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L’adjudant Harouna Mandé, le 3e vice -président du CDP, Moïse Nignan Traoré et le médecin-colonel-major, Seydou Yonaba, ont été entendus, le vendredi 1er février 2019 en tant que témoins  dans le dossier du putsch manqué de 2015.

 Le vendredi 1er février 2019, à la barre du tribunal militaire, trois témoins à savoir, l’adjudant Harouna Mandé, le 3e vice-  président du CDP, Moïse Nignan Traoré et le médecin-colonel-major, Seydou Yonaba ont juré de dire rien que la vérité. Dans les faits, l’adjudant a expliqué qu’il  a été appelé  le 17 septembre 2015 au  téléphone par le sergent-chef Ardjouma Kambou d’aller sécuriser  le domicile de feu Salifou Diallo, car il aurait appris que des manifestants veulent le brûler. « Arrivé sur les lieux, j’ai vu le major Eloi Badiel et Ouékouri Kossé. Alors j’ai rebroussé chemin. Vers la place des Martyrs, j’ai  croisé des manifestants  qui se dirigeaient au domicile. Alors, j’ai essayé de leur faire entendre raison. C’est alors que leur responsable m’a fait comprendre qu’ils agissaient sous la coupe de l’adjudant-chef Moussa Nebié dit Rambo. Mais juste après, Kambou m’a encore rappelé tout en me disant de quitter les lieux, car il aurait entendu mon nom  dans une communication de Rambo. J’ai donc pris la clé des champs et  rentré chez moi à toute vitesse », a souligné le témoin. Même si, les accusés  Eloi Badiel, Ouékouri Kossé et Ardjouma Kambou ont trouvé que la déposition du témoin corrobore leurs  propos, Moussa Nebié, lui,  a nié le fait d’avoir prononcé le nom du témoin  dans une de ses conversations. « Je suis étonné que ce soit Kambou, l’un de mes plus proches collaborateurs qui dit m’avoir entendu donner des ordres à des manifestants. D’ailleurs, je n’ai appelé personne en dehors de dame Guelwaré. Nous étions, tous, dans l’escorte du général Diendéré ».

 

La réunion, différente d’une concertation

 Mais M. Kambou persiste et signe l’avoir entendu prononcer le nom de Mandé. « C’est pourquoi, j’ai vite fait de l’informer afin qu’il prenne ses jambes à son cou avant qu’il ne lui arrive un malheur », a-t- il insisté. Et le parquet militaire de faire observer que M. Mandé n’a pas accusé  « Rambo »  d’avoir ordonné quoi que ce soit. « D’ailleurs, l’accusé  a reconnu avoir reçu les jeunes du CDP venus pour  rencontrer le général Gilbert, mieux,  il leur a donné du carburant le 21 septembre, afin qu’ils aillent vérifier l’arrivée des troupes à Ouagadougou. Alors, tout porte à croire qu’ils communiquaient entre eux », a martelé le parquet militaire. Mais l’avocat de  Rambo, Me Roger Yamba, a rappelé que le domicile en question a été brûlé le 18 septembre 2015, alors, son client ne peut donc pas être l’auteur de ce crime. A sa suite, c’est le 3e vice- président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) qui a donné son témoignage. Celui –ci a confirmé qu’il n’y a eu qu’une seule réunion  comme l’a suggéré le 2e vice-président, Achille Tapsoba et elle a pris fin aux environs de 13 heures. « Au cours de la réunion, le président Eddie Komboïgo s’est absenté. Je suppose qu’il est allé chercher de l’argent pour la conception des dossiers des candidatures pour les élections législatives.  Pour les dix millions dont parle l’accusé Salifou Sawadogo, on pourrait  peut-être parler  de concertation, car après la réunion, certaines personnes sont restées au siège et vu la situation qui a prévalu  ce jour 16 septembre 2015,  elles se sont concertées dare-dare », a fait savoir Moïse N. Traoré. Cependant, il a confirmé avoir remis  20 millions de francs CFA à l’accusé, laquelle somme a été reçue des mains de René Emile Kaboré. « Compte tenu de la situation, l’argent aurait été utilisé pour sécuriser les domiciles des militants  au regard de ce qu’ils ont vécu pendant l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014. En outre, le parti n’a jamais instruit les militants à se mobiliser », a laissé entendre M. Traoré. Pour l’accusé, son témoignage vient en appui à sa version des faits. « Tout en s’adressant au président du tribunal, je crois en votre tribunal pour espérer recouvrer la liberté comme les autres », a souhaité le prévenu.

« J’ai pu consulter le président  quatre fois de suite »

 A la reprise dans l’après-midi, c’est le médecin-colonel-major Seydou Yonaba qui a livré sa version des faits. Contrairement à ses prédécesseurs qui sont restés fidèles à leurs  dépositions, lui, par contre, a rédigé un nouveau « memo » et il a précisé que c’est la vraie version des faits.  Selon lui, au moment des faits, alors qu’il était à Koudougou pour un atelier, il a reçu un coup de fil du général Diendéré sa position et lui demandant de rentrer. Et c’est quand il est arrivé  à Ouagadougou qu’il a  su qu’il y avait un coup de force. Il a pu rencontrer Diendéré vers 23 heures et  c’est en ce moment qu’il aurait aperçu le bâtonnier Mamadou Traoré, le journaliste Adama Ouédraogo dit « Damiss » et  le colonel Abdoul Karim Traoré. « J’ai pu consulter le président  quatre fois de suite et demandé à ce qu’on le conduise dans une clinique ou qu’on l’hospitalise chez lui à domicile, car les conditions de séquestration ne lui permettaient pas d’aller mieux. Face à l’insistance du général, car on était face à des soldats  sous l’effet des produits dopés, j’ai  réussi à le faire  évacuer à son domicile », a soutenu le témoin. Dans son rôle de médecin, c’est lui également  qui aurait remis le rapport faisant l’état des blessés et des morts dans les différents hôpitaux. Pourtant, celui-ci avait indiqué dans sa première déclaration, qu’il aurait reçu un coup de fil du général, le sommant de rejoindre la présidence, car il y a eu un putsch et que le président Michel Kafando ne serait pas au mieux de sa forme. Aussi, il a aperçu le bâtonnier Mamadou Traoré, le journaliste Adama Ouédraogo dit « Damiss » et le colonel Abdoul Karim Traoré à 23 heures et à 7 heures du matin du 17 septembre 2015. Même si les accusés cités trouvent que cette nouvelle version des faits corrobore avec la leur, Me Hervé Kam de la partie civile, lui, a vu en cela un retournement de situation étant donné  que son statut a changé. D’inculpé, aujourd’hui, il est  un témoin. « C’est pourquoi sa déclaration a changé, sinon, même s’il avait fait la précédente sous un ton menaçant du juge d’instruction, cela s’est fait en présence de son avocat. Elle a été lue  avant d’être signée. Aujourd’hui, le colonel soutient que ce n’était pas un putsch mais une énième crise du RSP », a –t-il précisé. Et s’en est suivie une prise de bec entre le témoin et l’avocat. L’audience reprend ce lundi matin à 9 heures  toujours avec le colonel Yonaba.

Fleur BIRBA

fleurbirba@gmail.com

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