Si le dialogue entre la majorité présidentielle et l’opposition politique a été unanimement salué, force est de reconnaître que le point relatif à l’organisation des élections de 2020 est sujet à caution. En effet, si le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a pu affirmer dans son discours introductif à ce dialogue que « ce qui importe le plus à l’étape actuelle de la marche de notre peuple, est la survie du Burkina », c’est que la situation est assez complexe pour que l’on puisse envisager sereinement l’organisation des élections à une aussi brève échéance.

Le contexte sociopolitique est tel que pour remettre le pays sur les rails, il faut consentir d’énormes efforts à tous les niveaux.
De ce fait, il y a lieu d’en appeler à l’esprit patriotique des politiques. Ceux-ci doivent ouvrir l’œil sur cette réalité en espérant que le dialogue inclusif à venir tranchera pour l’union sacrée afin de bouter l’hydre terroriste hors du pays. C’est un impératif de survie.

Et pour y parvenir, il est indispensable que la Gauche, la Droite et le Centre regardent dans la même direction pour l’intérêt supérieur de la nation. Les considérations personnelles doivent être mises de côté, le temps que le pays des Hommes intègres retrouve toutes ses marques.

Avouer, en effet, que ces trois premières années de gouvernance ont été éprouvantes serait un truisme, à cause des attaques terroristes dans le Sahel et l’Est du Burkina. Une dure réalité qui a contraint le régime Kaboré à revoir ses ambitions et à placer cette problématique, du reste mondiale, au centre de ses préoccupations.

Cependant, au constat, il y a une certaine crispation sociale qui ne cesse de s’enraciner comme si les Burkinabè, pourtant soucieux de la défense des valeurs d’unité, de progrès et de justice, se retrouvaient devant une contradiction qui les poursuit : vouloir toujours contester les initiatives de l’autorité. Il est vrai qu’opérer un changement revient à effectuer un saut dans l’inconnu, mais il faut souvent oser faire le premier pas pour espérer le second.

Heureusement qu’aujourd’hui, face à l’adversité, les composantes de la classe politique se sont rendues à l’évidence que le jeu démocratique n’est autre chose que le dialogue permanent, comme le symbolise l’arbre à palabre dans nos communautés traditionnelles. Même s’il est trop tôt pour présager de l’issue des concertations nationales (dialogue politique et social), le gouvernement a déjà le mérite d’avoir pu battre en brèche le mur de méfiance, voire de suspicion qui était en train de s’ériger entre les gouvernants, les partenaires sociaux et certaines organisations politiques.

Cela était perceptible à travers les prises de position parfois trop tranchées qui ne tenaient pas compte de la situation sécuritaire particulièrement tendue. Cette avancée est à l’actif du dialogue (politique). Et c’est ce que beaucoup de Burkinabè attendent des politiques.

Qu’ils fassent de l’espace public un terrain de compétition sur les réponses aux préoccupations des citoyens, chacun assumant par ailleurs sa différence programmatique et idéologique. Cette union sacrée autour de l’essentiel est fortement attendue et l’espoir est permis au vu du patriotisme reconnu aux Burkinabè au-delà des frontières.

Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr

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