Le responsable de l’ABAPE, Boukari Pamtaba, a souhaité que l’Etat accompagne davantage les centres de prise en charge des enfants autistes.

La Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme a lieu le 2 avril 2019. Elle vise à mieux informer le grand public sur les réalités de ce trouble neurocomportemental du développement. Au Burkina Faso, les acteurs de lutte plaident pour une inclusion totale et franche des enfants victimes.

L’autisme peut se définir comme un trouble neurocomportemental qui apparaît très tôt dans la vie des enfants et perturbe leur développement dans trois domaines essentiels qui sont l’interaction sociale et personnelle (communication verbale), le fait que ces enfants soient la plupart du temps renfermés et vivent dans leur monde. L’autisme est dû à des anomalies neurodéveloppementales.

Chez les personnes autistes, la croissance du cerveau et la manière dont s’organisent et se connectent les neurones (ou cellules nerveuses) n’est pas normale. Ce dysfonctionnement cérébral entraine des difficultés dans différents domaines. Les causes de cette désorganisation sont à rechercher dans le domaine de la génétique ou environnemental.

Cela voudrait dire qu’un ou plusieurs facteurs de l’environnement pourraient, en présence de certaines anomalies génétiques, influencer le développement du cerveau. Il y a aussi qu’une cause environnementale telle que la rubéole contractée par la mère durant la grossesse peut aussi être à l’origine de certains cas d’autisme. Pour reconnaître un enfant autiste, les spécialistes donnent quelques précisions.

L’enfant atteint d’autisme présente une altération de l’interaction sociale et réciproque ; cela veut dire que ces enfants préfèrent être isolés du reste du monde. Ils ont tendance à jouer seul, même quand ils sont dans un groupe. Il a aussi les troubles de la communication.

Les enfants autistes n’ont généralement pas le langage verbal. S’ils ont le langage, ils ont des difficultés à communiquer. Par ailleurs, les autistes ont des comportements restreints, répétitifs et stéréotypés.

La journée mondiale de sensibilisation vise donc à mettre la puce à l’oreille des parents afin qu’elles puissent prendre des mesures pour la prise en charge de leurs enfants atteints. Parce qu’une des difficultés rencontrées par les parents d’enfants présentant des troubles de ce type réside dans l’établissement du diagnostic et la mise en place d’une prise en charge efficace.

L’Organisation mondiale de la santé a estimé que pour 10 000 enfants, 6% au moins sont autistes, et qu’en Afrique, les familles continuent de garder leurs enfants autistes à la maison.

C’est d’ailleurs cette situation, qui a milité à la création de l’Association burkinabè d’accompagnement psychologique et d’aide à l’enfance (ABAPE). L’idée, selon son premier responsable, Boukari Pamtaba, est de faciliter l’insertion des enfants frappés par ce handicap. « Nous voulons créer un cadre d’éveil et d’épanouissement pour les enfants en situation de handicap pour l’acquisition de leur autonomie, afin de leur permettre d’être scolarisés et vivre mieux dans leur environnement social », a précisé M. Pamtaba.

De son point de vue, les enfants qui bénéficient d’une prise en charge précoce ont plus de chance de mieux s’adapter à leur environnement et d’être épanouis. Toutefois, il a fait comprendre que certaines difficultés entravent la bonne marche de son centre qui accueille 90 enfants autistes.

Au nombre de ces contraintes, il a cité le manque d’accompagnement de l’Etat des centres existants, la problématique liée à la mise en œuvre de l’éducation inclusive de tous les enfants en situation de handicap. En outre, Boukari Pamtaba a évoqué des difficultés dues aux manques d’implication de certains parents, le contexte socio-économique.

La méconnaissance du handicap, le refus de certaines écoles maternelles d’inscrire les enfants autistes et l’éducation non appropriée pour les victimes sont autant de difficultés soulevées par le responsable de l’ABAPE. Pourtant, de son opinion, les autistes sont intelligents à l’école. Et il suffit de prendre en compte les réalités dans lesquelles ces enfants vivent.

Gaspard BAYALA
gaspardbayala87@gmail.com

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