«Approchez regarder ! »

Depuis que nous sommes entrés dans le siècle de la bêtise humaine, les valeurs qui gouvernaient l’espèce, notre espèce, sont devenues des leurres. La liberté a cédé sa place au libertinage. La sagesse n’est plus rien d’autre qu’une calebasse renversée ; une bassesse élevée au rang de détresse.

Le respect est devenu un suspect et hypocrite geste obséquieux juste pour faire valoir ce qui n’est pas. Ainsi, les codes de bonne conduite sont éconduits ou adoptés à l’envers ; la bienséance est devenue un mot travesti à sens bigarré. Notre société est de plus en plus en proie à la déchéance morale et les ruines sont déjà visibles. L’homme lui-même tire vers sa propre fin à force d’avoir faim de menus fretins sans «gain ». On pourrait même blasphémer : «tu mangeras à la sueur de tes f… ».

C’est vrai, nous sommes faits de chair et la chair est faible, mais notre destinée, notre combat est de nous élever au-dessus des clameurs de la chair. Entre la femme qui marche les seins pendules et dont les seuls arguments valables se trouvent derrière et celle qui se couvre comme un trésor, laquelle préférez-vous ? L’éphémère ou la téméraire ? La banalité ou l’énigme ? Ce qui est à prendre ici et maintenant ou ce qui est à comprendre sans se méprendre ? Quand une femme se résume à son armada du bas, que peut-elle montrer ou prouver pour se hisser au-dessus de la mêlée ? Quand être femme, c’est braver l’infâme pour être fameux, alors haro sur la «femelle» qui brandit son corps pêle-mêle pour être belle. Si être belle, c’est exposer ce que nos mères ont su jalousement cacher depuis des lustres, alors je m’adjugerais le vermicelle sans zèle qui gèle dans la poubelle. Si les critères de beauté étaient un gribouillis de graffitis sur une carrosserie nickel sans moteur, je préfèrerais le tacot sans fioritures qui démarre au diesel sans s’arrêter et arrive à destination.

Que peut-on chercher encore en une femme qui a tout montré ? Que peut-on encore tirer d’une femme qui se fait tirer à bout portant par le quidam du macadam ? A quoi sert une femme dont la célébrité fait exploser Facebook et dont la qualité première est un amas de chair à canon ? On se rincera les yeux écarquillés en bafouillant des platitudes en guise de compliments et c’est tout ! Un Burkinabè digne n’épouse pas une « femme rond-point», parce que tout le monde passe et contourne le rond-point et le rond-point est vu de tous. On ne traine pas au rond-point, on ne s’y arrête même pas. Malheureusement, certaines femmes sont devenues des «carrefours » d’un charme défraîchi par les regards, rouillé par l’usage et abandonné, parce que reconditionné dans un épiderme froissé et brûlé par endroit. La femme, celle d’antan, l’autre vraie moitié du ciel est en extinction. Il suffit d’allumer votre télé pour s’en convaincre.

La télévision est devenue le creuset du vice universel, dans un monde de plus en plus permissif et pervers. Regardez l’image de la femme sur les chaînes de télévision et dites-moi si la vraie beauté se trouve dans les plans vus et capturés en contre-plongée. Quel message cherche-t-on à faire passer en profanant l’intimité de nos mères sacrifiées ? Qu’y a-t-il à montrer des gros plans de fesses en désordre dans une «musique de quincaillerie» dont le message clé peine à relever le défi de la pertinence ? Au forceps, chaque jour, la télévision nous impose ses bêtises et il n’y a personne pour mettre le holà. Chaque soir, la télévision blesse notre sensibilité, mais il y a très peu d’âmes dignes qui s’en offusquent. Pourquoi diantre, les défenseurs des droits des femmes se battent pour tout sans le Tout.

On peut vendre un navet avec bout de «gigot » de femme ; on peut stimuler l’indécis et indifférent prospect en le «bombardant» avec une paire de postérieur en mouvement. Parce que c’est le «mouvement», mais personne n’est obligé d’entrer dans le «mouvement» !

Il y a aussi les célèbres errements sans sous-vêtements qui nous abêtissent. Sinon, en quoi une télévision sérieuse peut-elle diffuser un clip au texte pauvre de sagesse mais riche en fesses nues et en poitrines dénudées de femmes en laisse. Parfois j’ai envie d’aboyer ! Quand dans un clip intitulé «Approchez regarder !», on vous balance à la figure entre 22h 06 et 22h 09 un marché de «femelles» sans vergogne qui font étalage de leur fesses comme la seule arme d’une femme, vous avez beau zappé, le mal est déjà fait et les dégâts sont collatéraux.

Quand sur une chaîne vous avez de tels programmes, il faut reconnaître avec dépit que le loup est déjà dans la bergerie. Si seulement il y avait une instance de régulation dans ce pays ! Si seulement la perversion était un vice contre l’intégrité de la femme au Faso. Hélas, on défend les droits de la femme en mettant une croix sur les violations quotidiennes de son image. Mais vos yeux n’ont encore rien vu ! En attendant le pire, éteignez votre télé ou bienvenus dans la M… !

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

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