Le directeur général de l’ENAM, Dr Awalou Ouédraogo, est convaincu que la session de Ouagadougou va analyser le fléau sous l’angle du droit international.

L’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM), en collaboration avec la fondation René-Cassin, organise, du 21 au 26 janvier 2019 à Ouagadougou, la première session de formation en Droit international. En six jours, les intervenants dans le domaine du droit vont échanger sur « la criminalité transnationale organisée et droit international des droits de l’homme ».

Selon la convention des Nations unies, le crime transnational est «une infraction commise dans plus d’un Etat. En effet, c’est lorsqu’une infraction commise dans un Etat, à une partie substantielle de sa préparation, de sa planification, de sa conduite ou de son contrôle a lieu dans un autre Etat. Aussi elle peut être commise dans un Etat mais implique un groupe criminel organisé qui se livre à des activités criminelles dans plusieurs Etats.

Enfin on peut comprendre par le phénomène, une infraction commise dans un Etat mais qui a des effets dans un autre Etat». Et pour en parler, des magistrats, avocats, forces de l’ordre et universitaires, venus de l’Afrique et d’Europe sont, en conclave, à Ouagadougou, du 21 au 26 janvier 2019, pour partager les connaissances. Une formation initiée par l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM) en collaboration avec la fondation René-Cassin.

Au cours de la session qui porte sur le Droit international les acteurs vont se pencher sur «la criminalité transnationale organisée et droit international des droits de l’homme». Pour la responsable des programmes de la fondation René-Cassin, Muriel Sognibre Sangbana, la criminalité transnationale organisée est un fléau amplifié par la mondialisation et englobe pratiquement toutes les activités criminelles graves.

Ainsi, il s’agit du trafic de drogue, des migrants, d’armes à feu, des produits contrefaits, d’espèces sauvages, de biens culturels, du terrorisme, le blanchiment d’argent etc. Selon elle, la criminalité organisée menace la paix et la sécurité, sape le développement économique, social, culturel et politique, conduit à des violations des droits de l’homme entre autres.  «Chaque année, des millions d’individus sont victimes de criminalité organisée», a-t-elle déploré.

L’éclatement du terrorisme, un vecteur

Mme Sangbana a indiqué que le Sahel africain est en proie à des troubles sécuritaires depuis la guerre libyenne et favorise le fléau. Aussi, le terrorisme au Nord du Mali s’est propagé au reste de l’Afrique de l’Ouest. «La multiplication d’actes terroristes au Mali, en Cote d’Ivoire, au Burkina Faso, au Nigeria, Cameroun et au Tchad sont à la base des trafics criminels», a soutenu la responsable de la fondation René- Cassin.

«La criminalité transnationale organisée est d’actualité et il est très important que nous puissions concevoir et réfléchir pour trouver des solutions», selon le DG de l’ENAM, Awalou Ouédraogo. Mieux, il est convaincu que la session de Ouagadougou va poser les bases d’une vraie lutte du point de vue de la culture du droit international.

«Si elle s’impose par les impératifs sécuritaires et la protection des droits de l’homme, la lutte contre la criminalité transnationale organisée ne peut s’affranchir sans des standards internationaux des droits de l’homme et du droit humanitaire», a confié Muriel Sognibre Sangbana. Et à travers un programme de cours thématiques qui seront dispensés par des universitaires burkinabè, africains et européens, les acteurs entendent relever le défi. Pendant une semaine sur une vingtaine de thèmes, il va s’agir de trouver les instruments et mécanismes internationaux en matière de lutte contre la prolifération et le trafic d’outils interdits par la loi.

Mariam OUEDRAOGO
mesmira14@gmail.com

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