Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry, a rencontré les communautés pastorales de la région de la Boucle du Mouhoun, le mardi 25 juin 2019, à Tougan et à Dédougou, dans la région de la Boucle du Mouhoun. Il y a prôné la cohésion sociale.

La paix et la stabilité sociale sont menacées au Burkina à cause de l’insécurité. Pour promouvoir le vivre-ensemble, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry, a échangé, le 25 juin 2019, avec les communautés pastorales à Tougan et à Dédougou, dans la région de la Boucle du Mouhoun. Ces rencontres se sont tenues en marge de l’inauguration, par le président Roch Marc Christian Kaboré, le 26 juin, de la Route Nationale n°10 (RN10) Dédougou-Tougan (90 km), nouvellement bitumée. Alpha Barry y a rencontré les communautés pastorales qui, parce que nomades, sont particulièrement concernées par la question du vivre-ensemble. Avec elles, il a dépeint un contexte social caractérisé par la menace terroriste, le risque d’affrontements communautaires et les besoins de développement des populations. Le ministre leur a transmis le message rassembleur du chef de l’Etat, celui de sauvegarder le vivre-ensemble dans un Burkina où vit une soixantaine de communautés ethniques. La raison est que le pays appartient à tous, et que de sa stabilité, dépend l’épanouissement de chacun, a-t-il soutenu. Au-delà de porter le message de cohésion du président, Alpha Barry a surtout prêté une oreille attentive aux préoccupations de ses vis-à-vis. Beaucoup de voix se sont fait entendre pour évoquer pratiquement les mêmes soucis : l’accès à l’éducation, la nécessité de revoir la pratique du pastoralisme et essentiellement la question sécuritaire. «La communauté des éleveurs doit mieux s’organiser pour contribuer au développement de notre pays. Il faut aussi qu’elle éduque davantage ses fils et ses filles. Enfin, elle doit pouvoir apporter sa pierre pour que la sécurité puisse revenir afin que tous ensemble nous puissions vivre dans la paix et construire notre cher pays», a développé le chef de canton de Yaba, Soabou Diallo.

Eviter les dérapages

Les discussions ont ainsi relevé la nécessité pour les éleveurs de se sédentariser, afin de s’adapter au contexte socioéconomique marqué actuellement par la récurrence des conflits fonciers. A propos de la question sécuritaire, le point saillant a été le sentiment de stigmatisation à l’encontre des peuhls. Plusieurs intervenants ont dénoncé des cas de brimades et d’exactions du fait des Forces de défense et de sécurité (FDS). Mais selon certains, les communautés qui estiment être victimes d’abus ont le pouvoir de résoudre la question. «On doit aller au-delà de cela. Le Burkina reste un et indivisible. Même si nous sommes indexés, nous devons pouvoir cogiter pour apporter des solutions. Si à l’interne, il y a des mauvais grains, nous devons les dénoncer aux FDS. Si on nous fait de la force, nous devons dénoncer cela auprès des autorités locales et administratives», a réagi le chef de Yaba. Le ministre en charge des affaires étrangères a abondé dans le même sens : «il faut faire des efforts pour éviter les tracas. Le dérapage d’une seule personne peut conduire à des tueries et à des exactions massives. Il est nécessaire d’être en bonne intelligence avec les gens avec qui on partage le même terroir». Pour Alpha Barry, les peuhls ne doivent pas se mettre en marge de la république. Il leur a recommandé de «commencer par exister», faisant référence à la déclaration des naissances afin de figurer sur les registres d’état civil. Le ministre les a exhortés également à prioriser l’instruction de leurs enfants, seul gage pour leur permettre de comprendre les procédures administratives et, le cas échéant, de se démarquer des attitudes dangereuses. In fine, Alpha Barry a invité ses interlocuteurs à participer à la vie de la nation. En effet, a-t-il expliqué, lorsqu’on s’exprime (à travers les élections par exemple), sa voix est importante et les décideurs sont obligés d’en tenir compte. Dans le cadre de ces échanges, le périple d’Alpha Barry l’a conduit successivement auprès des différents leaders religieux et coutumiers de Dédougou à qui il a livré le même message de cohabitation pacifique entre communautés.

Fabé Mamadou OUATTARA

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