Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a eu une audience suivie d’une séance de travail avec les délégations du G5 Sahel et du Conseil de sécurité de l’ONU, le dimanche 24 mars 2019 à Ouagadougou.

«La MINUSMA va appuyer de façon opérationnelle et logistique le G5 Sahel, afin que celui-ci soit plus efficace dans ses missions sur le terrain. Les interventions qui étaient circonscrites à l’intérieur du Mali vont désormais aller au-delà des limites territoriales maliennes, pour s’étendre sur l’espace du G5 Sahel en prenant en compte les sept bataillons du groupe». C’est ce qu’a expliqué le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry, au terme d’une séance de travail que le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a eu avec une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU et du G5-Sahel, le dimanche 24 mars 2019. Pour le ministre Alpha Barry, la mission des émissaires onusiens a été mise à profit pour échanger sur divers points sécuritaires en lien avec le grand banditisme et le terrorisme. «Nous avons abordé trois grands sujets dont le G5 Sahel, les défis sécuritaires au Burkina Faso et l’arrangement technique G5 Sahel-MINUSMA souhaité par les chefs d’Etat», a-t-il dit. En ce qui concerne le G5 Sahel, le ministre Barry s’est félicité de la validation de l’arrangement technique.
Cet arrangement, selon lui, consiste à obtenir du Conseil de sécurité de l’ONU, une faveur visant à établir une collaboration entre la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et le G5 Sahel. Les experts en sécurité de l’ONU ont à cette occasion, affirmé leur soutien aux Etats en lutte contre l’hydre terroriste dans le sahel africain. Pour le cas précis du Burkina Faso, le Conseil
de sécurité a réitéré son encouragement au gouvernement et rassuré que des dispositions seront prises conjointement avec le G5 Sahel pour répondre à la menace djihadiste.

Une enquête indépendante

L’ambassadeur d’Allemagne à l’ONU, Christoph Heusgen, a précisé que les Nations unies s’inscrivent dans la dynamique de la lutte antiterroriste au Sahel. Il a fait savoir que la mission a rencontré divers acteurs au Burkina Faso (OSC, politiques, Droit de l’Homme, etc.) pour mieux orienter l’aide de l’ONU.
«L’ONU soutient la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso. Le secrétaire général de l’ONU a mis un accent particulier sur ce pays. Il a donné instruction au représentant spécial de l’Afrique de l’Ouest et du Sahara, Mohamed Ibn Chambas, de concentrer les efforts de la région sur le Burkina», a dit M. Heusgen.
Mais, au plan socioéconomique, les émissaires ont souhaité la réouverture
des écoles et centres de santé fermés du fait de la psychose terroriste.

Ils ont encouragé le gouvernement à poursuivre des réformes démocratiques nécessaires et à mettre en application les lois adoptées, surtout celles relatives à la corruption. «Il faut des engagements pour calmer les tensions intercommunautaires. On a appris des soupçons d’exécutions sommaires. Il faut une enquête indépendante et que les auteurs soient punis au nom de la loi. Car la lutte contre le terrorisme doit se faire dans le respect des droits de l’Homme», a recommandé Christoph Heusgen. Le conseil a plaidé pour la protection des femmes et des enfants.
Les ambassadeurs de France et de la Côte d’Ivoire, respectivement François de Lattre et Adom Kacou, ont tous affirmé le soutien de leurs pays au Burkina Faso et par-dessus au G5 Sahel.

Wanlé Gérard
COULIBALY

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