Saint Pierre Yaméogo laisse au 7e art burkinabè une riche œuvre cinématographique.

Le monde du 7e art burkinabè pleure la disparition de l’une de ses grandes figures. Le réalisateur Saint Pierre Yaméogo s’est éteint, hier lundi 1er avril 2019 à Ouagadougou, des suites d’une longue maladie. Il a réalisé, entre autres, “Wendemi”, “Silmandé” et “Bayiri, la patrie”.

Une étoile de l’univers cinématographique burkinabè vient de disparaître. Le prolifique cinéaste Sakama Pierre Yaméogo, alias Saint Pierre Yaméogo a, en effet, rangé définitivement la caméra, hier lundi 1er avril 2019, à Ouagadougou, des suites d’une longue maladie. Connu pour son franc-parler, l’homme a vu le jour le 15 mai 1955 à Koudougou, dans le Centre-Ouest de la Haute Volta (actuel Burkina Faso).

Après un cursus académique bien rempli, le jeune Pierre, à peine âgé de 20 ans, fait ses premiers pas dans le monde du cinéma. Il suit parallèlement un stage de montage à la Radiotélévision du Burkina (RTB) avant de s’envoler pour Paris, en France. Sur les bords de la Seine (célèbre fleuve français, ndlr), il fréquente de 1980 à 1983 le prestigieux conservatoire libre du cinéma français.

Une année après, il s’inscrit à l’université de Paris VIII. En 1987, il y obtient une maîtrise en communication. Comme réalisations, il a, à son actif, aussi bien des courts et longs métrages et des documentaires. Saint Pierre Yaméogo deviendra au fil des ans l’auteur d’une œuvre prolifique, alternant documentaires et fictions, courts et longs métrages.

Il est primé dans de grands festivals internationaux (Festival du Jeune Cinéma de Laon, Festival de Mannheim, Festival de Montréal, Vues d’Afrique, Festival de Cannes, Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), etc.: Dunia (1987) Laafi (1991) Wendemi (1993), Silmandé, le Tourbillon (1998), Moi et mon blanc (2003), Delwendé (2005) Bayiri, la Patrie (2012).

Scénariste, réalisateur et producteur délégué, il fonde la maison de productions Afix Productions. Celle-ci produit ses propres films et des films d’autres réalisateurs burkinabè. Cinéaste engagé, Saint Pierre Yaméogo voit sa dernière production (Bayiri, la Patrie) jugée dérangeante.

Le film revient, en effet, sur un pan de l’histoire de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso en septembre 2002. Il y dépeint le retour tragique des «Burkinabè de Côte d’Ivoire», chassés par le funeste concept de «l’ivoi-rité» et forcés de retourner dans un pays qu’ils ne connaissent pas. Frappé du “sceau de la malédiction” et écarté des circuits habituels, Bayiri la Patrie, est refusé au FESPACO 2013, le pays invité d’honneur étant…la Côte d’Ivoire.

Le réalisateur burkinabè, après ces déboires, avait disparu de la scène depuis quelques années. La sortie d’un coffret rassemblant l’ensemble de son œuvre avait été évoquée dans la foulée. La grande faucheuse s’est, malheureusement, chargée de donner le clap de fin…

Aubin W. NANA

Sources: africine.org,
africultures.com, wikipédia

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