Bruxelles, la capitale de l’Europe, a abrité, le jeudi 17 janvier 2019, la 2e conférence de presse internationale du jubilé d’or du FESPACO. Les partenaires techniques et financiers ont, à cette occasion, réaffirmé leur soutien au plus grand festival du continent africain.

Le comité d’organisation du cinquantenaire du FESPACO repartira satisfait de Bruxelles, la capitale européenne. Les partenaires techniques et financiers avec en tête l’Union européenne (UE), le Groupe des pays Afrique-Caraïbes-Pacifiques (ACP) ont, en effet, réaffirmé leur engagement à soutenir la biennale du cinéma africain. L’UE soutiendra les trois meilleurs Etalons (Etalon d’or, d’argent et de bronze), lors de la XXVIe édition du FESPACO. L’UE souhaite également « exporter » le festival dans des capitales européennes (Paris, Bruxelles,…) afin de promouvoir les films en Europe. Elle envisage, par ailleurs, de soutenir le FESPACO qui se tiendra à Bobo-Dioulasso du 7 au 10 mars 2019. Sans dévoilé le montant, le directeur général de la coopération internationale et du développement humain et migration de l’UE, Stefano Manservisi a soutenu que l’enveloppe financière allouée à la présente édition  « sera forte ». Tous ces engagements ont été confirmés, lors du 2e point de presse internationale du FESPACO, tenu à Bruxelles, la capitale Belge, le jeudi 17 janvier 2019.

« Nous renouvelons notre fort soutien financier. Vieille de plus de 40 ans, notre appui permanent, financier, technique et surtout nos échanges d’expériences avec le FESPACO sont satisfaisants. Notre prime est une passerelle pour la promotion des films africains », s’est-il réjoui. Le Groupe des pays ACP est aussi l’un des principaux soutiens financiers du FESPACO. Ledit organisme a annoncé le démarrage de son nouveau programme. Dénommé : « ACP UE Culture », il est doté d’une enveloppe financière de 40 millions d’euros. Ce programme, selon le sous-secrétaire général du Groupe des Etats ACP chargé du département des questions politiques et du développement humain, Léonard-Emile Ognimba, va poursuivre l’important travail d’accompagnement engagé sous les programmes précédents, avec un dispositif d’intervention qui a été repensé afin d’améliorer l’efficacité de ses actions.

Mais, a-t-il rassuré, l’une des premières activités mise en œuvre sera de poursuivre et approfondir le partenariat fructueux mis en place avec le festival. « Vous pouvez d’ores et déjà compter sur la participation active des ACP pour remettre une fois encore, aux côtés de leurs partenaires européens, un prix exceptionnel aux œuvres ACP primées, afin que ces dernières puissent avoir le rayonnement international qu’elles méritent », a rassuré M. Ognimba. Il a dit souhaiter aussi, à travers le financement de ces frais de doublage et de sous-titrages en langues nationales notamment, que ces œuvres rencontrent tous les publics des villes et des campagnes, notamment les vieux cinéphiles et les plus jeunes rivés sur leurs smartphones. Comment votre soutien aux industries culturelles va-t-il se manifester ? Voilà, 50 ans que le FESPACO, la voix du cinéma africain fait la fierté du continent africain et force l’admiration, a-t-il rappelé.

Bilan positif, 50 ans après

Il a expliqué que les industries culturelles dans les pays ACP et dans le reste du monde sont fragilisées par des crises politiques et économiques. Mais, contre vents et marées, tous les deux ans, les organisateurs du FESPACO réussissent à réunir tous les professionnels à Ouagadougou, la capitale du cinéma.
Cette XXVIe édition du FESPACO célèbre la mémoire des pionniers, mais elle est aussi résolument tournée vers l’avenir, a lancé le délégué général du FESPACO, Ardiouma Soma. Mais, plus que jamais, les opérateurs culturels ACP et en particulier les jeunes professionnels, leur rappellent que sans l’engagement des pouvoirs publics, les industries culturelles ne sauraient être viables, a reconnu Léonard-Emile Ognimba. Les Etats ACP et la Commission européenne sont engagés depuis plusieurs mois dans des négociations cruciales en vue de la conclusion d’un nouvel accord de coopération mais la culture occupera une place importante, a-t-il dit aux journalistes.

