Le Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales (FPDCT) a organisé, les 5 et 6 avril 2019 à Bobo-Dioulasso, un atelier d’immersion au profit d’une vingtaine de professionnels des médias. Une initiative, qui a permis aux participants, de découvrir cet instrument de financement de la décentralisation au Burkina Faso.

Le Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales (FPDCT) entend désormais s’appuyer sur les médias, pour mieux faire connaître ses missions. Cette ambition est portée par le nouveau Directeur général (DG), Bruno Dipama, en poste depuis le 28 décembre 2018, qui a initié un atelier d’immersion au profit d’une vingtaine de professionnels des médias, toutes tendances confondues. Cette rencontre s’est tenue, les 5 et 6 avril 2019 à Bobo-Dioulasso, avec deux principales articulations : des exposés en salle et une visite d’infrastructures réalisées dans les communes de Koundougou et de Dandé, dans la province du Houet, grâce à l’appui du FPDCT. Ce qui a permis aux participants d’avoir le «maximum» d’informations sur cette structure et les nouveaux référentiels de la décentralisation à la lumière des explications d’un spécialiste, l’universitaire Kalifara Séré. Opérationnel depuis 2008, le FPDCT, un Etablissement public de l’Etat (EPE), logé dans la catégorie des fonds nationaux, a pour objectif de mobiliser des ressources pour financer des investissements structurants dans les collectivités (communes et régions). Pour bien remplir sa tâche, le FPDCT, alimenté par l’Etat (80%) et des partenaires techniques et financiers (AFD, KFW, Fondation suisse…), abrite quatre guichets. Il s’agit
de ceux dénommés «Subventions/Fonds fongibles», «comptes spécifiques», «Prêts/Garanties aux emprunts» et «Dotation aux appuis techniques».

Plus de 100 milliards F CFA mobilisés

Les deux premiers guichets cités sont fonctionnels, tandis que les deux autres ne le sont pas encore. Cette situation, à entendre le DG, limite la marge de manœuvre de ce «bras financier» de la décentralisation, si bien qu’un processus de restructuration du fonds a été engagé, en vue d’en faire l’«unique» instrument de financement des collectivités, avec un capital prévisionnel de 25 milliards FCFA. Qu’à cela ne tienne, a relevé le directeur des exploitations, Laurent Sawadogo, le FPDCT a financé, de 2008 à 2018, plus de 9 000 projets communaux pour un coût total d’environ 100 milliards FCFA. Construction de fourrières, de forages, de boutiques de rue, d’étals, de dépôts pharmaceutiques, normalisation d’écoles, ouvertures de voirie, installation de systèmes d’irrigation, sont entre autres réalisations faites dans les quatre coins du pays, avec le concours du FPDCT, en une décennie. Les projets retenus, a indiqué M. Sawadogo, s’inscrivent dans le cadre des plans communaux et régionaux de développement, avec une clé de répartition financière indexée sur la «taille de la population» et la «profondeur de la pauvreté». Toutefois, le fonds ne finance pas tous les projets. Ceux concernant des entreprises privées, à caractère religieux ou relatifs à des acquisitions de terrains ou à des opérations de lotissements ne sont pas éligibles. Par ailleurs, le FPDCT travaille à stimuler l’excellence en octroyant des «bonus» aux communes qui exécutent «bien» leurs projets et des «malus» à celles à la traîne.

Des boutiques inoccupées à Koundougou

Les professionnels des médias conviés à l’atelier ont vu certaines réalisations à Koundoungou et à Dandé. Dans la première commune, ils ont visité, un magasin de stockage de vivres, une quarantaine de boutiques de rue, 16 étals, un forage positif pastoral, un quai d’embarquement pour animaux et une unité de production de beurre de karité. A Dandé, des boutiques de rue, nouvellement construites et en attente de preneurs, ont été visitées, de même qu’un système d’irrigation motorisé exploité par un groupement de maraîchers. Ces réalisations font le bonheur des populations, comme l’a signifié la responsable du groupement des productrices de beurre de karité «Benkadi» de Dandé, Josiane Sanou. «Nous transformions les noix de karité à la main et c’était laborieux. Mais avec l’arrivée des machines, nous sommes plus à l’aise. Nous produisons mieux et nos recettes se sont améliorées», s’est-elle réjouie. Si l’appui du FPDCT est salutaire, il reste que les infrastructures ne sont pas toujours exploitées comme il se doit. A Koundougou par exemple, la moitié des boutiques de rue, dont le loyer mensuel est de 10 000 francs CFA, est inoccupée, et la totalité des étals, loué à 5 000 francs le mois, à l’abandon. «C’est une situation déplorable. Les gens préfèrent s’installer en bordure de route, car craignant d’intégrer les boutiques et étals, et de ne pas avoir de la clientèle. Nous travaillons à trouver des solutions à cette situation», a réagi le maire, Bimbè Barro. Le DG du FPDCT, qui a également regretté l’inexploitation des boutiques et étals, s’est engagé à accompagner le conseil municipal de Koundoungou dans la recherche de solutions. «Nous finançons les projets à la demande des communes, qui soumettent leurs besoins», a-t-il fait observer.

Kader Patrick KARANTAO

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