Il n’est pas exagéré, de dire que, le terrorisme a la peau dure dans la bande sahélo-sahélienne. Il suffit de se référer à la situation des trois pays voisins de l’Afrique de l’Ouest que sont le Mali, le Niger et le Burkina Faso, pour s’en convaincre.

Alors que les autorités de ces Etats multiplient des efforts individuels et collectifs pour venir à bout de l’hydre terroriste, tout semble indiqué que les «fous de Dieu» n’ont pas encore dit leur dernier mot. Ils ont encore fait parler d’eux, en ce début du mois de juillet 2019, au pays d’Ibrahim Boubacar Keïta et de Mahamadou Issoufou.

En effet, au Mali, une attaque a coûté la vie à au moins 23 personnes dans la commune de Ouenkoro près de Mopti, tandis qu’au Niger voisin, le poste militaire de reconnaissance d’Inates, à la frontière malienne, a subi le courroux des hommes armés non identifiés dans l’après-midi du lundi 1er juillet 2019.

L’attaque, menée avec «deux véhicules kamikazes appuyés par des assaillants à motos», a été d’un revers sanglant pour l’armée nigérienne. Cette intervention s’apparente à une réaction à la neutralisation de 18 combattants du groupe Etat islamique dans le grand sahara (EIGS), lors d’une opération conjointe des forces armées nigériennes, françaises et américaines dans la région frontalière Nord de Tongo Tongo, du 8 au 18 juin dans l’Ouest du Niger.

L’opération conjointe s’était déroulée dans la zone où est actif le groupe de l’EIGS impliqué dans l’embuscade du 14 mai 2019, qui avait coûté la vie à 28 soldats nigériens. En clair, les forces du mal ne semblent pas jeter l’éponge face à la force de feu de l’adversaire. Au Burkina Faso, les forces du mal semblent résister, malgré les manœuvres militaires salutaires menées à l’Est du pays (opération Otapuanu) et au Sahel (Opération N’Dofu).

C’est donc dire que les trois pays ont encore du chemin à faire pour arriver à bout de leur ennemi commun. L’une des actions qui s’impose à eux est de travailler en bonne intelligence, avec leurs voisins de l’Afrique du Nord, où des pays servent souvent de base- arrière à des groupes terroristes lorsqu’ils sont acculés.

Mais le hic, est que cette partie du continent est également confrontée à des défis d’ordre sécuritaire ou politique. Entre attentats, guerres et remous politiques, le Maghreb est loin d’être un havre de tranquillité. La situation est trouble en Algérie depuis quatre mois, à la suite de la démission du président Abdel Aziz Bouteflika. Elle est également orageuse en Tunisie depuis plusieurs semaines à la suite de la modification de la loi électorale à un mois du dépôt des candidatures.

L’opposition soupçonne le gouvernement de vouloir écarter certains candidats sérieux dans la course à la présidentielle. La tension postélectorale en Mauritanie est encore vive à la suite des résultats contestés de la présidentielle du 22 juin 2019. En Libye, on assiste à une internationalisation progressive du conflit qui oppose les hommes du maréchal Haftar à l’armée du Gouvernement d’union nationale (GNA) présidée par Fayez El-Sarraj.

Au regard de la situation qui prévaut en Afrique du Nord, la croisade contre le terrorisme est certes hypothétique mais pas impossible. A force de persévérer, on finira par venir à bout des extrémistes. L’espoir est encore permis, comme le dit bien Catherine Ponder : «L’échec n’est rien d’autres que le succès qui essaie de naître sous forme plus grandiose». Persévérons donc !

Abdoulaye BALBONE

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