Le ministre de la Santé, Claudine Lougué, s’est expliqué sur l’épidémie de méningite dans la région du Sud-Ouest devant les députés.

Les députés ont consacré la plénière du vendredi 5 avril 2019 à une question d’actualité adressée au gouvernement par le député Maïmouna Sawadogo, sur l’épidémie de méningite dans la région du Sud-Ouest.

La ministre de la Santé, Léonie Claudine Lougué, était face aux députés, le vendredi 5 avril 2019. Dépêchée par le gouvernement, elle est allée s’expliquer à l’hémicycle sur l’épidémie de méningite qui sévit actuellement dans la région du Sud-Ouest à la suite d’une question orale du député Maïmouna Sawadogo, du groupe parlementaire du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) :

«Selon un constat de la télévision nationale, trois des cinq districts sanitaires concernés, Dano, Gaoua et Batié, sont en situation d’alerte. Excellence monsieur le Premier ministre, quelle est la politique de riposte mise en place pour contrer la maladie ?» Dès l’entame de son propos, la ministre de la Santé a tenu à expliquer trois notions.

Elle a indiqué premièrement que le Burkina Faso fait partie de «la ceinture africaine de la méningite» qui s’étend d’Est en Ethiopie jusqu’en Ouest au Sénégal et la saison de l’harmattan, caractérisée par la présence d’air chaud et sec est propice à la propagation de la méningite.

Ensuite, pour une surveillance épidémiologique efficiente, les districts sont divisés en zones en fonction du nombre d’habitants et chaque zone compte environ 100 000 habitants. Elle a terminé sur la notion d’alerte et d’épidémie : «il y a alerte lorsqu’on enregistre plus de trois malades sur 100 000 habitants et l’on parle d’épidémie lorsqu’on atteint dix malades sur 100 000 habitants».

Répondant à la question, Mme Lougué a indiqué que dans la zone du Sud-Ouest qui compte cinq districts sanitaires, celui de Gaoua a franchi le seuil d’alerte à la méningite dans la semaine du 21 janvier au 3 février 2019, avec un taux d’attaque de 3,4 cas sur 100 000 habitants.

Au cours des semaines suivantes, a-t-elle poursuivi, les districts sanitaires de Dano, Batié et Diébougou ont également franchi le seuil d’alerte. «A la date du 31 mars 2019, nous avons enregistré au total 235 cas suspects de méningites dont 18 décès. Mais à ce jour, la situation est sous contrôle dans les trois districts sanitaires», a-t-elle rassuré.

Selon le Pr Lougué, des recherches et analyses ont permis d’identifier le pneumocoque comme principal vecteur. «Mais le vaccin contre ce germe ne fait pas encore partie du programme élargi de lutte contre les épidémies de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)», a-t-elle fait observer.

Cependant, à en croire le médecin, le germe peut être facilement neutralisé et il suffit que le malade se rende très tôt dans un centre de santé.

Concernant les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre la méningite sur le plan national, la représentante de l’exécutif a cité, entre autres, l’application du plan de riposte épidémique, le pré-positionnement des médicaments et consommables médicaux pour la prise en charge gratuite des malades dans les formations sanitaires et le renforcement des mesures de surveillance épidémiologique dont l’analyse quotidienne permet de détecter rapidement les franchissements d’alerte afin d’appliquer les mécanismes de riposte.

Saisissant l’occasion, elle a lancé un appel aux populations pour le respect des mesures de prévention et à se rendre dans les centres de santé dès les premiers signes de maladie.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr

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