Passage des médias publics à sociétés d’Etat: Le syndicat des travailleurs s’impatiente

Le SG du SYNATIC, Siriki Dramé (milieu) : «Le retard dans le passage des Editions Sidwaya et de la RTB au statut de société pénalise incontestablement le peuple burkinabè dans son droit à l’information».

Les responsables du Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC) ont, le lundi 6 mai 2019, entretenu les journalistes sur le processus de passage des médias publics du statut d’établissement public de l’Etat à celui de société d’Etat.

Passé les études techniques préalables, le processus de transformation des médias publics (Editions Sidwaya et la RTB) en sociétés d’Etat, statut prévu par les lois de 2015 sur la presse et du reste «promu» par le gouvernement comme «solution aux problèmes récurrents» dans ces services publics, se grippe à l’étape du Conseil des ministres.

C’est ce qu’ont relevé, les responsables du Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC), le lundi 6 mai 2019 à Ouagadougou, au cours d’une conférence de presse. «Alors que la commission mixte interministérielle de suivi du processus a finalisé et déposé les rapports d’études et les projets de rapports pour le Conseil des ministres depuis février 2019, il nous est difficile de comprendre à ce jour, la non-adoption des décrets d’application en vue du passage au nouveau statut», a soutenu le Secrétaire général (SG) du syndicat, Siriki Dramé.

Il a déploré une «léthargie» de la partie gouvernementale, bien que lors d’une audience accordée au bureau national du SYNATIC, le 2 avril 2019, le ministre en charge de la communication s’était engagé à l’enrôlement et à l’examen du dossier en réunion hebdomadaire du gouvernement en fin avril début mai 2019 au plus tard. Rien, d’après Siriki Dramé, ne peut justifier une telle «inaction», si ce n’est le «manque de volonté manifeste» de l’exécutif de ne pas mettre en œuvre ce qui est un point-clé du protocole d’accord signé, le 29 décembre 2016.

«Nous tenons à rappeler au gouvernement son engagement et lui signifier que rien ne saurait justifier sa non-tenue, tant les travailleurs des médias publics sont à bout de patience après plus de deux longues années d’attente», a soutenu le responsable syndical. Pour lui, le retard dans l’opérationnalisation du statut de société d’Etat «pénalise incontestablement» le peuple burkinabè dans son droit à l’information.

Par ailleurs, a-t-il confié, par société d’Etat, il ne faut seulement pas entendre salaires et indemnités pour les travailleurs. «Ce statut doit consacrer l’indépendance éditoriale des médias publics et résoudre les questions d’équipements et de moyens de fonctionnement», a ajouté le SG, martelant que le SYNATIC prend l’opinion publique à témoin, du fait que les agents des organes de presse d’Etat ont été assez patients et sont déterminés à se battre pour la satisfaction totale de leurs revendications.

Concernant les autres revendications du SYNATIC, le conférencier a expliqué que la reconstitution des carrières est effective à la RTB à part deux ou trois cas et «pas du tout» à Sidwaya, que le problème des frais de production se pose toujours en raison de difficultés financières avancées par les responsables des médias d’Etat. A la question de savoir si, la non-adoption des décrets attendus n’est pas une conséquence du processus de remise à plat des rémunérations des agents publics, Siriki Dramé a indiqué que si, c’est le cas, le gouvernement devrait le dire et que du reste, les agents des médias de service public ne sont pas concernés par cette opération.

Au sujet d’un ultimatum pour la prise des décrets, le conférencier a fait savoir que les instances du syndicat se réuniront au cours de cette semaine et arrêteront les actions de lutte pour laquelle, les travailleurs concernés devront rester mobilisés. «Cette conférence de presse est le début des actions et nous espérons que le gouvernement ne va pas nous pousser à relever le niveau de la lutte», a lancé le SG.

 Jean Philibert SOME

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