Japon-Afrique : un nouveau pacte de coopération

La septième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD) s’est achevée, le vendredi 30 août 2019, avec l’adoption de la « Déclaration de Yokohoma », un nouveau pacte de coopération prenant en compte les priorités du moment du continent.

La septième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD) aura une fois de plus confirmée la philosophie de cette rencontre initiée par le gouvernement japonais : promouvoir un dialogue inclusif autour des questions du développement du continent. Après 72 heures de réflexions portant sur divers thématiques, les 4500 participants, dont des acteurs de la société civile, du secteur privé et la quasi-totalité des chefs d’Etats africains, ont adopté, le vendredi 30 août 2019, la « Déclaration de Yokohama » et un plan d’actions. En phase avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA) et celui de 2030 pour le développement durable, ce nouveau pacte de coopération entre le «pays du soleil levant» et l’Afrique repose sur trois piliers.

Il s’agit notamment de l’accélération de la transformation économique et l’amélioration de l’environnement des affaires par l’innovation et la participation du secteur privé, la consolidation d’une société durable et résiliente, et le renforcement de la paix et de la stabilité. La TICAD 7 a également servi de cadre au lancement d’une initiative du Japon visant à aider l’Afrique à faire face aux défis sécuritaires actuels, notamment le terrorisme et la criminalité transfrontalière qui nuisent au développement des Etats. Dénommée Nouvelle approche pour la paix et la stabilité en Afrique (NAPSA), elle va mettre l’accent, entre autres, sur le renforcement des mesures de sécurité au moyen de technologies avancées et la gestion des populations déplacées du fait des attaques terroristes et conflits communautaires.

A en croire le Premier ministre japonais, Shinzo Abé, c’est une autre forme d’investissement en Afrique, dont la croissance moyenne s’est élevée à 4,3 % par an entre 2000 et 2017 avec une population qui devrait atteindre 2,5 milliards d’habitants en 2050, contre 1,3 milliard en 2019, selon les prévisions. A la clôture des travaux de la TICAD 7, qu’il a qualifié de « grand succès », celui-ci a réaffirmé la volonté de son pays d’aider l’Afrique à poursuivre sa marche vers le développement. Pour lui, le continent peut prendre son envol grâce à l’esprit d’initiative de ses hommes, aux techniques et à l’innovation. Présent à ses côtés, le président en exercice de l’UA, le chef de l’Etat égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, a mentionné que la TICAD 7 marque un «tournant décisif» dans les relations entre l’Afrique et le Japon, avec l’adoption de la « déclaration de Yokohama ». Il a souhaité qu’elle soit mise en œuvre pour la «prospérité» du continent. « Il nous faut mettre en place un environnement propice à l’essor du secteur privé», a-t-il fait observer toutefois. Du reste, M. Al-Sissi a invité les investisseurs japonais à se tourner vers l’Afrique, qui doit abriter la TICAD 8 en 2022.

Kader Patrick KARANTAO

(Depuis Yokohama)

 

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