Lutte contre l’insécurité : L’Allemagne promet plus de 30 milliards F CFA

Pour le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, la visite de la Chancelière allemande (gauche) témoigne de la qualité des relations bilatérales entre les deux Etats.

Présente dans la capitale burkinabè dans le cadre d’une visite officielle de 48 heures, la Chancelière allemande, Angela Merkel, a été reçue en audience, à son arrivée dans l’après-midi du 1er mai 2019, par le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. A l’issue de leur tête-à-tête, le chef de l’Etat et son hôte se sont adressés à la presse.

A peine arrivée, hier 1er mai 2019 à Ouagadougou, aux environs de 15h 20mn, pour une visite officielle de 48 heures, la Chancelière allemande, Angela Merkel, a été reçue en audience par le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré. Leur tête-à-tête a duré une heure au palais présidentiel de Kosyam.

A l’issue de leurs échanges, les deux dirigeants se sont adressés à la presse. Plusieurs sujets ont été abordés dont la question sécuritaire.
«L’Allemagne a annoncé une aide de 46 millions d’euros pour nous permettre de mieux prendre en charge la question sécuritaire au Nord et à l’Est du pays et conduire des actions qui viendront renforcer la résilience des populations dans ces zones», a confié le président du Faso.

Il a fait comprendre que sur le volet sécuritaire, de nouvelles orientations ont été données aux fins de renforcer la formation des Forces de défense et de sécurité (FDS) dans leurs missions régaliennes de sécurisation du territoire national, y compris les questions du respect des droits humains et de droit international humanitaire. Pour ce faire, le chef de l’Etat burkinabè a évoqué la possibilité d’une dotation en équipements des FDS par l’Allemagne.

«Lors de la visite du ministre des Affaires étrangères allemand en février dernier, il a réaffirmé la volonté de son pays d’inscrire le Burkina Faso dans le programme d’aide à l’équipement au profit des forces armées étrangères. Et ce, à partir de 2021. Nous sommes en train de réfléchir avec nos partenaires allemands pour écourter ce délai», a expliqué Roch Kaboré.

Même si elle a évoqué la problématique de la maîtrise de la démographie qui permettra de mieux investir et valoriser les efforts de développement, la Chancelière allemande a promis un appui en équipements à la police et à la gendarmerie. Car, de son avis, l’une des conséquences de l’insécurité est que plusieurs enfants n’arrivent plus à aller à l’école. «Nous devons donc renforcer notre coopération. Et, j’invite la communauté internationale à soutenir le Burkina Faso dans la lutte contre l’insécurité», a soutenu Mme Merkel.

Sur le plan économique, le Président du Faso a sollicité la Chancelière pour un plaidoyer afin d’inciter les entreprises allemandes à venir investir dans les secteurs
porteurs au Burkina. Une doléance qui a été entendue puisque séance tenante, Angela Merkel a assuré le chef de l’Etat de l’accompagnement constant de son pays. «Nous souhaitons rester aux côtés du Burkina Faso. Nous allons aider le pays à se développer. Parce que la croissance économique de 6%, malgré la situation sécuritaire, est un signal fort», a-t-elle dit.

Stabiliser la Libye

Angela Merkel a promis aider le Burkina à relever ses défis sécuritaires.

Par ailleurs, elle a confié à la presse que son pays investira la somme de 5,5 millions d’euros pour lutter contre le changement climatique. Cela passera, a-t-elle précisé, par l’amélioration de la qualité des sols, l’eau et l’environnement, de façon générale. Toutes ces annonces ont fait dire au président Kaboré que les échanges ont démontré l’engagement de Berlin à accompagner les efforts nationaux en vue d’offrir, au peuple burkinabè, les conditions de bien-être dans un environnement sécurisé.

Qu’à cela ne tienne, le chef de l’Etat a souhaité que les grandes puissances travaillent à la stabilisation de la Libye, estimant que c’est l’«acharnement» des Occidentaux à chasser le président Kadhafi qui a entraîné l’insécurité au Sahel. Cette situation a déstabilisé du même coup certains pays comme le Burkina Faso, a-t-il affirmé. «Si la question libyenne n’est pas résolue, nos efforts de développement seront vains.

Il est important que les pays européens aient une position unique pour apporter une solution à la question libyenne. Parce que c’est une zone de trafic d’armes, de drogue, etc. Cela est d’autant plus important que nous avons une crise au Soudan, une autre situation sur les frontières de certains pays comme l’Algérie. Si des dispositions ne sont pas prises, ce sont des questions qui risquent de créer des dangers dans la sous-région de façon générale», a prévenu Roch Kaboré.

Gaspard BAYALA

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