La mission consulaire spéciale de délivrance de passeports et de CNIB dépêchée en France depuis le 22 mars a pris fin le 4 avril 2019. Pendant leur séjour, une équipe a travaillé en permanence à l’ambassade à Paris tandis qu’un deuxième groupe s’est déployé à Bordeaux les 23 et 24 mars et à Marseille les 30 et 31 mars 2019. L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso près la France, Alain Francis Gustave Ilboudo, s’est beaucoup impliqué dans cette mission. Il s’est dit satisfait de l’opération dans sa juridiction et fait le bilan de la mission.

Quel bilan pouvez-vous faire au terme de cette mission ?

Alain Francis Gustave Ilboudo (A.F.G.I.) : La mission consulaire spéciale qui a séjourné en France du 22 mars au 4 avril 2019 a été commandée dans la perspective de la participation des Burkinabè de l’étranger aux prochaines échéances électorales. Les autorités ont jugé bon de prendre des dispositions afin de permettre effectivement cette participation et surtout une participation massive de nos frères et sœurs à l’étranger. En termes de bilan de cette opération, je dirai qu’il est globalement positif de mon point de vue. Il faut rappeler que la mission en France est la toute première mission après celle du lancement qui a été conduite à Niamey au Niger par le ministre de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur. L’étape qui a suivi est celle de la France et les facilités qui sont ainsi offertes à nos compatriotes de se doter à la fois de passeports et de Cartes nationales d’identité burkinabè (CNIB) ont été bien accueillies par notre communauté. En observant et en échangeant avec les différentes équipes, on a pu constater une assez bonne fréquentation parce qu’à ce jour, environ 600 dossiers ont été enrôlés (entretien réalisé le 4 avril 2019). Donc, je peux dire que la mission a tenu effectivement ses promesses.

N’aviez-vous pas quelques appréhensions, du fait que c’est une première à Paris ?

A.F.G.I. : Assurément des appréhensions il y en avait ; parce que c’est la première fois que nous accueillons une mission d’une telle envergure. Les appréhensions sont tout naturellement liées au fait qu’on ne savait pas exactement quelle pouvait être la réaction de la communauté face à l’opération. En même temps on pouvait aussi avoir un sentiment d’espoir par rapport à la réaction quand on considère les enjeux. J’ai dit tantôt que cette opération a été lancée et elle concerne d’autres pays à travers le monde, pour permettre aux Burkinabè de l’extérieur de participer aux prochaines échéances électorales. Quand on sait que la participation des Burkinabè aux échéances électorales et de façon globale à la vie de la Nation est une revendication de notre diaspora, on pouvait s’attendre dans une certaine mesure à une grande mobilisation de notre communauté. Au-delà de la participation aux échéances électorales, cette opération permettra à beaucoup de nos compatriotes de se mettre à jour du point de vue de la documentation.

Bordeaux et Marseille ont accueilli deux équipes de cette mission consulaire. Est-ce que vous êtes satisfait de la mobilisation dans ces deux villes ?

A.F.G.I. : Effectivement, nous avons imaginé qu’il pouvait être intéressant, dans une perspective de rapprocher l’administration des administrés, de dépêcher des équipes hors de Paris, étant entendu que dans la capitale française, depuis le 23 mars 2019, nous avions en permanence une équipe au niveau de l’ambassade. Des échanges que j’ai eus avec nos Consuls honoraires à Bordeaux et à Marseille, (les deux équipes envoyées en province se sont déployées dans les locaux diplomatiques, à savoir nos consulats honoraires), ils étaient également satisfaits de la fréquentation. Mais assurément, la grande partie du travail a été faite à Paris par l’équipe permanente au niveau de l’ambassade.

Est-ce que vous pouvez nous parler des difficultés que la mission a rencontrées pendant ces deux semaines ?

A.F.G.I. : Les difficultés que je peux relever par rapport à une telle mission sont liées essentiellement à la qualité des documents que les usagers présentent. On a pu relever quelques cas où des compatriotes se sont présentés avec des documents sujets à caution, des documents dont l’authenticité laissait à désirer. Et comme les équipes comprenaient des agents de la division de la migration et de l’Office national d’identification (ONI), donc des agents professionnels qualifiés pour déceler certains documents qui ne répondaient pas aux normes, ils essayaient de faire comprendre aux compatriotes la sensibilité de leur situation avec des recommandations et dans la mesure du possible, envisageaient des solutions avec ces compatriotes pour effectivement leur permettre de se mettre à jour. La difficulté essentielle, qui n’est pas liée à la mission elle-même, était la question des documents que nos compatriotes présentaient pour solliciter la CNIB ou le passeport.

A partir de cette première expérience, quels enseignements peut-on tirer ?

A.F.G.I. : Je dirais d’abord qu’au regard de l’engouement que l’opération a pu susciter au sein de notre communauté, c’est déjà l’intérêt que nos compatriotes portent au pays. Un intérêt qui se manifeste par la recherche des documents. Je dois dire aussi que même ceux-là qui ont la double nationalité ont mis un point d’honneur à venir renouveler leurs documents parce que pour la plupart, ils sont rentrés en France avec des documents burkinabè avant d’acquérir la nationalité française. Plusieurs d’entre eux sont revenus pour profiter de cette opération et se mettre à jour. Pour ce qui est de l’opération elle-même, je pense que le succès d’une telle mission repose essentiellement sur la communication, la sensibilisation qui doit être menée au sein de la communauté pour que nos compatriotes comprennent exactement le sens de la démarche, qu’ils y adhèrent et viennent effectivement demander les documents. L’opération a permis aussi à l’occasion, aux services consulaires de mettre à jour le fichier de nos ressortissants. En effet, dans la constitution des dossiers, il était régulièrement demandé la photocopie de la carte consulaire. En la matière, l’établissement de la carte consulaire est de notre ressort et nous essayons de sensibiliser au maximum nos compatriotes sur l’immatriculation auprès des services consulaires ; ce qui nous permet de savoir exactement quel est l’état de nos compatriotes en France. Il faut dire qu’en matière de politique de gestion de la diaspora, si vous ne savez pas combien vous avez de ressortissants dans un pays, il vous est difficile d’envisager quoi que ce soit. Donc, c’est une mission salutaire à plus d’un titre et nous souhaitons que les documents demandés puissent revenir le plus rapidement possible pour que nous les acheminions à leurs titulaires.

Entretien réalisé
par le service presse de l’ambassade du Burkina Faso
à Paris

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