La Fédération nationale des acteurs du transport routier (FENAT) a organisé une conférence de presse, le vendredi 21 juin 2019 à Ouagadougou, pour annoncer un arrêt d’exploitation du 24 au 26 juin, suivi d’un réajustement des tarifs de transport le 27 juin sur toute l’étendue du territoire national. Aux dernières nouvelles, le mot d’ordre a été suspendu.

Après une concertation avec le gouvernement, les compagnies de transport ont suspendu hier 23 juin leur mot d’ordre de grève en attendant la signature d’un accord. Plus tôt le vendredi 21 juin 2019 à Ouagadougou, elles avaient annoncé un arrêt d’exploitation (grève) de 72 h (du 24 au 26 juin) suivi, le 27 juin, d’un «réajustement» des tarifs de transport. Cette décision n’a pas été prise «de gaité de cœur, mais plutôt parce que le gouvernement est resté aveugle et sourd face à la détresse des transporteurs … après plusieurs lettres de rappel que les transporteurs sont inexorablement au bord de la faillite», estime le secrétaire général de la Fédération nationale des acteurs du transport routier (FENAT), Bonaventure Kéré. A l’entendre, depuis 2015, la fédération a adressé une plateforme de 11 points, actualisée en cinq points, répertoriant leurs principales préoccupations. Face au silence du gouvernement, a expliqué Bonaventure Kéré, les transporteurs avaient engagé en mars 2017, un arrêt d’exploitation de 72 h qui devait être suivi d’un réajustement des tarifs de transport. «A la demande du gouvernement, les transporteurs routiers, patriotiquement et d’une manière responsable, ont accepté de suspendre ce mot d’ordre à la suite de l’attaque terroriste sur l’Etat-major général des armées», a-t-il soutenu. Et de poursuivre qu’à l’issue des pourparlers, le gouvernement s’était engagé à résoudre tous les points de la plateforme d’ici à fin 2018. Il s’agit de la levée de la double taxation de la TVA dans le secteur, la démolition des ralentisseurs anarchiques, l’arrêt des tracasseries routières, l’augmentation des tarifs de transport avec celle du prix du carburant et le passage de la fréquence des visites techniques (CCVA), entre 1 à 2 ans pour les véhicules de transports de marchandises et entre six mois à un an pour ceux de transport de passagers. «Seul le dernier point a été satisfait», a-t-il fait savoir. L’évaluation de l’exécution de cette plateforme qui devait intervenir en décembre 2018 a été repoussée pour cause du changement de gouvernement en février 2019 et depuis lors, plus rien. C’est pourquoi les patrons des compagnies de transport disent avoir décidé de cet autre mot d’ordre. A combien s’élèvera l’augmentation des prix des transports ? A cette question, la fédération a expliqué qu’il est interdit de se concerter pour fixer les prix et que chaque compagnie reverra ses tarifs en fonction de ses charges d’exploitation. «L’arrêt d’exploitation s’impose à nous. C’est préférable de fermer pendant trois jours pour trouver des solutions aux problèmes que de continuer à travailler à perte pour ensuite mettre les clés sous le paillasson», a précisé Amadou Coulibaly, membre de la FENAT. Quant à la suite à donner à ce mouvement d’humeur, si rien n’est fait, la FENAT s’est voulue prudente : «On avisera, mais on compte sur la bonne foi du gouvernement».

Jean-Marie TOE

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