Le gouvernement a condamné les agressions des FDS par les populations.

Le conseil des ministres du mercredi 16 janvier 2019, a adopté des textes relatifs à la prise en charge des agents publics de l’Etat victimes d’attaques terroristes, selon le point fait par le ministre, porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou. Des explications ont été données aussi sur la situation sécuritaire du pays et la prise en charge des personnes déplacées dans le Centre-Nord et le Sahel par les chefs des départements concernés.

Désormais, les agents de l’Etat, victimes d’attaques terroristes (cas de décès, blessures ou destruction de biens personnels), doivent pouvoir bénéficier d’une prise en charge. Le ministre de la Communication, Rémis Fulgance Dandjinou l’a révélé à l’issue du Conseil des ministres du 16 janvier 2019. Il a, en effet, indiqué que deux décrets ont été adoptés au titre du ministère de l’Economie et des Finances pour l’indemnisation des agents publics de l’Etat ayant subi des préjudices dans l’exercice de leurs fonctions ou en raison de leurs fonctions lors des attaques terroristes.

Selon le ministre, il s’agit de prendre en compte le contexte actuel d’insécurité qui expose à la fois les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les agents publics, lorsqu’ils sont touchés dans leurs fonctions par des actes terroristes. Le gouvernement a aussi pris des mesures concrétisant le processus de mise en œuvre de la Fonction publique hospitalière et du protocole d’accord avec les syndicats de l’éducation.

Ainsi, un décret portant tableau de reversement des agents contractuels permanents des établissements publics de santé dans le classement indiciaire de la Fonction publique hospitalière a été adopté, le ministre annonçant un prochain décret relatif au reversement, cette autre fois, des agents de gestion des soins primaires. Quant au milieu éducatif, la bonification d’un échelon à titre exceptionnel au profit du personnel du ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation est maintenant effective.

Rémis Fulgance Dandjinou a expliqué que cette mesure entre en application du protocole d’accord entre les syndicats de l’enseignement et le gouvernement, alors que les négociations se poursuivent sur la question du statut valorisant du corps enseignant. A propos de la situation sécuritaire du pays, le ministre de la Sécurité, Clément Sawadogo, s’est prononcé sur le drame survenu le 12 janvier 2019 à Nafona, dans la Comoé, qui a enregistré « la mort accidentelle par balle » d’une dame et le lynchage à mort de deux agents de police. « Il n’y avait aucune volonté de la police d’utiliser des armes contre la population », a précisé Clément Sawadogo.

Justice sera rendue

Le ministre a assuré que tout sera mis en œuvre pour que justice soit rendue et que les auteurs du forfait soient punis, soulignant que les personnes qui devaient faire l’objet d’interpellation le seront effectivement. « Nous allons engager toutes les actions nécessaires en la matière pour que cette situation soit réglée de manière républicaine », a-t-il laissé entendre.

Clément Sawadogo a en outre signalé l’enlèvement d’un Canadien, employé d’une entreprise minière (Progress Minerals) à Tiabongou dans la commune de Mansila dans le Sahel, le 15 janvier 2019. Cet enlèvement survient après la disparition d’un couple canado-italien.

« Nous avons mis en alerte tout notre dispositif sécuritaire pour rechercher ces personnes », a indiqué le ministre de la Sécurité, notant que la situation frontalière de cette zone avec deux pays (Mali et Niger) constitue une difficulté pour les recherches. Interrogé sur la situation à Gasseliki, localité située à environ 16 km de Yirgou, le ministre a expliqué qu’il s’agit d’activités terroristes destinées, entre autres, à semer la confusion entre les communautés au motif de venger des personnes en tuant dans un premier temps 12 personnes puis une dizaine d’autres lors d’une seconde attaque. Les terroristes cherchent à opposer les communautés, a dénoncé M. Sawadogo.

« Des mesures énergiques ont été prises par l’armée en rapport avec la gendarmerie pour que cette zone puisse bénéficier d’un dispositif sécuritaire exceptionnel à la hauteur de la situation », a-t-il affirmé. Ces différentes attaques ont généré un flux important de populations vers la localité de Foubè. La ministre de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille, Laurence Ilboudo, a fait état d’environ 5 388 déplacés sur ce nouveau site de Foubè, portant le nombre total de personnes déplacées dans la zone à 12 345 au jour du 15 janvier 2019.

Elle n’exclut pas une progression des chiffres. La ministre a annoncé que le plan de riposte humanitaire du gouvernement pour la prise en charge totale des déplacés s’évalue à 13 milliards F CFA sur les six prochains mois, prenant en compte les questions alimentaire, sanitaire, scolaire, d’éclairage, d’assainissement, etc. Un plan de financement de ce besoin est en étude avec l’aide des partenaires, a-t-elle précisé. A ce jour, ce sont plus de 345 millions F CFA qui ont été dépensés dans le cadre de cette question humanitaire, foi de la ministre.

Fabé Mamadou OUATTARA

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