Traitement de l’information parlementaire : Une cinquantaine de journalistes se dotent de compétences

L’Assemblée nationale a organisé, du 25 au 27 mars 2019 à Nobéré dans la région du Centre-Sud, un atelier de formation sur les questions parlementaires au profit d’une cinquantaine de journalistes venus des 13 régions du pays.

L’Assemblée nationale veut insuffler une nouvelle dynamique dans les médias en matière de traitement de l’information parlementaire. Pour ce faire, elle a initié un séminaire de formation qui a réuni du 25 au 27 mars 2019, à Nobéré dans la région du Centre-Sud, 50 journalistes de la presse écrite, des médias audiovisuels et la presse en ligne.

Plusieurs thèmes en lien avec les questions parlementaires ont été abordés au cours de cette formation de 72 heures, qui a connu la participation de représentants venus des 13 régions du Burkina Faso. On peut citer entre autres modules, « Place, rôle et fonctionnement du parlement en démocratie » ; « Le processus d’élaboration des lois et des amendements : la procédure législative » ; « Les différentes modalités d’adoption de la Constitution et leurs implications dans le contexte actuel », animés par le professeur Abdoulaye Soma, spécialiste du droit constitutionnel.

Sur le premier thème, le communicateur a indiqué qu’en Afrique, les Parlements tirent leur origine de la Charte de Kouroukan adoptée en 1236 au Mali tandis qu’en Europe, ils remontent à l’époque de la création du Grand Conseil à côté du conseil privé du roi d’Angleterre à la suite de la Révolution du 12 juin 1245. Au Burkina Faso, le Parlement a suivi plusieurs évolutions au cours de l’histoire.

Mais de l’avis du conférencier, la première législature du pays est celle de 1960-1965. « Toutes les autres, peu importe l’appellation ou la forme, ne sauraient être considérées comme des Représentations nationales dans la mesure où le pays était encore sous le joug du colon », a-t-il justifié faisant référence au Conseil général et à l’Assemblée territoriale. Concernant la procédure législative, le conférencier a d’abord fait remarquer la différence entre les projets de loi (initiés par le gouvernement) et les propositions de loi (initiées par les députés ou un groupe de citoyens).

Avant d’ajouter que peu importe la provenance d’un texte de loi, il passe pratiquement par les mêmes étapes dans son parcours, à savoir l’initiative législative, la délibération du gouvernement, l’inscription à l’ordre du jour, la discussion en commission puis, en plénière, suivie de l’adoption et enfin la promulgation par le président du Faso.

L’IJIP mise en place

Le second intervenant, Dr Moussa Kaboré, lui, s’est penché sur une problématique d’actualité : « Le journalisme à l’épreuve des réseaux sociaux et des émissions interactives au Burkina Faso : pratiques, défis et perspectives ». Le communicateur a relevé que l’avènement des médias sociaux a permis de démocratiser l’information, les citoyens étant devenus désormais des sources d’information mais cela n’est pas sans conséquence. « Il n’y a pas de code de déontologie ni d’éthique à respecter, ce qui fait que nous assistons à des publications ou à des réactions éminemment passionnelles des utilisateurs », a-t-il précisé.

A cela, indique Dr Kaboré, il faut ajouter les risques auxquels les internautes s’exposent sur la toile, notamment le stockage de leurs données à caractère personnel avec des précisions dans les moindres détails. Mais pour autant, de l’avis de l’enseignant, les journalistes professionnels ne doivent pas ignorer les publications sur le net, car celles-ci constituent des points de départ pour la recherche de sources officielles.

S’agissant des émissions interactives, l’ancien journaliste-reporter pense que certains médias manquent d’équipements requis (filtrage, retardement de voix des intervenants) à même d’aider l’animateur à contrôler les interventions avant leur passage en direct. « Ces émissions exigent aussi des journalistes, une culture générale approfondie et une fermeté pour recadrer les intervenants », a fait savoir Moussa Kaboré.

Quant à Sylvain Vebamba de la Direction générale des medias de l’Assemblée nationale, il s’est intéressé aux canaux de communication du Parlement et les rapports avec les médias sollicités pour la couverture des activités de l’institution. A l’issue des travaux, les participants ont mis en place une association professionnelle dénommée « Initiative des journalistes pour le traitement de l’information parlementaire (IJIP) ».

Elle a pour but de travailler en collaboration avec l’Assemblée nationale pour un meilleur traitement de l’actualité parlementaire. Avec un bureau de 11 membres et 12 points focaux, l’IJIP devra donc faciliter l’accès de l’institution aux hommes de médias et renforcer leur collaboration avec les députés.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr

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