« Placer la culture au cœur de notre dialogue et de notre stratégie c’est en effet s’assurer de construire un modèle endogène de développement qui prenne en compte les spécificités, les aspirations mais également les savoir- faire de tous », a clarifié le sous-secrétaire général du Groupe des Etats ACP chargé du département des questions politiques et du développement humain, Léonard-Emile Ognimba. Quel bilan peut-on faire du FESPACO, des cinémas d’Afrique et de sa diaspora, en un demi-siècle ? Le délégué général du FESPACO s’est dit satisfait que les partenaires financiers et techniques aient renouvelé leurs engagements à la biennale. Selon lui, le bilan du festival panafricain est positif, malgré le fait que de nombreuses personnes estiment que les salles de cinéma se ferment davantage. L’industrie du cinéma africain, la technique, la technologie, les outils d’accès à la consommation ont aussi évolué, a-t-il affirmé. « L’on déplore la fermeture des salles, mais il faut mener la réflexion, à l’occasion de ce cinquantenaire. Il faut qu’on se repositionne par rapport au nouveau modèle de consommation.

Il faut explorer les nouvelles possibilités pour le cinéma africain. C’est en cela qu’on mènera le débat lors des 50 ans », a-t-il déclaré. Quel rapport le FESPACO a-t-il eu avec les télévisions depuis sa création? Comment a-t-il contribué à la formation des jeunes cinéastes? Ardiouma Soma a rappelé que depuis 1993, le FESPACO s’est ouvert aux télévisions africaines. C’est pourquoi, « nous travaillons avec l’appui de l’UE pour le renforcement du MICA pour que le volet industrie soit développé au FESPACO ». Dans la dynamique de valoriser les productions cinématographiques sur les chaînes de télévisions africaines, le FESPACO a maintenu la compétition des séries télévisuelles, a confirmé Ardiouma Soma. Pour contribuer à la formation des cinéastes africains, le Burkina Faso, en 1976, a ouvert une école panafricaine de cinéma, a confié Ardiouma Soma. Elle a formé beaucoup de cinéastes de la sous-région, « mais on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas d’intérêt pour la formation au bout de 10 ans d’existence. Car, former un réalisateur en 3 ans coûte plus cher que former un médecin en 8 ans », a soutenu le délégué général du FESPACO. Malheureusement, a-t-il déploré, l’école a disparu, mais aujourd’hui, l’on se rend compte de l’importance de la culture.

Des partenaires se manifestent

A ses dires, plusieurs pays l’ont mise comme pilier de leur développement et le cinéma peut en être la locomotive. D’où le regain d’intérêt pour la formation au niveau de cette filière. Ce qui se traduit par l’ouverture de plusieurs écoles de formation en Afrique et le FESPACO accompagne cet élan depuis quelques éditions avec la compétition des écoles africaines de formation, a-t-il expliqué. Est-il exact que de nombreux partenaires ont annoncé leur retrait du FESPACO ? A cette préoccupation le délégué général du FESPACO a répondu par la négative. Au contraire, a-t-il dit, plusieurs potentiels associés se manifestent pour apporter leur contribution.

La sécurité est toujours une préoccupation pour les partenaires du festival. Plus qu’hier, ce festival est un patrimoine qui leur (partenaires) appartient. Il faut qu’ils s’engagent davantage dans la réalisation de cet évènement, a soutenu le ministre en charge de la culture, Abdoul Karim Sango.  « Nous sommes venus les rassurer. Car, en dépit de tout ce qui se dit, le gouvernement du Burkina dont l’efficacité dans l’organisation de grands évènements n’a jamais été mise en doute va mettre tous les moyens pour que le festival se déroule dans les conditions optimales de sécurité », a-t-il annoncé. Il leur a été indiqué qu’en 2018, ce sont quatre grands évènements dont trois à caractère culturels (SIAO, Recréâtrales, SNC) et sportif(le Tour du Faso) que le Burkina a organisé sans être confronté à aucun problème de sécurité. Pour le ministre Sango, il n’y a donc pas de raisons de s’inquiéter. Car, le FESPACO va se dérouler dans de très bonnes conditions, a-t-il insisté. «  Nous avons demandé aux partenaires d’être beaucoup plus présents auprès de nous.

Ils sont plus engagés. Il y a une convergence de vue entre les partenaires et nous, sur l’avenir du cinéma, la question de la distribution du droit d’auteur, de la professionnalisation. Nous leur avons expliqué que le cinéma peut être un moyen efficace de lutte contre la peur et le chômage des jeunes », a affirmé le ministre Sango. Il a conclu en disant : « si le secteur est mieux organisé, il va susciter des vocations chez les jeunes. C’est un secteur qui génère des milliards dans le monde ».

Abdel Aziz NABALOUM
Envoyé spécial à Bruxelles
(Belgique)

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