Situation sécuritaire : L’APMP appelle à la responsabilité et à l’unité

L’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP) a organisé, le lundi 29 avril 2019 à Ouagadougou, une conférence de presse. Au cours de la rencontre, les responsables de la majorité présidentielle ont évoqué le dialogue politique envisagé par le président du Faso, les préalables posés par l’opposition et la fronde sociale.

L’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP) est inquiète de l’insécurité grandissante au Burkina Faso. Une «situation qui n’est pas liée à une mauvaise gouvernance», selon elle. Il n’y a pas non plus, d’après les responsables de la structure, une crise politique ou institutionnelle qui nécessite que le dialogue politique envisagé par le président du Faso se transforme en une sorte de conférence souveraine nationale, comme le veut l’opposition, à travers les préalables posés. C’est ce qui ressort de la conférence de presse animée par l’APMP, le lundi 29 avril 2019 à Ouagadougou. Quatre grandes questions étaient au centre des échanges.

Sur le dialogue politique voulu par le chef de l’Etat, le coordonnateur de l’Alliance, Clément Sawadogo, 2e vice-président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), a, d’abord, noté qu’un tel cadre de concertation est bien encadré par les textes et doit se tenir sans conditions, dans l’intérêt de la nation. Il a, ensuite, indiqué que les préalables exigés par le Chef de file de l’opposition (CFOP) laissent l’APMP interrogative quant à la volonté réelle de l’opposition de participer à la discussion. Et un autre conférencier, Toussaint Abel Coulibaly, président de l’Union pour la république (UPR), d’inviter les partis politiques à aller au dialogue et qu’au besoin, un dialogue ad hoc pourra se faire par la suite. Concernant la crise récemment jugulée au Ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID), les conférenciers ont dénoncé la parade trouvée par les syndicats pour contourner la loi de sorte que, «même s’il y a eu grève sous forme d’interruption concertée du travail», les conditions légales pour sanctionner manquent. Ils ont invité le gouvernement à œuvrer à l’adoption de nouveaux textes encadrant les luttes syndicales, car ce qui se dessinait au MINEFID était «la mort du pays».

De 55 milliards de FC à 20 milliards de prime

Saluant l’accord de sortie de crise, le deuxième vice-président MPP a fait observer, avec satisfaction, que les mesures prises s’inscrivent dans la légalité et ne remettent pas en cause le souci de justice sociale et d’équité dans les traitements des agents de l’Etat.
Aussi les avantages concédés, ont-ils relevé, ont une incidence globale maîtrisée, faisant passer le précédent fonds commun de plus de 55 milliards F CFA, à des primes d’un peu moins de 20 milliards. Du reste, l’APMP dit avoir constaté les «réactions radicalistes» d’autres acteurs sociaux et d’une frange de l’opinion sur la «base de comparaisons mécaniques et d’une insuffisante analyse de la situation». La majorité présidentielle a donc appelé les travailleurs de l’Etat et leurs syndicats, à faire preuve d’objectivité, en renonçant aux «prétentions exagérément corporatistes et égoïstes».

«La prise en otage intempestive de l’économie nationale, des années scolaires ou de la santé des populations ou encore de la justice, pour des motifs catégoriels, est inadmissible», a argué Clément Sawadogo.
Au sujet des négociations supposées du Président du Faso avec des djihadistes, les conférenciers ont réaffirmé la fermeté et le refus du locataire de Kosyam d’accepter toute compromission avec les forces du mal, surtout au moment où les actions civilo-militaires produisent des «résultats visibles» sur le terrain. Sur le plan politique, constatant une «montée d’adrénaline, une fébrilité et de graves dérives verbales» dans les rangs des opposants, la majorité présidentielle estime qu’il n’est pas bon de plonger le pays dans une «agitation politicienne frénétique».

Elle a invité les acteurs politiques à la responsabilité face à un besoin plus fort d’unité et de cohésion sociale. A propos de la disponibilité de l’ex-président Blaise Compaoré, à aider à lutter contre le terrorisme au Burkina, la majorité présidentielle «ne dit pas a priori non», mais attend de voir comment cela va se passer. Interrogé sur la date du dialogue politique, Clément Sawadogo a expliqué que le Président du Faso planchait pour fin avril, mais «attend sûrement d’épuiser les préalables de l’opposition».

Jean Philibert SOME

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