Le 1er avril de chaque année est consacrée aux enfants souffrant d’autisme. A cette occasion, Catherine A. Zongo, présidente de Agir pour l’éducation et la protection des enfants en situation d’autisme (AEPEA), nous parle de la maladie et des actions de lutte entreprises par sa structure.

 Sidwaya (S.) : Qu’est-ce que l’autisme      ?

Catherine A. Zongo (C.A.Z.) : L’autisme est considéré par la plupart des Africains, et les Burkinabè ne sont pas en reste, comme   une maladie maléfique   qui   serait   une   conséquence des mauvais actes des parents des enfants qui en souffrent. Mais en réalité, ce n’est pas le cas. Des études ont été menées dans diverses contrées, aux Etats-Unis, en Europe, au Moyen-Orient, particulièrement en Israël. Elles ont montré que l’autisme est un trouble neurologique biologique.   L’enfant   autiste   n’est   pas   physiquement   affecté,   ni   infecté.   Il   atteste   tout simplement un comportement irrégulier qui se manifeste par le fait qu’il est surexcité, violent parfois, à des proportions variées selon le degré d’autisme.

 S: Quel est l’état des lieux au Burkina ?

C.A.Z. : A notre connaissance, aucune étude n’a été menée spécifiquement au BF pour dresser un bilan clair de la situation de l’autisme. Le nombre d’enfants qui en sont victimes restent encore imaginaire, ce qui ne favorise pas d’ailleurs leur prise en charge de façon efficiente.

 s.: De quel type d’accompagnement bénéficie les enfants autistes ?

C.A.Z. : Il n’existe pas un type d’accompagnement particulier pour les enfants autistes au BF. Ces derniers sont traités de la même manière que les autres enfants en situation de handicap tels que les aveugles, les sourds-muets, les infirmes, etc., alors que cela ne devrait pas être le cas du   fait   que   leur   handicap   est   assez   spécifique   et   particulier.   Cependant,   il   existe   des associations au nombre desquelles Agir pour l’éducation et la protection des enfants en situation d’autisme (AEPEA), qui accompagnent ces enfants à travers leur suivi régulier en famille et dans les cadres éducatifs ainsi que les conseils pratiques aux parents. Par le Ministère de la Solidarité nationale et celui l’Education nationale, l’Etat burkinabè jouent un rôle primordial dans l’éducation et la protection des enfants autistes au BF à travers l’éducation inclusive. Seulement, il faut des mesures spécifiques pour ces enfants, qui du fait de leur comportement irrégulier et de l’ignorance de leur mal sont presque délaissés à eux-mêmes ou stigmatisés par leur entourage.

S.: Quels sont les objectifs de votre association ?

ENSEMBLE, CONTRIBUONS A LES RENDRE MEILLEURS PAR NOS ACTIONS

C.A.Z. : Agir pour l’éducation et la protection des enfants en situation d’autisme (AEPEA) a pour objectif de contribuer à la production et à la défense des droits des enfants en situation d’autisme au Burkina Faso. Il s’agit de concevoir et de réaliser des projets éducatifs en faveur des enfants en situation d’autisme, de mener des actions d’information et de sensibilisation de l’opinion sur la problématique de l’autisme. Nous assurons, entre autres, leur prise en charge éducative, psychologique, sanitaire et sociale. A cet effet, nous développons des systèmes de parrainage.  AEPEA plaide auprès des structures publiques et privées, des partenaires techniques et financiers et des leaders d’opinion pour leur adhésion à la cause de l’enfant en situation d’autisme.

 S.: Quelles sont vos actions en faveur des enfants autistes ?

C.A.Z. : L’AEPEA mène une panoplie d’activités pour venir en aide aux enfants. Nous avons réalisé une étude sur les connaissances, attitudes et pratiques de la population face aux enfants en situation d’autisme. Elle a permis d’identifier les facteurs favorisant et/ou renforçant les comportements de rejet des enfants en situation d’autisme et élaborer et diffusé les messages de lutte. L’association a aussi noué des partenariats avec des structures éducatives et des  centres de santé pour la prise en charge des enfants autistes. Enfin, elle organise des séances de formation à l’endroit des parents pour une gestion adéquate des enfants.

S.: Quels sont vos conseils à l’endroit des parents ?

C.A.Z. : Comme conseils, nous voulons rassurer les parents des enfants autistes que leurs enfants ne sont pas oubliés. Des actions sont en train d’être menées à leur égard. Nous voulons surtout les encourager à apporter un suivi régulier à leurs enfants, à les scolariser car l’école reste le seul moyen à ce jour de prise en charge réelle des enfants autistes. Ils doivent également  leur accorder une attention particulière et leur affection, mais ne pas dupliquer les actes qu’ils posent. Auprès de l’Etat, nous demandons qu’une politique d’inclusion pour l’enfant autiste soit définit. L’enfant autiste doit être considéré comme un enfant normal. Pour ce faire, il doit être pris en tenant compte de sa spécificité. Nous profitons de la journée mondiale des autistes pour lancer un appel à l’endroit des parents, des éducateurs, des autorités, des organismes et des personnes physiques ou morales pour soutenir les autistes à travers l’AEPEA.

Entretien réalisé par Djakaridia SIRIBIE

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