La culture du champignon se fait sous une serre sous une température comprise entre 24 et 26 degrés.

La myciculture ou culture du champignon reste encore très peu connue au Burkina Faso. A Ouagadougou, l’Association des producteurs de champignon, conduite par son président Issoufou Zoungrana, s’essaie à la culture. Reportage !

La consommation du champignon ne fait pas partie des habitudes des Burkinabè encore moins sa culture. Toute chose qui a amené par moment, l’entourage de Issoufou Zoungrana, infographe de son état, à le traiter de «fou», lorsqu’il s’était mis à collecter des résidus agricoles (râpe de maïs, scierie de bois et paille de riz) dans le but de pratiquer la culture du champignon en 2016.

Avec la persévérance, cette folie a fini par payer. Car, l’infographe a désormais une autre corde à son arc. A côté de son activité professionnelle, il pratique la myciculture. Une agriculture de trois semaines d’ensemencement dont la récolte se fait en moins d’un mois. Elle est intensive et occupe peu d’espace.

La culture du champignon se fait sous une serre, un abri couvert de secco à l’intérieur duquel sont entreposés des ballots noirs sur des étagères. Ces substrats au nombre de 200, selon le promoteur, contiennent chacun, des résidus agricoles stérilisés et de la semence de champignon.

La culture du champignon est propice dans un milieu humide. «Tout est question de moyens mis en œuvre pour maîtriser le climat dans lequel le champignon est cultivé, soit une moyenne de 24 à 26 degrés», déclare-t-il.

21 jours d’incubation, une semaine de fructification

Après 21 jours d’incubation et environ une semaine de fructification, le champignon est prêt pour la cueillette. Le samedi 9 février 2019, nous assistions à une séance de récolte de champignon sur le site de Issoufou Zoungrana à Bonheur-ville, un quartier de la ville de Ouagadougou, à la suite d’une commande d’un restaurant de la place. Pour la récolte, M. Zoungrana est aidé par deux de ses employés.

Le champignon récolté en moyenne six fois dans l’année est vendu à 10 000 F CFA le kg.

Celui-ci prend un ballot des étagères. Pendant ce temps, le champignonniste saisit la grappe de la plante, de sorte que la base de celle-ci, reliée au ballot, soit entre les majeurs et les annulaires de ses mains. Dans un mouvement d’un quart de tour, le champignon est détaché du substrat. Les champignons récoltés sont conditionnés dans des sacs en plastique.

Au cours de la séance qui a duré une vingtaine de minutes, Issoufou Zoungrana a cueilli six kg de champignons. A l’en croire, le kg de champignon est vendu à 10 000 F CFA sur le marché et la cueillette se fait en moyenne six fois dans l’année. Ses principaux clients sont en plus des restaurants, des représentations diplomatiques et des particuliers.

En ce qui concerne les vertus de cette plante, le promoteur fait savoir qu’elle est une viande blanche avec une source importante de vitamines et de sels minéraux, en particulier la vitamine B, nécessaire au fonctionnement neuro-musculaire et au bon état de la peau.

«Manger des champignons donnerait une impression de satiété qui empêcherait les grignotages, surtout chez les personnes faisant un régime. Il lutte contre le cancer et l’hypertension», explique-t-il. Dans le même ordre d’idées, M. Zoungrana ajoute que les champignons possèdent un indice glycémique très bas si bien que les personnes diabétiques peuvent les consommer sans craindre un effet sur leurs niveaux de glucose dans le sang.

Pour Issoufou Zoungrana, la myciculture doit être vulgarisée. D’ailleurs, l’activité suscite de l’engouement au point qu’en l’espace de trois ans, le promoteur a formé une trentaine de personnes. Il est aujourd’hui à la tête de l’association des producteurs de champignon, avec des représentations dans des arrondissements de Ouagadougou et à l’intérieur du pays.

Paténéma Oumar OUEDRAOGO

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