Les policiers tombés les armes à la main à Mentao reposent au cimetière militaire de Kaya.

Les sergents de police Abdoul Rahim Rabo, Florent Ouédraogo et Charles W. Ouédraogo, précédemment en service au commissariat central de police de Djibo, décédés le 15 août dernier, ont été inhumés, le lundi 19 août 2019, au cimetière militaire de Kaya.

L’émotion était vive à la morgue du Centre hospitalier régional (CHR) de Kaya et au cimetière militaire de ladite ville. Des parents, amis, frères d’armes, autorités administratives, coutumières, religieuses et politiques du Centre-Nord et du Sahel ont rendu un dernier hommage aux « vaillants » sergents de police Abdoul Rahim Rabo, Florent Ouédraogo et Wendémi Charles Ouédraogo, précédemment en service au Commissariat central de police de Djibo et décédés, le 15 août 2019, lors de la mission de sécurisation du site des déplacés maliens de Mentao.

Avant d’être conduits à leurs dernières demeures, ils ont reçu des prières et bénédictions des religieux. Le représentant de la communauté musulmane, Ousmane Belemviré, a demandé le pardon de Dieu pour le défunt Abdoul Rahim Rabo. « Nous demandons à ce qu’il fortifie nos croyances, afin que cela ne constitue pas un dérapage pour nous. Nous devons adorer Dieu quelle que soit la situation », a-t-il indiqué. Au tour du pasteur Théodore Sawadogo, il a prié pour feu Florent Ouédraogo, soulignant que la mort est un repos pour Dieu.

« Nous croyons que nous recevrons notre frère le jour de la résurrection. Que Dieu console ses frères, collègues d’armes, familles », a-t-il souhaité. M. Sawadogo a aussi imploré la protection divine sur le Burkina Faso. Les homélies de l’Eglise catholique ont été dirigées par le catéchiste Jean Baptiste Tiogo. Dans son évangile, il a sollicité l’annulation des pêchés des défunts auprès du Seigneur. Jean Baptiste Tiogo a aussi demandé à la vierge Marie d’intercéder auprès du Seigneur pour ces
disparus.

Médaille d’honneur de la police

Il a exhorté les fidèles catholiques à demander des messes de requieme pour les frères arrachés brutalement. Au cimetière militaire de Kaya, ces « défenseurs de la liberté » ont reçu des honneurs militaires et une reconnaissance de la nation burkinabè, à travers des décorations à titre posthume de la médaille d’honneur de la police, décernée par le Directeur général de la police nationale (DGPN), Jean Bosco Kiénou.

Dans l’oraison funèbre lue par le commissaire de police de la ville de Djibo, Armel Ouédraogo, il ressort que dans les rangs de leurs services de police suscités, les trois « éléments » se sont toujours illustrés par leur ardeur au travail, leur disponibilité et leur professionnalisme. « Ils étaient très bien appréciés par leurs supérieurs, à travers les qualifications suivantes : éléments très disciplinés et sociaux, travailleurs et consciencieux.

Ils exécutent avec satisfaction les misions à eux confiées », a félicité Armel Ouédraogo. Dans son intervention, le représentant de la famille des défunts, Paul Ouédraogo, a remercié les autorités administratives pour avoir trouvé des « tombes dignes » aux défunts. Toutefois, il a déploré le fait que certaines familles des défunts ont appris la nouvelle à travers les réseaux sociaux, invitant les autorités à prendre des dispositions nécessaires pour éviter de telles situations à d’autres familles.

Au nom des familles éplorées, M. Ouédraogo a souhaité que les défunts puissent bénéficier de « funérailles dignes ». Le ministre en charge de l’enseignement supérieur, Alkassoum Maïga, et son homologue en charge de la jeunesse, Salifo Tiemtoré, ont présenté les compassions et condoléances du gouvernement aux familles meurtries. « Nous voulons également réaffirmer l’unicité du Burkina Faso.

Le peuple burkinabè est déterminé à défendre tout son territoire », a souligné Alkassoum Maïga. Abdoul Rahim Rabo, né le 15 octobre 1995 et père d’un enfant, totalise trois années et un mois de service, alors que Florent Ouédraogo (né le 6 juillet 1993) et Wendémi Charles Ouédraogo (né 22 septembre 1993) comptabilisent chacun deux années et un mois de service. Ils sont tous les deux, célibataires sans enfant.

Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com

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