Le climat se détériore de jour en jour entre l’ex-président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, et le pouvoir en place. Le divorce est quasiment consommé. C’est le moins que l’on puisse dire au regard du déroulement des évènements depuis la démission du patron de l’hémicycle, le 8 février dernier. Un départ qui, selon lui, s’explique par ses désaccords avec le président de la république, Alassane Ouattara, sur certaines décisions politiques, en l’occurrence la création du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Il a, en effet, refusé d’y adhérer, car se disant convaincu que cette structure fera long feu, au vu des éléments qui la composent. Guillaume Soro l’a affirmé à qui veut l’entendre, lors de rencontres avec ses proches et relayé par certains médias et les réseaux sociaux.

Cependant, pour certains observateurs, le fait que celui-ci n’ait pas la mine de quelqu’un qui a été « contraint » au départ, est quelque peu intrigant. Bien au contraire, il semble heureux de partir de cette fonction honorable pleine d’avantages. Et c’est ce qui convainc que l’ex-président de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) croit dur à ses projets politiques. De toute vraisemblance, l’enfant de Kofiplé a vraiment abandonné le tabouret pour viser le fauteuil, comme il l’a lui-même signifié au moment de sa démission. Pour le moment, il n’a pas dévoilé ses intentions pour la présidentielle de 2020, mais cela n’est plus qu’un secret de polichinelle. Il est assez clair que G.K.S., comme le surnomment ses intimes, se donne le temps de bien se préparer avant de «déclarer la guerre». Et c’est dans ce sens, que pourraient s’inscrire ses sorties à l’allure de précampagne depuis qu’il a abandonné le perchoir. Mais le pouvoir en place le sait aussi très bien et met les bouchées doubles pour fragiliser un adversaire de taille qui pourrait lui perturber le sommeil dans les semaines ou mois à venir.

Chose normale, car ça y va du jeu politique où l’on fait feu de tout bois pour parvenir à ses fins. D’ailleurs, le camp Soro, sans pour autant en avoir des preuves établies, attribue déjà des manœuvres déstabilisatrices au camp présidentiel. Il évoque, entre autres, l’interpellation du député Alain Lobognon accusé d’avoir «divulgué de fausses nouvelles» dans un tweet et qui a été condamné à un mois de prison ferme et 300 000 F CFA d’amende, le 29 janvier 2019. A cela, les «soroïstes» ajoutent la dissolution, le 13 mars, du cabinet du président de l’Assemblée nationale, mis en place par leur mentor, par le nouveau patron Amadou Soumahoro. En sus, l’ex-chef de protocole de Guillaume Soro, Koné Kamaraté Souleymane, alias Soul To Soul, vient de recevoir une convocation du ministère ivoirien des Affaires étrangères dont le motif n’a pas été rendu public. Mais pour certains, il devrait se voir confier de nouvelles responsabilités au sein dudit ministère. Ce ne sont que des interprétations, parce que les dirigeants actuels se défendent, en affirmant qu’il s’agit d’actions dont le seul but est la bonne marche de la nation.
Au vu de ces éléments, ils devraient être nombreux les Ivoiriens qui redoutent un climat politique assez tendu à l’approche du scrutin. Ce qui n’est pas souhaitable pour le pays qui n’a pas encore fini de panser les plaies de la crise post-électorale de 2010.

Daniel ZONGO

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