Dans un communiqué, l’état-major général des armées a annoncé que dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 février 2019, une attaque terroriste à Kain dans le Nord a fait 14 victimes civiles. La réaction des Forces de défense et de sécurité (FDS) ne s’est pas faite attendre et la riposte dans les départements de Kain, Banh et Bomboro (régions du Nord et de la Boucle du Mouhoun), à travers une opération terrestre et aérienne, a permis de « neutraliser » 146 terroristes, selon l’armée burkinabè.

Le jour d’après, une autre attaque, cette fois-ci, d’un détachement militaire du Groupement de forces de sécurisation du Nord (GFSN) à Oursi s’est soldé par la perte de 5 gendarmes et la neutralisation de 21 terroristes. Il n’en fallait pas plus pour que les réseaux sociaux s’enflamment.

D’une part, les Burkinabè et bien au-delà des frontières, saluant ces hauts faits de guerre de notre armée, et de l’autre, certains qui, en plus de ne pas cacher leur « méfiance » pour les chiffres, vont jusqu’à estimer que la communication de l’armée « ment ». Même l’opposition politique, qui est généralement critique des actions gouvernementales (c’est dans son bon rôle), s’est dite satisfaite des opérations menées par les forces armées contre les terroristes, tout en encourageant nos FDS dans leur combat contre l’insécurité. Sans renier à chaque citoyen, le droit de croire ou pas en ces chiffres, on se pose légitimement la question de savoir ce que veulent finalement certains compatriotes.

Jusque-là, des voix s’élevaient pour dénoncer non seulement l’« impuissance » des FDS, mais aussi et surtout leur « incapacité » à « tenir tête » aux terroristes et autres hommes armés qui endeuillent à longueur de journée le pays, depuis trois ans. Maintenant que les efforts déployés sur le terrain commencent à produire des résultats probants, des Burkinabè, gagnés par un certain pessimisme, préfèrent polémiquer autour des chiffres que d’encourager les FDS à aller de l’avant. Soi-disant qu’ils refusent de croire sans avoir vu, comme pour paraphraser Saint Thomas.

Mais dans les faits, de quelles preuves ont-ils besoin pour croire ? Souhaitent-ils que l’armée publie les images de chaque terroriste tué pour être rassurés ? Ont-ils plus confiance aux chiffres qui circulent sous les manteaux que ceux officiels ? Leur position est d’autant plus insoutenable, qu’ils n’ont aucune preuve pour contredire les chiffres officiels. En quoi, dire que les chiffres sont faux, sans prouver le contraire, aide cet élan national de soutien à l’armée ? Veut-on rendre service à la nation ou à ses ennemis ? Ceux, qui admettent que les chiffres donnés par la hiérarchie militaire sont exagérés, ont visiblement du mal à apporter la preuve du contraire.

Encore que les spécialistes de la sécurité disent qu’en temps de guerre, le combat se mène également sur le terrain de l’information. Cela peut doper le moral des troupes et agir positivement sur les esprits. Ainsi, la guerre psychologique, l’une des formes les plus anciennes de la guerre de l’information, recouvre des actions qui visent à contribuer au succès des opérations militaires conduites pour dominer l’adversaire, à préserver les armées de tout atteinte au moral des troupes et au soutien de la nation ainsi qu’à obtenir l’adhésion de l’opinion nationale et internationale.

En la matière, l’information est donc une arme aussi puissante que les kalachnikovs et autres grenades et il n’y pas de mal à s’en servir. A défaut de soutenir moralement les troupes sur le terrain, le patriotisme veut qu’au moins, on épargne cette lutte commune de toute action visant à saper le moral de nos FDS au front. De grâce, chers compatriotes, « quittons dans ça  » !

Jean-Marie TOE

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