Quelques jours après l’attaque du poste de gendarmerie de Nako par des assaillants non identifiés, les habitants de la localité continuent de vaquer à leurs occupations quotidiennes. Sidwaya est allé, le mardi 20 août 2019 à la rencontre de certains résidents qui ont eu des moments de frayeur de leur vie.

Il est 16 heures à l’entrée Sud de Nako. Tout est calme jusqu’au poste de gendarmerie en cette soirée du mardi 20 août 2019. Sur le trajet, certains habitants sont assis devant leurs domiciles, d’autres mènent leurs activités. A la brigade de gendarmerie, des agents devisent sereinement devant le poste de garde. Pourtant, derrière eux, le bâtiment porte en sa façade de petits trous par endroit. Certainement les stigmates de l’attaque des assaillants dans la nuit du 18 au 19 août. Présente sur les lieux, une équipe de journalistes a voulu comprendre ce qui s’est passé. Mais le premier responsable s’est refusé à tout commentaire, préférant inviter les « scribouillards » à se référer à sa hiérarchie. Au centre de Nako, par contre, les langues se délient. Selon T. Dah, un citoyen, il a été réveillé par des détonations assourdissantes de tirs.

« Pris de peur, j’ai invité le reste de ma famille à aller au lit pour plus de sécurité », a-t-il confié. Il ajoute qu’au lendemain de l’événement, il a dû accompagner les coutumiers pour apporter leurs soutiens aux forces de sécurité. Il a laissé entendre que les mânes du village ont été appelés au secours par des prières et des bénédictions afin que cela ne se produise plus jamais. Quant à D. Kambiré, résidant à un kilomètre environ des lieux de l’incident, il a confié que ça été la débandade dans les artères et certains endroits où il y avait de l’animation. D’après son témoignage, certains noctambules ont rejoint les domiciles dare-dare abandonnant leurs motos ou divers matériels dans les rues. S. Dah, un autre habitant de la localité, a confié qu’il était en route pour la maison quand les coups de fusils ont retenti. «Les détonations m’ont donné une frayeur inouïe.

J’ai connu la peur de ma vie, car j’ai vu des balles montant dans le ciel », a-t-il relaté. Le lendemain de l’événement, selon des habitants, l’atmosphère a été froide. Beaucoup n’ont pas effectué le déplacement du marché qui, habituellement, grouillait de monde. Pour ramener la sérénité, le conseil municipal a invité la population au calme et à la collaboration avec les forces de défense et de sécurité. En rappel, l’attaque, dans la nuit du 18 août 2019, aux environs de 21 heures a occasionné la destruction de deux motos et endommagé la façade du bâtiment du poste de gendarmerie de Nako.

Evariste YODA

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