Ambassade du Burkina en Côte d’Ivoire: Réflexions sur l’organisation de la diaspora

Initiée et institutionnalisée par l’ambassadeur du Burkina Faso en République de Côte d’Ivoire, Mahamadou Zongo, depuis sa prise de fonction en juillet 2016, la rencontre trimestrielle entre les cadres de l’ambassade et des consulats généraux du Burkina Faso à Abidjan, à Bouaké et à Soubré, s’est tenue les 4 et 5 juillet 2019 dans la juridiction consulaire de Bouaké.

Pendant ces 48 heures de réflexions et de partage d’expériences sur l’organisation de la communauté burkinabè, l’ambassadeur du Burkina Faso en République de Côte d’Ivoire, Mahamadou Zongo était entouré des trois consuls généraux du Burkina, Bourèma Ki de Bouaké, Benjamin Nana d’Abidjan et Hervé Bazié de Soubré. Etaient également présents, quelques proches collaborateurs (ministre conseiller, consuls adjoints, conseillers juridiques, trésorier et percepteurs). A l’ordre du jour, plusieurs points inscrits sous forme de communications. La première communication a porté sur «la vie de la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire». De son profil de sociologue, l’ambassadeur Zongo a fait un rappel historique des migrations burkinabè vers la Côte d’Ivoire de l’époque coloniale en passant par les indépendances jusqu’à nos jours. Une communication qui a permis de cerner la répartition des Burkinabè en Côte d’Ivoire. Ainsi donc, on dénombre selon le Recensement général de la population et de l’habitat de Côte d’Ivoire (RGPH-CI) de 2014, plus de 5 millions d’étrangers vivant en Côte d’Ivoire dont 3,5 millions de Burkinabè soit 64% des étrangers et 15,67% de la population ivoirienne. La diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire se caractérise par sa jeunesse avec plus d’hommes que de femmes. Elle est fortement touchée par l’analphabétisme avec un taux de 67%. L’essentiel de cette diaspora est sans spécificité ou mal définie (49%) contre 31% qui travaille dans l’agriculture. En ce qui concerne les régions de résidence, l’Ouest de la Côte d’Ivoire détient la palme d’accueil, suivi du Sud et enfin du Nord. Au regard de ces données, l’ambassadeur Zongo a une feuille de route qui se décline en quatre axes, parmi lesquelles, l’organisation à la fois de l’administration et de la communauté (organiser et former les délégués CSBE et consulaires pour en faire des relais de la représentation diplomatique et consulaire ; ensuite, accompagner la communauté pour élaborer des règles pour le choix de ses représentants et enfin, instaurer un cadre de concertation entre consulat et communauté). Second axe, comment pallier l’absence de déclaration des naissances et soutenir la scolarisation des enfants ? Troisième axe, sortir de l’agriculture et quatrième axe, refonder le lien avec le Burkina Faso à travers des activités en Côte d’Ivoire (création d’un centre culturel ivoiro-burkinabè par exemple). Cette communication très enrichissante a permis à tous les participants d’être au même niveau de connaissances, d’informations et de faire des propositions d’actions.

Appliquer le CCP

La deuxième communication a porté sur «les délégués consulaires : état des lieux et perspectives», un thème développé par Noël Quentin Rouamba, conseiller juridique de l’ambassade. Après avoir également fait un rappel historique sur la création des délégués consulaires qui sont propres à la seule représentation diplomatique et consulaire du Burkina dans le monde, le conseiller Rouamba a dépeint un état des lieux marqué par des manquements, des abus, des déviances, des rivalités, des accointances avec des partis politiques, associations et chefferies, des amalgames, des velléités de hiérarchisation, de leur manque de rémunération, etc. Comme perspectives pour une action efficace, il a proposé la vulgarisation et l’application de la décision de création d’un Cadre de concertation consulaire (CCC), des actions de plaidoyer de la chancellerie pour une reconnaissance légale des délégués consulaires par la centrale. La troisième communication qui a porté sur «la gestion de la communauté burkinabè : principes et instruments avec la mise en œuvre du cadre de concertation consulaire», a été faite par Idrissa Soulama, consul adjoint du consulat général du Burkina à Abidjan. Il est ressorti comme projet au niveau de chaque consulat général, que le CCC regroupe l’administration consulaire, les organisations de la société civile, les opérateurs économiques, les leaders d’opinion, les chefs de communauté, les partenaires au développement intervenant au Burkina Faso. Le CCC sera présidé par le consul général ou son représentant avec des membres issus des organisations de la société civile, d’associations faitières, des délégués CSBE et consulaires, des opérateurs économiques, des chefs coutumiers et des personnes ressources.

Harmoniser les actions

La quatrième communication a porté sur «la Caisse de prestation de services (CPS), historique, sources et destination». Ce sujet a été expliqué par l’ambassadeur Zongo. Il s’agit de la clé de répartition de la recette générée par la délivrance d’une carte consulaire biométrique sécurisée (7 000 F) et qui se présente ainsi qu’il suit : Maison du Burkina (1 500F), Trésor public (1 000F), Caisse de prestation de service (400F) et Partenaire privé, SNEDAI (4 100F). La CPS vise à suppléer l’insuffisance ou l’absence des crédits alloués par le budget de l’Etat, à garantir l’exécution des missions consulaires et à faire face aux difficultés matérielles et financières vécues au quotidien. Les domaines d’intervention sont l’exécution des missions, la rémunération des agents recrutés locaux, les frais d’entretien des machines, l’achat des fournitures diverses de bureau, la gestion des cas sociaux, les dépenses d’entretien du matériel roulant et du mobilier, l’appui aux activités à caractère social, etc. Enfin, la dernière communication donnée par le ministre conseiller, Mamadou Ilboudo, a porté sur «la situation des personnels locaux de l’ambassade et des consulats généraux». Cette communication a donné l’occasion de mettre en place un comité qui va travailler à corriger les disparités de traitement.
Les travaux ont pris fin avec un point relatif aux questions diverses. A cet effet, les principales préoccupations ont tourné autour de la qualité et du renouvellement des cartes consulaires biométriques, de l’examen des programmes de tournées à effectuer à l’intérieur des juridictions, de l’organisation des campagnes d’informations et de sensibilisation pour doter les membres de la communauté de livrets de famille, outils indispensables à la délivrance des actes d’Etat-civil, de la formation des délégués au Conseil supérieur des Burkinabè de l’étranger et des délégués consulaires, de la réorganisation de la communauté burkinabè, etc. Aux termes des travaux, Mahamadou Zongo s’est réjoui du partage d’expériences entre l’ambassade et les consulats généraux, d’une part, et, entre les consulats généraux, d’autre part. Cela permettra d’harmoniser les actions et d’agir dans une vision de convergence. Mieux, les défis et les perspectives ont été bien identifiés et planifiés pour des actions concertées au bonheur des Burkinabè de la diaspora vivant en Côte d’Ivoire.

Issouf ZABSONRE
Attaché de Presse/ambassade
du Burkina
Côte d’Ivoire

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