acteurs sont impliqués et ont leur petite part », a-t-il déclaré. Tout en indiquant qu’il transmettra le rapport au Premier ministre, il a soutenu que le statu quo sera observé en attendant la mise en place de la faitière des transporteurs. Pour la création de la nouvelle structure, l’OTRAF dit être favorable. « Nous sommes partant pour la mise en place d’une organisation unique, inclusive.

Nous avons participé aux travaux avec des idées constructives pour l’intérêt des transporteurs burkinabè et de toute la nation. Nous nous engageons à respecter scrupuleusement ce qui a été convenu dans ce rapport », a soutenu le président de l’OTRAF, Issoufou Maïga. Le président de l’UCRB, Brahima Rabo a également rassuré que sa structure se conformera aux prescriptions du rapport.

Eliane SOME

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