Drame à Yirgou, massacre de policiers à Nafona ou de gendarmes à Toéni, affrontements meurtriers-forces de l’ordre populations à Orodara, enlèvement-exécution d’un géologue dans le Sahel… le Faso bruit de nouvelles macabres. On déplore plusieurs dizaines de morts en quelques semaines. Du fait, non pas uniquement d’assaillants non identifiés, mais aussi de Burkinabè qui s’en sont pris à d’autres compatriotes pour diverses raisons.

Le moins que l’on puisse dire est que ces faits interpellent la conscience citoyenne. Ils mettent en exergue la nécessité pour les uns et les autres de jouir certes de leurs droits, mais aussi et surtout de s’astreindre à leurs devoirs. La conscience citoyenne n’est plus une réalité. L’incivisme dans la circulation routière en est une parfaite illustration. Les rues sont devenues une sorte de jungle urbaine où la loi de la plus grosse cylindrée est la meilleure. Le Code de la route s’apparente à un “machin” que nombre d’usagers ne maîtrisent pas. Un moindre mal cependant devant les spectacles désolants et affligeants susmentionnés qui obligent l’État et ses représentants à hausser le ton et à s’assumer. Sauf à vouloir laisser la dictature de la rue s’installer au Burkina Faso. On en prend le chemin avec ces ratonades meurtrières de Nafona et de Orodara, et la puissance publique doit prendre la mesure du danger, car l’unité nationale est menacée insidieusement sur fonds d’instrumentalisation politique. Depuis l’insurrection d’octobre 2014, certains citoyens se découvrent plus de droits que de devoirs, ce qui maintient le pays en équilibre précaire, le laissant à la merci des humeurs des uns et des autres.

Une vaste campagne de sensibilisation aux droits et devoirs ne serait pas de trop, avant éventuellement de passer à la phase supérieure, la sanction. Dans le même temps, les leaders politiques, toutes tendances confondues, devront se départir de la « mal-cause » car, leurs propos ont un impact positif ou négatif sur les populations. Last but not the least, il faut que ceux qui nous gouvernent sachent que plus rien n’est vraiment comme avant, et cultiver ainsi la vertu dans la gestion du bien commun. Avec les activistes très «renseignés» qui «sévissent» sur le Web, rien ne peut se cacher et, comme la femme de César, les dirigeants doivent être irréprochables.

Cela pose en filigrane la question du choix des hommes qui doit reposer sur des critères comme la compétence et le sens du devoir, les considérations personnelles venant au second plan. A deux ans de la fin de son premier mandat, le président Kaboré n’a plus le choix, car il sera jugé à l’aune des résultats engrangés. Élévation de la conscience citoyenne et sens de la responsabilité devront donc être les mots clés en cette année 2019 pour ramener le Faso à ses “anciennes amours”, à savoir la tolérance, l’humilité et le respect d’autrui. Dans cette situation d’urgence, il est vivement attendu de l’architecture gouvernementale annoncée qu’elle puisse contribuer largement à colmater les « brèches » de notre maison commune qui semble prendre de l’eau de toute part avec la conjonction du terrorisme et l’incivisme. Pour l’heure, nos ancêtres se retournent dans leurs tombes…

Par Mahamadi TIEGNAN

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