L’empire de la Honte : Un réquisitoire contre la dette, la faim…

L'altermondialiste, Jean Ziegler: "Les Banques et les grands groupes industriels sont la colonne vertébrale de cet ordre injuste et mortifère".

Grand ami de feu le président Thomas Sankara, l’altermondialiste et écrivain suisse Jean Ziegler se livre à un véritable réquisitoire contre la dette et la faim des pays sous-développés dans son ouvrage intitulé « L’empire de la Honte ».

Les cinq cents plus puissantes sociétés capitalistes contrôlaient, en 2004, plus de la moitié de toutes les richesses produites en une année sur la terre. Les attentats du 11 septembre 2001 à New York, Washington et en Pennsylvanie, ont provoqué une accélération dramatique du processus de reféodalisation. Ils ont été l’occasion pour les nouveaux « capitalistes » de s’emparer sans partage des ressources nécessaires au bonheur de l’humanité et de détruire la démocratie.

Les derniers barrages de la civilisation menacent de céder. Le droit international est à l’agonie. L’Organisation des Nations unies et son secrétaire général sont mis à mal et diffamés par les grandes puissances. C’est la quintessence du livre « L’empire de la Honte » de l’écrivain et altermondialiste suisse Jean Ziegler.

La honte, explique-t-il, est un sentiment partagé par une grande majorité d’hommes et de femmes face à l’odieux système mis en place par les banques et les grands groupes industriels: « Il y a tout d’abord la honte ressentie par la personne n’ayant pas de quoi se nourrir et de vivre dans des conditions décentes, puis la honte éprouvée par les témoins impuissants de la misère des autres.

Et enfin, la honte ressentie par les promoteurs de ce scandale permanent ». Quels sont les obstacles qui se dressent aujourd’hui devant la réalisation du droit de l’homme à la recherche du bonheur ? Comment démanteler ces obstacles ? Comment assurer un libre cours à la recherche du bonheur commun ? Ce sont, entre autres questions, auxquelles tente de répondre l’auteur. Intitulée «Du droit au bonheur», la première partie donne la parole aux différents acteurs de la Révolution française de 1789. Elle met également en lumière l’agonie du droit international.

Un bouleversement total

 

Pour l’auteur, les « capitalistes » se servent de la dette pour asseoir leur souveraineté sur les pays sous-développés.

Dans le deuxième volet de l’œuvre, Jean Ziegler démontre les liens iniques entre la dette et la faim, « des armes de destruction massive déployées contre les plus faibles ». « Les sociétés transcontinentales privées, détentrices des technologies, des capitaux, des laboratoires les plus puissants que l’humanité ait connus, sont la colonne vertébrale de cet ordre injuste et mortifère », accuse-t-il dans les troisième et quatrième parties du livre.

La dernière partie, l’auteur dévoile les pratiques les plus récentes de ce « syndicat international des capitalistes et assimilés ». Il termine son réquisitoire par une citation de Gracchus Babeuf (révolutionnaire français), après la fusillade du Champ-de-Mars, en juillet 1791: « Perfides, vous criez qu’il faut éviter la guerre civile, qu’il ne faut point jeter parmi le peuple les brandons de la discorde.

Et quelle guerre civile est plus révoltante que celle qui fait voir tous les assassins d’une part et toutes les victimes sans défense d’une autre ? Que le combat s’engage sur le fameux chapitre de l’égalité et de la propriété ! Que le peuple renverse toutes les anciennes institutions barbares! Que la guerre du riche contre le pauvre cesse d’avoir ce caractère de toute audace d’un côté et de toute lâcheté de l’autre. Oui, je le répète, tous les maux sont à leur comble, ils ne peuvent plus empirer. Ils ne peuvent se réparer que par un bouleversement total ». Je veux contribuer à armer les consciences en vue de ce bouleversement, conclu-t-il.

Ancien rapporteur spécial auprès de l’ONU, Jean Ziegler a écrit, entre autres, « La Suisse, l’or et les morts », « Les Nouveaux maîtres du monde », « Sankara, un nouveau pouvoir africain », et « Discours sur la dette »(co-auteur avec Thomas Sankara).

W. Aubin NANA

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