Au son du tam-tam, ils dansaient en silence, entre transe et souffrance Sur le visage grave des tambours sacrés, perlaient les larmes du départ Cette nuit, un baobab s’est effondré sous l’orage, malgré les remparts La douleur des hommes étouffait le souffle des esprits en partance Le chef avait pourtant annoncé son voyage aux notables de la cour Tout le village attendait l’attelage du sage sans accepter tourner la page Dans le cœur des vivants saignaient les blessures de la déchirure, sans tapage Il était temps pour le vieux de rejoindre les aïeux des cieux pour toujours Dans les arbres en berne, le gazouillis des colibris s’était tu sans refrain Dans les regards ternes des vieillards, profilaient des lendemains incertains Sous le soleil ardent, les épis avaient baissé leur tête, le vent ne soufflait plus Sur la crête des montagnes, des nuages trottinaient dans un brouillard de cumulus La Nature avait une posture de mauvais augure, l’azur avait changé de pelage Les devins psalmodiaient dans la coupe du vin de libation pour épargner le village Les bêtes s’offraient aux mânes avec passion pour conjurer le mal tant contourné Et le chef entama son voyage dans le sillage de ceux qui sont partis sans se retourner.

Clément ZONGO

clmentzongo@yahoo.fr

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